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Article paru dans le Quotidien d'Oran du Jeudi 12 Août 2010:
En format html: http://www.lequotidien-oran.com/?news=5141695
En format pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/12082010.zip
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«Il n'y a qu'un patron : le client. Et il peut licencier tout le personnel, depuis le directeur jusqu'à l'employé, tout simplement en allant dépenser son argent ailleurs.»,
Sam Walton, distributeur et industriel américain [1918-1992].
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Il y a quelques semaines, une agence d’une banque étrangère, installée à peine quelques petits mois dans la ville, est venue à la rescousse des enseignants et des administrateurs dans le campus de l’université. Plusieurs jours avant la tenue de cette visite inédite, de visibles affiches ont été collées un peu partout dans les différents sites pour aviser la communauté universitaire d’une rencontre originale pas comme les autres.
QUAND LA BANQUE ACCOURT VERS LE CLIENT
Tout le monde était quelque peu surpris par une démarche venue d’ailleurs. C’est du jamais vu dans les annales de la place. C’est vrai, qu’à l’étranger, la banque élit domicile à l’intérieur du campus pour y être plus près et à l’écoute permanente de ses clients. Le moindre centime déposé par un fauché étudiant est une aubaine qui saurait arrondir les fins de mois.
On se rappelle encore des années 80 où il fallait courir et patienter pour espérer ouvrir un compte bancaire. Il nécessitait une solide intervention, de larges épaules et de fortes connaissances pour acquérir un simple numéro de quelques chiffres, un des sésames vers la citoyenneté. Là où vous le briguez, on vous répondait à l’époque que c’était complet ! Les choses ont agréablement changé, concurrence oblige.
Pendant deux journées pleines des 4 et 5 mai derniers, de 9h30 à 16h30, les responsables de cette nouvelle succursale n’ont pas quitté le stand qu’ils ont installé dans le hall du premier niveau de la bibliothèque centrale. Ils ne sont pas venus pour nos beaux yeux mais pour leurs propres intérêts. Et c’est tout à fait normal et logique pour un établissement financier. Même notre maigre solde mensuel retient leur attention. Ces journées portaient le slogan de « journées privilèges ». Pourtant c’était bien avant l’annonce du budget des 286 Milliards de Dollars alloué au plan quinquennal 2010-2014.
Ils veillaient au grain. Ils étaient en terrain conquis. Il y avait toute la panoplie de prospectus pour attirer la clientèle universitaire à solliciter l’ouverture d’un compte. D’un même produit que l’on trouve partout, ils te font une merveille, sachant l’habiller convenablement et en l’alliant admirablement de couleurs captivantes.
EN MISSION COMMANDÉE
Ils étaient disposés et formés à répondre à toutes les questions. Ils étaient également tenus à vous faire remplir un imprimé, à prendre vos coordonnées et noter le numéro de votre mobile pour vous rappeler afin de connaître vos besoins et répondre à vos attentes. Toute bribe d’information recueillie a son importance. Ils ne veulent pas que votre passage à leur comptoir soit passé en cachette. Ils se prescrivent de garder votre trace, en faire une agréable opportunité. Ils étaient là en mission commandée, celle de ramener le plus de clients possibles. Ils flairent que les universitaires constituent le plus gros lot des clients exigeants car ces derniers sont au courant de ce qui se fait sous d’autres cieux. Ces derniers ne peuvent qu’être parmi les déçus de notre système public bancaire. Et c’est de bon augure pour eux comme pour leurs futurs affiliés.
Comme on le constate si bien, c’est la banque qui sollicite le client pour un rendez-vous forcé et non le contraire. L’actuelle n’est jamais à vous, elle est encore loin de vous. Aller conquérir la clientèle sur le terrain, c’est un fait habituel dans les pays avancés où la rivalité fait rage mais chez nous il est exceptionnel. C’est presque un événement. Les banques nationales attendent-elles que les banques privées nous harcèlent dans les rues ou qu’elles viennent taper à nos portes pour qu’enfin réagissent-elles ? Ou qu’elles rebondissent le jour où on leur piquera à la source tous les clients déçus par ses services. A l’heure qu’il est, j’en doute fortement.
SALAIRES FIXES = POINT DE MOTIVATIONS
C’est vrai que dans nos banques étatiques, les salaires sont fixes mais pas variables. Que l’on satisfasse ou que l’on déçoive le pauvre client, c’est toujours la même fiche de paie à la fin du mois. Chez l’autre, plus on attire les clients et plus les primes pleuvent. Moins on rapporte des acquéreurs et plus la note sera salée. Croiser les bras ne rime qu’à la baisse quasi-instantanée des rideaux. Les charges sont énormes comme la location. Il faut bouger pour honorer toutes les échéances. Chez Madame banque publique, on n’a ni loyer à payer ni de grosses charges à chaque fin de mensualités. L’état est là, quasi-présent pour boucher tout trou dans la caisse et subvenir à tout imprévue. On est même ennuyé de recevoir beaucoup de clients. Une clôture d’un compte d’un client déçu ne les émeut jamais. On est presque soulagé qu’ils partent tous ailleurs ! Ils seraient aux anges si notre nombre s’amenuise. Ils attendent tous avec impatience la retraite. Le devenir de l’agence ne les intéresse pas, il n’est point lié à leur avenir.
À LA PÊCHE COMME À LA CHASSE
Quand ces banquiers privés se lèvent tôt le matin, ils vont à la pêche d’un éventuel poisson surtout lorsqu’il est gros et bon à digérer. Ils ne possèdent pas sésame trésor public pour les nourrir et les alimenter à perte et à gogo. Ils doivent apprendre à se débrouiller pour leurs appétits. Ils sont adultes et vaccinés, non des assistés. Ils doivent réfléchir, creuser la tête, bouger, se remuer, se remettre en permanence en cause, faire travailler la cervelle à fond. Ils doivent coûte que coûte trouver le gibier, quitte à aller l’attraper hors de leurs champs, peu importe où, il est le bienvenue même venant du terrain adverse. Ils doivent manger leurs adversaires, c’est comme dans la loi de la jungle. Aucun sentiment n’est toléré, ni ne soit permise une quelconque hésitation. C’est la loi du plus fort sinon ils partiront à la casse. Un simple dépôt de bilan et voilà le redressement de la banque mère qui appuie sur le champignon de la réforme sans le moindre avertissement pour tout faire disparaître sans aucun regret. Aucun écart n’est accepté.
Pendant ce temps, nos amis de la banque publique se relaxent dans un profond coma tandis que le désastre les ronge sous leurs pieds. J’ai bien peur que la battue se poursuivra jusqu’à l’intérieur de leurs foyers. Le secteur public se fixe inlassablement sur le traditionnel, le privé table sur la modernisation vitale et utilise pleinement les nouvelles technologies. On devine fort bien le vainqueur logique de l’épreuve. Il travaille sur le long terme.
ACCUEIL INTELLIGENT ET RECETTES TENTANTES
On est tout de suite subjugué par l’amabilité et l’accueil loin à des années lumières de nos banques vieillies et rouillées par l’archaïsme. Pour moi, jamais de mémoire d’enseignant, je n’ai assisté à un travail de proximité de ce type. Pendant ce temps, les banques publiques somnolent sur leurs lauriers. Elles se croient toujours aux années de plomb. Malgré la décennie K., les banques étatiques n’ont pas encore retenu la leçon. Le cauchemar de la privatisation de la CPA (Crédit Populaire d’Algérie) peut revenir à tout instant au galop. Elles persistent à travailler presque à l’ancienne comme dans le bon vieux temps. Elles demeurent toujours en sursis devant la forte poussée de ces banques qui sont aussi de droit Algérien.
Pour ceux qui ont l’habitude des banques étrangères, on retrouve presque toutes les recettes pour captiver les clients. Ces établissements financiers habitués au marketing et à un management qui ont fait ses preuves, ne vont trouver aucune riposte sérieuse face à leur déferlement. C’est un terrain vierge à conquérir. Ils tablent sur le long terme. A l’usure, ils ne vont faire qu’une bouchée, un vrai gâteau à déguster en perspective. L’équipe d’en face ne dispose d’aucun joueur capable de tenir la partie face à une équipe expérimentée et qui sait évoluer sur tous les terrains.
Tous les services des banques internationales sont proposés avec gestion de votre compte à distance par Internet, virement électronique à un tiers compte, etc…
Un rêve qui peut instantanément se réaliser par un simple engagement. Un simple hochement de la tête et ils seront présents à votre chevet. Lorsque j’évoque la demande d’un chéquier ou l’envoi d’un code bancaire qui n’est venue qu’une année plus tard après avoir galéré et grondé pendant assez longtemps, j’ai envie de m’arracher les cheveux à ne pas s’arrêter.
LE FREIN MOMENTANÉ
On s’interroge parfois du pourquoi l’ouverture à l’installation de banques étrangères si les nôtres seront incapables de se mettre à niveau et rivaliser avec les mêmes armes et les mêmes atouts. Se mettre au même diapason des autres, c’est assurer leur survie. Si ce n’est la malheureuse aventure de la banque K. qui a freiné l’ardeur des clients, il y a longtemps qu’ils les auraient quittées pour de bon pour en finir avec leurs habitudes usées. L’ère K. a peut-être sauvé l’échéancier mais pour combien de temps ? Si l’on continue à sévir avec les éternels clichés.
Ce qui se passe pour les banques est similaire aux exemples qui se répandent dans les autres domaines et dans les autres activités. Le réveil n’est pas pour demain en persistant à maintenir les mêmes répliques avec des remèdes désuets.
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jeudi 12 août 2010
mercredi 4 août 2010
Un Maire au dessus de la mêlée.
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Article paru dans le quotidien d'Oran du Jeudi 5 Août 2010:
En format html: http://www.lequotidien-oran.com/?news=5141380
En format pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/05082010.zip
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En surfant sur Internet un jour du mois de mai dernier (1), je tombe hasardement sur une information invraisemblable qui rapporte un fait inédit, unique en son genre dans les annales de nos mœurs communales, en tous les cas une performance rarissime pas les temps qui courent où l’opacité règne continuellement en maîtresse des lieux.
Elle est digne de figurer dans le Guinness Book Algérien. Cette information aurait pu constituer la une du journal télévisé de 20 heures, une émission en prime time ou pourquoi pas un direct des médias sur les lieux de l’exclusivité. Je n’ai vu malheureusement la moindre ligne sur cette originalité dans un de nos quotidiens nationaux.
En poussant un peu plus loin ma curiosité et en fouillant davantage tout en me dirigeant sur un site web de la ville en question (2), ma curiosité ne cessait de s’amplifier. Voilà ce qui est annoncé au public de la ville concernant cette fameuse réunion: « Bonjour, une rencontre avec la population de la ville sera organisée par les membres de l'APC pour y présenter le bilan des réalisations depuis l'élection de Novembre 2007 à ce jour et répondre à certaines préoccupations des citoyens. Ce meeting aura lieu le Vendredi 14 Mai dans la grande salle de la maison de la culture à partir de 9H du matin ….. ».
Eh oui ! Parler d’un événement, c’en est vraiment un ! Et pour cause, un maire qui avec son équipe convie la population dont il préside les destinées depuis les dernières élections municipales à un débat venu d’ailleurs, pour arborer son premier bilan après deux années et demie d’exercice dans cette fonction d’élu.
Ce maire n’est pas celui d’Alger, d’Oran, de Constantine, de Relizane ou d’Ouled Sidi Mihoub, mais celui d’une petite ville balnéaire à une centaine de kilomètres d’Alger. Il ne s’agit nullement là d’en faire une quelconque publicité à l’intéressé ou un début de campagne aux prochaines élections. L’objectif essentiel de ce papier est d’en faire du modèle un plagiat à volonté. Sans doute qu’il existe de nombreux maires qui sont animés de la même détermination.
UN ÉLU QUI OSE !
Ce maire de couleur indépendante a osé là où des milliers d’élus ont échoué. La probable raison, il n’a certainement aucun calcul politique ni contrainte partisane qui l’alourdit. Il est libre de ses mouvements et autonomes dans ces prises de décisions internes. Il n’a de compte à rendre qu’à la population qui l’a portée à la tête de la municipalité. Il a donc l’obligation de se remettre en question à tout moment et sans réserve aux citoyens de la ville qu’il dirige que ce soient ceux qui lui ont donné leur voix ou le reste des citoyens qu’il souhaite légitimement les séduire.
Certes la réglementation permet la présence, en tant qu’observateurs, des citadins aux différentes délibérations des APC. Cependant, il faut ramer pour deviner les lieux et les horaires lorsque ce ne sont pas les élus eux-mêmes qui sont éliminés abusivement par le premier responsable de l’assemblée.
Par ce geste de transparence à recommander profusément, il vient de donner avec son équipe l’occasion aux électeurs de lui brandir un carton rouge, vert ou orangé, une motion de censure ou de confiance. Et c’est tout à son honneur pour cette confrontation manifeste des idées.
Affronter les votants n’est pas une chose aisée car ce genre de rencontres n’est pas totalement ancré dans nos traditions municipales. Mais c’est un début à ovationner fortement de toutes nos mains. Un rayon de soleil dans un ciel brumeux. C’est une expérience à tenter dans tous les rouages de la république. Et c’est un passage obligé vers les cimes de la modernité et de ma prospérité.
Au départ, il se peut, par inexpérience, qu’il y ait des excès de langage de la part de ses vis-à-vis. Par l’apprentissage, tout le monde saura s’exercer, apprendre et perpétuer la tradition dans le temps. Il faut un début à un rien.
En parcourant le site dédié à la ville, dans la rubrique du forum de discussions, chacun y va de ses critiques. Il y a les pours et les sceptiques. Et c’est tout à fait normal lorsque le débat est entrouvert. On ne peut rien espérer d’une discussion unidirectionnelle et unilatérale.
Un internaute a noté qu’il n’a jamais entendu parler de pareil cas depuis que l’Algérie est indépendante. Un autre estime qu’ils se moquent de nous, ils sont élus depuis 3 ans et ce n’est que maintenant qu’ils adoptent une telle initiative.
D’autant vrai que la quasi-majorité de nos élus ne se montrent qu’en périodes électorales, très rarement au milieu ni durant tout leur mandat. Cet internaute rajoute que ces délégués préparent un second mandat et tout cela n’est fait que pour jeter de la poudre aux yeux des citoyens.
Vous allez me dire que cela est logique lorsqu’on parcourt un désert et puis subitement on aperçoit au loin un petit point d’eau au milieu du mirage. Tout le monde y va se désaltérer en abondance. Il n’y a aucune retenue ni de caresses dans le sens du poil.
Au nord de la méditerranée, cet acte est tout à fait normal et c’est devenu même banal dans une démocratie où tout transite par les urnes. La désignation n’a aucune chance d’exister pour les postes d’élus. De surcroît et à titre de comparaison, la démocratisation est élargie même aux postes de responsabilités telles que recteurs et doyens dans une université.
À QUI LE TOUR ?
Le Maire de cette cité côtière vient de montrer la voie aux autres milliers et demi de maires d’agglomérations du pays. A qui le tour ? Il est le premier, nous souhaitons qu’il ne soit pas le dernier. A-t-il ouvert la boîte de pandore ou une tradition républicaine à encourager par tous les moyens ?
Présenter son bilan, même s’il est déficitaire, ce qui est le cas non avoué d’une grande majorité de nos APC, est une tâche audacieuse qui mérite tous les soutiens, toutes les flatteries et pourquoi pas des compliments . C’est une pratique louable qui doit être institutionnalisée.
Ce président d’APC n’a donc pas eu peur du duel face à la population. Il n’a pas l’intention de lui cacher quoi que ce soit, ni se dérober devant ses responsabilités. Il semble vouloir servir sa ville dans la clarté. Rien que pour cette ambition, il doit mériter tous les égards, en un mot il est proche d’une distinction.
Les présents à la réunion communale ont approuvé son bilan, pourtant négatif, parce qu’il vient de la réalité et non de la rhétorique des chiffres. Il a fait ce qu’il a pu et la population le saisit bien et lui donne rendez-nous pour un autre bilan qu’ils espèrent dans leur for intérieur positif la fois prochaine. Cela ne doit pas être qu’un préliminaire, d’autres promesses doivent suivre dans la feuille de route qu’il vient de tracer.
Ce maire doit être contemporain dans sa gestion et on ne peut pas tout accomplir lorsqu’on sort du néant. Je ne pense pas qu’un conseiller municipal incompétent et corrompu peut-il avoir le culot de se présenter en face et humer la population. Il ne sera en aucun cas dispensé. Il serait exténué par les mots cruels qu’ils lui seront lancés à son effigie. Il ne peut pas tenir plus de cinq minutes de discours sans qu’il ne soit éjecté.
Fantasmons que tous les maires d’Algérie soient contraints par la loi d’exposer et de soumettre leurs bilans à la population par rapport aux programmes sur lesquels ils ont été « élus » ou devant ceux qu’ils les ont désignés. C’est sûr que si l’on ne possède par certaines compétences et faire valoir des capacités de gestion avérées, on ne risque pas de se présenter de cette façon décontractée et d’insouciance face aux hommes et à Dieu.
Les candidats aux postes tourneront plus d’une fois leur langue avant de tenter de déambuler devant les électeurs ou de les narguer. C’est un véritable sermon auquel ils seront soumis. Ils ne vont plus aller à la pêche comme la plupart le font actuellement.
Présumons que cette expérience soit transposée, par bonheur du pays, un peu partout dans tous les usages. Rendre la crédibilité des structures étatiques, signifie travailler dans la limpidité et l’illumination en rendant surtout des comptes à l’Algérie, très loin des zones obscures et tortueuses. Et c’est tout le mal que l’on souhaite au pays.
Références:
-(1) http://www.tsa-algerie.com/politique/experience-democratique-inedite-l-equipe_10742.html (consulté le 16 mai 2010)
-(2) http://forum.dellysnet.org/viewtopic.php?f=10&t=1264 (consulté le 19 mai 2010)
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Article paru dans le quotidien d'Oran du Jeudi 5 Août 2010:
En format html: http://www.lequotidien-oran.com/?news=5141380
En format pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/05082010.zip
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En surfant sur Internet un jour du mois de mai dernier (1), je tombe hasardement sur une information invraisemblable qui rapporte un fait inédit, unique en son genre dans les annales de nos mœurs communales, en tous les cas une performance rarissime pas les temps qui courent où l’opacité règne continuellement en maîtresse des lieux.
Elle est digne de figurer dans le Guinness Book Algérien. Cette information aurait pu constituer la une du journal télévisé de 20 heures, une émission en prime time ou pourquoi pas un direct des médias sur les lieux de l’exclusivité. Je n’ai vu malheureusement la moindre ligne sur cette originalité dans un de nos quotidiens nationaux.
En poussant un peu plus loin ma curiosité et en fouillant davantage tout en me dirigeant sur un site web de la ville en question (2), ma curiosité ne cessait de s’amplifier. Voilà ce qui est annoncé au public de la ville concernant cette fameuse réunion: « Bonjour, une rencontre avec la population de la ville sera organisée par les membres de l'APC pour y présenter le bilan des réalisations depuis l'élection de Novembre 2007 à ce jour et répondre à certaines préoccupations des citoyens. Ce meeting aura lieu le Vendredi 14 Mai dans la grande salle de la maison de la culture à partir de 9H du matin ….. ».
Eh oui ! Parler d’un événement, c’en est vraiment un ! Et pour cause, un maire qui avec son équipe convie la population dont il préside les destinées depuis les dernières élections municipales à un débat venu d’ailleurs, pour arborer son premier bilan après deux années et demie d’exercice dans cette fonction d’élu.
Ce maire n’est pas celui d’Alger, d’Oran, de Constantine, de Relizane ou d’Ouled Sidi Mihoub, mais celui d’une petite ville balnéaire à une centaine de kilomètres d’Alger. Il ne s’agit nullement là d’en faire une quelconque publicité à l’intéressé ou un début de campagne aux prochaines élections. L’objectif essentiel de ce papier est d’en faire du modèle un plagiat à volonté. Sans doute qu’il existe de nombreux maires qui sont animés de la même détermination.
UN ÉLU QUI OSE !
Ce maire de couleur indépendante a osé là où des milliers d’élus ont échoué. La probable raison, il n’a certainement aucun calcul politique ni contrainte partisane qui l’alourdit. Il est libre de ses mouvements et autonomes dans ces prises de décisions internes. Il n’a de compte à rendre qu’à la population qui l’a portée à la tête de la municipalité. Il a donc l’obligation de se remettre en question à tout moment et sans réserve aux citoyens de la ville qu’il dirige que ce soient ceux qui lui ont donné leur voix ou le reste des citoyens qu’il souhaite légitimement les séduire.
Certes la réglementation permet la présence, en tant qu’observateurs, des citadins aux différentes délibérations des APC. Cependant, il faut ramer pour deviner les lieux et les horaires lorsque ce ne sont pas les élus eux-mêmes qui sont éliminés abusivement par le premier responsable de l’assemblée.
Par ce geste de transparence à recommander profusément, il vient de donner avec son équipe l’occasion aux électeurs de lui brandir un carton rouge, vert ou orangé, une motion de censure ou de confiance. Et c’est tout à son honneur pour cette confrontation manifeste des idées.
Affronter les votants n’est pas une chose aisée car ce genre de rencontres n’est pas totalement ancré dans nos traditions municipales. Mais c’est un début à ovationner fortement de toutes nos mains. Un rayon de soleil dans un ciel brumeux. C’est une expérience à tenter dans tous les rouages de la république. Et c’est un passage obligé vers les cimes de la modernité et de ma prospérité.
Au départ, il se peut, par inexpérience, qu’il y ait des excès de langage de la part de ses vis-à-vis. Par l’apprentissage, tout le monde saura s’exercer, apprendre et perpétuer la tradition dans le temps. Il faut un début à un rien.
En parcourant le site dédié à la ville, dans la rubrique du forum de discussions, chacun y va de ses critiques. Il y a les pours et les sceptiques. Et c’est tout à fait normal lorsque le débat est entrouvert. On ne peut rien espérer d’une discussion unidirectionnelle et unilatérale.
Un internaute a noté qu’il n’a jamais entendu parler de pareil cas depuis que l’Algérie est indépendante. Un autre estime qu’ils se moquent de nous, ils sont élus depuis 3 ans et ce n’est que maintenant qu’ils adoptent une telle initiative.
D’autant vrai que la quasi-majorité de nos élus ne se montrent qu’en périodes électorales, très rarement au milieu ni durant tout leur mandat. Cet internaute rajoute que ces délégués préparent un second mandat et tout cela n’est fait que pour jeter de la poudre aux yeux des citoyens.
Vous allez me dire que cela est logique lorsqu’on parcourt un désert et puis subitement on aperçoit au loin un petit point d’eau au milieu du mirage. Tout le monde y va se désaltérer en abondance. Il n’y a aucune retenue ni de caresses dans le sens du poil.
Au nord de la méditerranée, cet acte est tout à fait normal et c’est devenu même banal dans une démocratie où tout transite par les urnes. La désignation n’a aucune chance d’exister pour les postes d’élus. De surcroît et à titre de comparaison, la démocratisation est élargie même aux postes de responsabilités telles que recteurs et doyens dans une université.
À QUI LE TOUR ?
Le Maire de cette cité côtière vient de montrer la voie aux autres milliers et demi de maires d’agglomérations du pays. A qui le tour ? Il est le premier, nous souhaitons qu’il ne soit pas le dernier. A-t-il ouvert la boîte de pandore ou une tradition républicaine à encourager par tous les moyens ?
Présenter son bilan, même s’il est déficitaire, ce qui est le cas non avoué d’une grande majorité de nos APC, est une tâche audacieuse qui mérite tous les soutiens, toutes les flatteries et pourquoi pas des compliments . C’est une pratique louable qui doit être institutionnalisée.
Ce président d’APC n’a donc pas eu peur du duel face à la population. Il n’a pas l’intention de lui cacher quoi que ce soit, ni se dérober devant ses responsabilités. Il semble vouloir servir sa ville dans la clarté. Rien que pour cette ambition, il doit mériter tous les égards, en un mot il est proche d’une distinction.
Les présents à la réunion communale ont approuvé son bilan, pourtant négatif, parce qu’il vient de la réalité et non de la rhétorique des chiffres. Il a fait ce qu’il a pu et la population le saisit bien et lui donne rendez-nous pour un autre bilan qu’ils espèrent dans leur for intérieur positif la fois prochaine. Cela ne doit pas être qu’un préliminaire, d’autres promesses doivent suivre dans la feuille de route qu’il vient de tracer.
Ce maire doit être contemporain dans sa gestion et on ne peut pas tout accomplir lorsqu’on sort du néant. Je ne pense pas qu’un conseiller municipal incompétent et corrompu peut-il avoir le culot de se présenter en face et humer la population. Il ne sera en aucun cas dispensé. Il serait exténué par les mots cruels qu’ils lui seront lancés à son effigie. Il ne peut pas tenir plus de cinq minutes de discours sans qu’il ne soit éjecté.
Fantasmons que tous les maires d’Algérie soient contraints par la loi d’exposer et de soumettre leurs bilans à la population par rapport aux programmes sur lesquels ils ont été « élus » ou devant ceux qu’ils les ont désignés. C’est sûr que si l’on ne possède par certaines compétences et faire valoir des capacités de gestion avérées, on ne risque pas de se présenter de cette façon décontractée et d’insouciance face aux hommes et à Dieu.
Les candidats aux postes tourneront plus d’une fois leur langue avant de tenter de déambuler devant les électeurs ou de les narguer. C’est un véritable sermon auquel ils seront soumis. Ils ne vont plus aller à la pêche comme la plupart le font actuellement.
Présumons que cette expérience soit transposée, par bonheur du pays, un peu partout dans tous les usages. Rendre la crédibilité des structures étatiques, signifie travailler dans la limpidité et l’illumination en rendant surtout des comptes à l’Algérie, très loin des zones obscures et tortueuses. Et c’est tout le mal que l’on souhaite au pays.
Références:
-(1) http://www.tsa-algerie.com/politique/experience-democratique-inedite-l-equipe_10742.html (consulté le 16 mai 2010)
-(2) http://forum.dellysnet.org/viewtopic.php?f=10&t=1264 (consulté le 19 mai 2010)
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mercredi 28 juillet 2010
Une HARGA touristique
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Article paru sur le Quotidien d'Oran du 29 juillet 2010 sous le lien:
en html: http://www.lequotidien-oran.com/?news=5141173
en pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/29072010.zip
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Un gros titre révélateur sur la première page d’un journal national avait attiré mon attention le Week End dernier. Il s’agissait de la Une du quotidien national d’El-Khabar du Jeudi 22 juillet 2010 qui annonçait qu’une chaîne quotidienne de voitures immatriculées en Algérie se formait sur de deux longs kilomètres aux portes de la Tunisie pour aller passer quelques jours de vacances en famille. Cette ruée est un véritable rush ressemblant à une fugue de quelques jours pour échapper à notre amer quotidien vacancier. Ça ressemble à une autre Harga d’une autre forme, une Harga touristique en quelque sorte. Chaque été, c’est le même scénario et la même reproduction auxquels on assiste du côté de nos frontières sans que cela puisse susciter de moindres réactions des autorités concernées, ne serait-ce qu’une éphémère inquiétude par rapport à ces flots humains incessants qui se déversent chez nos frères de l’est. Le sursaut d’orgueil ne semble pas effleurer les esprits.
À SENS UNIQUE
Certes, on ne peut retenir contre leur propre gré des compatriotes qui recherchent d’aller voir ailleurs ce qu’ils ne trouvent chez eux vu l’état lamentable dans lequel se présentent nos structures d’accueil mais au moins faire en sorte d’amortir un tant soit peu ce fait que l’on peut qualifier de dommage qui nuit fortement à l’image de marque du pays tout entier.
Qu’est ce qu’il y a de plus que chez nous en Tunisie ? Des hôtels propres à coûts bas dans un pays propre, des attractions touristiques qui ne sortent pas de l’ordinaire mais mises intelligemment en valeur. Et des tunisiens tous sourires loin de nos mauvaises sautes d’humeur. Vous laissez ouverte votre voiture stationnée dans une ruelle, sans gardien, toute la nuit dehors sans qu’elle soit dévalisée dans la minute qui suit. Il est flagrant que l’on ne possède pas encore la culture pour recevoir convenablement les visiteurs. Vous n’êtes pas le plus souvent accostés par des hordes qui vous font payer une place dans un parking sauvage ou au sein d’une plage squattée. C’est là toute la différence entre ce pays et le nôtre. Ce n’est pas sorcier ce qu’ils font mais ça fait remplir les caisses de leur trésor public à coups de milliards de dollars. Je n’ai jamais visité ce pays mais c’est ce qui ressort de la bouche des revenants. Nous vivons dans un pays merveilleux mais dont la gestion est tout sauf moderne. Par notre « Taghnanet » et notre « Tghandif » légendaires, notre indifférence panachée à notre insouciance, nous l’avons défiguré au sens vrai du terme.
Si le mouvement se faisait dans les deux sens, on aurait parlé d’échanges mais il est malheureusement et constamment à sens unique. On serait tenté d’évoquer des circonstances atténuantes si le pays ne possédait pas les moyens nécessaires et la capacité budgétaire pour endiguer ce phénomène. Ce n’est apparemment pas une question d’argent mais un laisser aller flagrant des gestionnaires directs et collatéraux de tous les secteurs. C’est aussi une question d’amour du pays que l’on n’exprime guère sauf durant les succès en foot. La volonté humaine fait sensiblement défaut.
Mais là ! Un petit pays qui absorbe presque complètement un grand pays voisin ne se voit nulle part ailleurs. Un grand bravo pour ce pays qui mise énormément sur les capacités d’attirance de nos concitoyens. Tous ses acteurs travaillent pour l’amélioration des antécédents succès. L’Algérie est une bouffée d’oxygène pour ce pays qui ne ménage aucun effort pour nous accueillir dans de très bonnes conditions et en se sentant, touristiquement parlant, mieux que chez nous.
A-t-on noté une seule fois, depuis que l’Algérie ait son drapeau, la présence en nombre équivalent de touristes tunisiens ou marocains en Algérie si ce ne sont pas des travailleurs clandestins, des trafiquants de tous genres ou en transit forcé ? Contrairement aux Algériens qui continuent de sillonner en long et en large ces deux pays voisins sans autant le faire pour leur propre pays. Il serait intéressant pour les responsables de faire une petite halte et de dresser un bilan dont la balance est excessivement déficitaire. Existe-t-il des jaloux pour leur pays dans cet immense pays ?
LES ÉQUIPES DE FOOT SONT DE LA PARTIE
Le même état est mentionné à chaque intersaison des équipes sportives. Dès les trêves hivernale ou estivale, nos clubs de foot enjambent le pas en s’évadant aux extrêmes, à l’est ou à l’ouest, pour préparer la reprise ou la saison footballistique du championnat qui s’annonce. Le paradoxe, c’est qu’on n’a jamais vu depuis l’indépendance une équipe marocaine ou tunisienne venir accomplir de tels séjours chez nous sauf dans le cadre des compétitions officielles. La station tunisienne de Ain Draham où nos équipes se relaient à longueur d’années, est devenue l’attraction favorite, faisant l’impasse sur Seraidi, Ain Turk ou Tikdjda. Sans les algériens, ce centre sportif de la verte Tunisie aurait à coup sûr baissé ses rideaux depuis longtemps. Heureusement pour eux que les différentes équipes du pays, même celles de division 2, sont là pour renflouer les caisses en leur évitant la crise financière. De même pour la ville d’Ifrane la marocaine qui demeure parmi les premières au hit-parade des clubs algériens.
UN SPOT LOIN DE LA RÉALITÉ
Là où le ridicule tue, c’est ce spot publicitaire lancé par la TV nationale qui incite la communauté algérienne établie à l’étranger à venir passer leurs congés en Algérie ! Et de l’autre côté, on lit sur les journaux que les autochtones décampent justement du pays à cause justement de ces situations désastreuses à des années lumières des normes exigées.
Cette bande annonce promotionnelle me rappelle l’appel folklorique aux compétences algériennes extérieures face à des compétences internes totalement abandonnées à leur sort et la surdité des pouvoirs publics face à leurs revendications socio-professionnelles insatisfaites depuis la nuit des temps.
Il requérait au moins de séduire le nombre sans cesse croissant des résidants d’Algérie qui s’échappe à Hammamet, Nabeul ou Sousse. Mis à part quelques très rares établissements qui proposent des pratiques s’approchant légèrement des règles mais hors de prix pour les bourses moyennes comparativement à ceux de nos voisins tunisiens. En plus, on présente à la télévision une image presque virtuelle de nos plages et de nos hôtels. La réalité est tout autre. Avant de procéder à une telle publicité cocasse, on devrait songer à enlever les immondices qui s’entassent inlassablement dans nos villes et au sein de nos plages pour se consacrer ensuite à ce type de folies. Le « bouche-à-oreille » ferait naturellement son effet au sein de notre communauté extérieure. L’image se vendrait d’elle-même et n’aurait besoin d’aucune réclame. L’Algérie dispose en son émigration un véritable potentiel touristique mais hélas très mal exploité contrairement à ceux de nos voisins. Le calvaire à l’aller comme au retour.
A-t-on vu chez nous une publicité vantant les charmes de la belle Tunisie ? Pourtant nos compatriotes ont en fait leur première destination préférentielle et sont ainsi la première source des revenus du tourisme tunisien avec 1 million 200000 touristes chaque année à faire le grand saut. Ces derniers font le forcing pour les attirer même durant le mois sacré afin de combler l’éventuel manque à gagner. Pendant ce temps, nos structures, en plus de la mauvaise qualité criarde, affichent des prix exorbitants à faire chasser les plus décidés. Une nuit dans un piteux hôtel vous allègera brutalement de votre budget familial.
BAVARO, LE RÊVE À BAS PRIX
Occupé à méditer sur la calamité de la chose, je suis réanimé, deux jours après, par ce mail édifiant à plus d’un titre reçu d’un ami, vivant dans un pays européen qui au lieu de venir en famille au bled comme chaque année, a préféré cette fois-ci tenter l’aventure dans une île de rêve de l’Amérique centrale en l’occurrence la République Dominicaine.
Alors je vous laisse le soin de dévoiler avec sa permission ce message qui m’a laissé pantois en déchiffrant ses propos : « c'est à Punta cana, exactement à Bavaro qu’on a pris ces photos. C'est vrai que c'est un pays paradisiaque et il y a réellement un tourisme familial; le paradoxe est que ça nous a coûté moins cher que le voyage en Algérie……Je me suis rendu compte, sur place, que de notre vivant l'Algérie ne sera jamais un pays touristique, notre pays a au moins un siècle de retard, je ne parle pas d'infrastructure mais aussi de l'élément humain. Je te souhaite vivement un voyage dans ce pays. à bientôt….. ».
Un message sceptique qui en dit long sur notre décalage. Déjà en me souhaitant un voyage dans ce pays relèvera sincèrement de l’imaginaire. Probablement, c’est possible grâce aux nouvelles technologies mais concrètement tout parait incroyable à partir du pays en raison du niveau de vie déplorable d’un enseignant chercheur qui ne peut se permettre de passer un agréable repos même en sa demeure.
TOUJOURS, TOUJOURS LA SALETÉ
Vu le monopole exercé, le prix d’un aller retour Paris-Alger par les airs pour toute la famille vaut la tête des yeux. Les avions charters et les prix soldés de séjours sont bannis de notre vocabulaire. Et pourtant mon ami ne passait ses vacances au pays ni dans un hôtel zéro étoile ni dans une luxueuse enseigne ni encore moins aller prendre ses repas dans des restaurants huppés. Il les passe le plus normalement du monde chez les siens en se baignant dans nos plages qui ne vous donnent plus l’envie d’y revenir en raison de la saleté exubérante de notre décor qui vous fait déguerpir si ce n’est l’appel du cœur du bled.
Dans les stations balnéaires, nous sommes à tout instant agressés par ces bandes qui se sont accaparées les espaces publics au vu et au su des autorités complètement dépassées. La plage est payante de force malgré la loi en vigueur. Des hommes armés de gourdins, munis de sifflets et habillés en tenues quasi-officielles font office de propriétaires des lieux, balisés de leurs propres plaques dans un milieu environnemental des plus répugnants. Pendant ce temps, la Tunisie se gargarise de cette aubaine tombée du ciel en attirant de plus en plus d’adeptes qui ne s’en lassent pas d’y retourner à chaque occasion, voire durant les vacances d’hiver ou de printemps.
Notre voisin en profite ainsi allègrement de la gestion touristique catastrophique du pays comme d’autres pays en exploitent nos tares et nos errements dans tous les autres domaines.
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Article paru sur le Quotidien d'Oran du 29 juillet 2010 sous le lien:
en html: http://www.lequotidien-oran.com/?news=5141173
en pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/29072010.zip
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Un gros titre révélateur sur la première page d’un journal national avait attiré mon attention le Week End dernier. Il s’agissait de la Une du quotidien national d’El-Khabar du Jeudi 22 juillet 2010 qui annonçait qu’une chaîne quotidienne de voitures immatriculées en Algérie se formait sur de deux longs kilomètres aux portes de la Tunisie pour aller passer quelques jours de vacances en famille. Cette ruée est un véritable rush ressemblant à une fugue de quelques jours pour échapper à notre amer quotidien vacancier. Ça ressemble à une autre Harga d’une autre forme, une Harga touristique en quelque sorte. Chaque été, c’est le même scénario et la même reproduction auxquels on assiste du côté de nos frontières sans que cela puisse susciter de moindres réactions des autorités concernées, ne serait-ce qu’une éphémère inquiétude par rapport à ces flots humains incessants qui se déversent chez nos frères de l’est. Le sursaut d’orgueil ne semble pas effleurer les esprits.
À SENS UNIQUE
Certes, on ne peut retenir contre leur propre gré des compatriotes qui recherchent d’aller voir ailleurs ce qu’ils ne trouvent chez eux vu l’état lamentable dans lequel se présentent nos structures d’accueil mais au moins faire en sorte d’amortir un tant soit peu ce fait que l’on peut qualifier de dommage qui nuit fortement à l’image de marque du pays tout entier.
Qu’est ce qu’il y a de plus que chez nous en Tunisie ? Des hôtels propres à coûts bas dans un pays propre, des attractions touristiques qui ne sortent pas de l’ordinaire mais mises intelligemment en valeur. Et des tunisiens tous sourires loin de nos mauvaises sautes d’humeur. Vous laissez ouverte votre voiture stationnée dans une ruelle, sans gardien, toute la nuit dehors sans qu’elle soit dévalisée dans la minute qui suit. Il est flagrant que l’on ne possède pas encore la culture pour recevoir convenablement les visiteurs. Vous n’êtes pas le plus souvent accostés par des hordes qui vous font payer une place dans un parking sauvage ou au sein d’une plage squattée. C’est là toute la différence entre ce pays et le nôtre. Ce n’est pas sorcier ce qu’ils font mais ça fait remplir les caisses de leur trésor public à coups de milliards de dollars. Je n’ai jamais visité ce pays mais c’est ce qui ressort de la bouche des revenants. Nous vivons dans un pays merveilleux mais dont la gestion est tout sauf moderne. Par notre « Taghnanet » et notre « Tghandif » légendaires, notre indifférence panachée à notre insouciance, nous l’avons défiguré au sens vrai du terme.
Si le mouvement se faisait dans les deux sens, on aurait parlé d’échanges mais il est malheureusement et constamment à sens unique. On serait tenté d’évoquer des circonstances atténuantes si le pays ne possédait pas les moyens nécessaires et la capacité budgétaire pour endiguer ce phénomène. Ce n’est apparemment pas une question d’argent mais un laisser aller flagrant des gestionnaires directs et collatéraux de tous les secteurs. C’est aussi une question d’amour du pays que l’on n’exprime guère sauf durant les succès en foot. La volonté humaine fait sensiblement défaut.
Mais là ! Un petit pays qui absorbe presque complètement un grand pays voisin ne se voit nulle part ailleurs. Un grand bravo pour ce pays qui mise énormément sur les capacités d’attirance de nos concitoyens. Tous ses acteurs travaillent pour l’amélioration des antécédents succès. L’Algérie est une bouffée d’oxygène pour ce pays qui ne ménage aucun effort pour nous accueillir dans de très bonnes conditions et en se sentant, touristiquement parlant, mieux que chez nous.
A-t-on noté une seule fois, depuis que l’Algérie ait son drapeau, la présence en nombre équivalent de touristes tunisiens ou marocains en Algérie si ce ne sont pas des travailleurs clandestins, des trafiquants de tous genres ou en transit forcé ? Contrairement aux Algériens qui continuent de sillonner en long et en large ces deux pays voisins sans autant le faire pour leur propre pays. Il serait intéressant pour les responsables de faire une petite halte et de dresser un bilan dont la balance est excessivement déficitaire. Existe-t-il des jaloux pour leur pays dans cet immense pays ?
LES ÉQUIPES DE FOOT SONT DE LA PARTIE
Le même état est mentionné à chaque intersaison des équipes sportives. Dès les trêves hivernale ou estivale, nos clubs de foot enjambent le pas en s’évadant aux extrêmes, à l’est ou à l’ouest, pour préparer la reprise ou la saison footballistique du championnat qui s’annonce. Le paradoxe, c’est qu’on n’a jamais vu depuis l’indépendance une équipe marocaine ou tunisienne venir accomplir de tels séjours chez nous sauf dans le cadre des compétitions officielles. La station tunisienne de Ain Draham où nos équipes se relaient à longueur d’années, est devenue l’attraction favorite, faisant l’impasse sur Seraidi, Ain Turk ou Tikdjda. Sans les algériens, ce centre sportif de la verte Tunisie aurait à coup sûr baissé ses rideaux depuis longtemps. Heureusement pour eux que les différentes équipes du pays, même celles de division 2, sont là pour renflouer les caisses en leur évitant la crise financière. De même pour la ville d’Ifrane la marocaine qui demeure parmi les premières au hit-parade des clubs algériens.
UN SPOT LOIN DE LA RÉALITÉ
Là où le ridicule tue, c’est ce spot publicitaire lancé par la TV nationale qui incite la communauté algérienne établie à l’étranger à venir passer leurs congés en Algérie ! Et de l’autre côté, on lit sur les journaux que les autochtones décampent justement du pays à cause justement de ces situations désastreuses à des années lumières des normes exigées.
Cette bande annonce promotionnelle me rappelle l’appel folklorique aux compétences algériennes extérieures face à des compétences internes totalement abandonnées à leur sort et la surdité des pouvoirs publics face à leurs revendications socio-professionnelles insatisfaites depuis la nuit des temps.
Il requérait au moins de séduire le nombre sans cesse croissant des résidants d’Algérie qui s’échappe à Hammamet, Nabeul ou Sousse. Mis à part quelques très rares établissements qui proposent des pratiques s’approchant légèrement des règles mais hors de prix pour les bourses moyennes comparativement à ceux de nos voisins tunisiens. En plus, on présente à la télévision une image presque virtuelle de nos plages et de nos hôtels. La réalité est tout autre. Avant de procéder à une telle publicité cocasse, on devrait songer à enlever les immondices qui s’entassent inlassablement dans nos villes et au sein de nos plages pour se consacrer ensuite à ce type de folies. Le « bouche-à-oreille » ferait naturellement son effet au sein de notre communauté extérieure. L’image se vendrait d’elle-même et n’aurait besoin d’aucune réclame. L’Algérie dispose en son émigration un véritable potentiel touristique mais hélas très mal exploité contrairement à ceux de nos voisins. Le calvaire à l’aller comme au retour.
A-t-on vu chez nous une publicité vantant les charmes de la belle Tunisie ? Pourtant nos compatriotes ont en fait leur première destination préférentielle et sont ainsi la première source des revenus du tourisme tunisien avec 1 million 200000 touristes chaque année à faire le grand saut. Ces derniers font le forcing pour les attirer même durant le mois sacré afin de combler l’éventuel manque à gagner. Pendant ce temps, nos structures, en plus de la mauvaise qualité criarde, affichent des prix exorbitants à faire chasser les plus décidés. Une nuit dans un piteux hôtel vous allègera brutalement de votre budget familial.
BAVARO, LE RÊVE À BAS PRIX
Occupé à méditer sur la calamité de la chose, je suis réanimé, deux jours après, par ce mail édifiant à plus d’un titre reçu d’un ami, vivant dans un pays européen qui au lieu de venir en famille au bled comme chaque année, a préféré cette fois-ci tenter l’aventure dans une île de rêve de l’Amérique centrale en l’occurrence la République Dominicaine.
Alors je vous laisse le soin de dévoiler avec sa permission ce message qui m’a laissé pantois en déchiffrant ses propos : « c'est à Punta cana, exactement à Bavaro qu’on a pris ces photos. C'est vrai que c'est un pays paradisiaque et il y a réellement un tourisme familial; le paradoxe est que ça nous a coûté moins cher que le voyage en Algérie……Je me suis rendu compte, sur place, que de notre vivant l'Algérie ne sera jamais un pays touristique, notre pays a au moins un siècle de retard, je ne parle pas d'infrastructure mais aussi de l'élément humain. Je te souhaite vivement un voyage dans ce pays. à bientôt….. ».
Un message sceptique qui en dit long sur notre décalage. Déjà en me souhaitant un voyage dans ce pays relèvera sincèrement de l’imaginaire. Probablement, c’est possible grâce aux nouvelles technologies mais concrètement tout parait incroyable à partir du pays en raison du niveau de vie déplorable d’un enseignant chercheur qui ne peut se permettre de passer un agréable repos même en sa demeure.
TOUJOURS, TOUJOURS LA SALETÉ
Vu le monopole exercé, le prix d’un aller retour Paris-Alger par les airs pour toute la famille vaut la tête des yeux. Les avions charters et les prix soldés de séjours sont bannis de notre vocabulaire. Et pourtant mon ami ne passait ses vacances au pays ni dans un hôtel zéro étoile ni dans une luxueuse enseigne ni encore moins aller prendre ses repas dans des restaurants huppés. Il les passe le plus normalement du monde chez les siens en se baignant dans nos plages qui ne vous donnent plus l’envie d’y revenir en raison de la saleté exubérante de notre décor qui vous fait déguerpir si ce n’est l’appel du cœur du bled.
Dans les stations balnéaires, nous sommes à tout instant agressés par ces bandes qui se sont accaparées les espaces publics au vu et au su des autorités complètement dépassées. La plage est payante de force malgré la loi en vigueur. Des hommes armés de gourdins, munis de sifflets et habillés en tenues quasi-officielles font office de propriétaires des lieux, balisés de leurs propres plaques dans un milieu environnemental des plus répugnants. Pendant ce temps, la Tunisie se gargarise de cette aubaine tombée du ciel en attirant de plus en plus d’adeptes qui ne s’en lassent pas d’y retourner à chaque occasion, voire durant les vacances d’hiver ou de printemps.
Notre voisin en profite ainsi allègrement de la gestion touristique catastrophique du pays comme d’autres pays en exploitent nos tares et nos errements dans tous les autres domaines.
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jeudi 22 juillet 2010
Entre les Olympiades de Maths et la cuvée du Bac 2010
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Article paru le Jeudi 22 Juillet 2010 dans le quotidien d'Oran:
- format html:http://www.lequotidien-oran.com/?news=5140905
- Format pdf: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/22072010.zip
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"L’âge de la plume est révolu, voici venu celui du football", Tewfik Elhakim.
Trouvez-vous normal qu’un pays qui s’enorgueillit de 61,23 % de réussite au baccalauréat 2010 se dérobe discrètement des Olympiades Internationales de Mathématiques (OIM) ? Ce taux qui n’était que de 45,05 % en 2009, soit une croissance de 35,92% en un quart de tour ! Si l’on suit l’argumentation évoquée par les officiels, le frôlement de la barre des 100% sera raccourci dans un peu de temps. L’histoire de ce fabuleux saut restera à jamais non élucidé. Les experts les plus avertis ne sauront nous livrer la recette géniale qui a été prêchée.
Notons qu’au Maroc, le taux de réussite n’a été que de 35,16% et de 34,76% l’année précédente. La Tunisie a obtenu un taux de 50,2%, soit le pourcentage le plus élevé depuis 2002. L’Algérie court à la vitesse du lièvre mais les tortues tunisienne et surtout marocaine nous jouent des tours au finish.
RECORD AU BAC MAIS ABSENCE AUX OIM !
Sentez-vous logique qu’un baccalauréat qui renferme dans cette nouvelle cuvée des mentions « Éloges » au nombre de 49 (cette mention a vu le jour pour la première fois l’année écoulée avec un seul lauréat), de 5227 mentions « Très Bien » et de 24 305 mentions « Bien », soit disparu soudainement avec un grand point d’interrogation des traces de ce prestigieux tournoi international ?
Nonobstant la filière « gestion et économie », c’est la filière « Mathématiques » qui a fourni la plus forte marge de réussite avec 69,64% générant ainsi 7488 bacheliers. J’ai beau cherché le nombre de mentions E, TB et B dans cette filière pour savoir si l’école algérienne est stérile à ce point pour ne pas enfanter 6 bons candidats à ces OIM. Quoiqu’il dispose du plus gros budget de l’état algérien, le site Internet du ministère de l’éducation sonne aux abonnés absents pour nous délivrer les détails de ses scores.
Existe-t-il un raisonnement valable pour expliquer cette défaillance au moment où on encense de toutes parts et à tous vents les étonnants bilans qui sont alloués à la nouvelle réforme ? Alors que nos élèves n’ont été examinés que sur un programme amputé du tiers en plus des sujets faciles de l’avis des syndicalistes du secteur et de nombreux observateurs.
On ne peut pas crier, sur les nuages surplombant le pays, de performance si nos compétences n’obéissent nullement aux exigences du niveau international. Comment pourrait-on justifier cette absence dans le concert mathématique des nations si ce n’est par méfiance d’essuyer un nouveau revers qui renvoie tout le monde à refaire ses classes ? On n’aime pas redoubler, on ne veut que le passage à l’étage supérieur. Les embouteillages font craindre le pire. Un échec que les responsables ne peuvent le gober, ni l’assumer. On n’est pas prêt d’oublier le cataclysme des OIM 2009. On n’ordonne que des applaudissements trompeurs à tout rompre et fermer l’œil sur toutes nos faiblesses.
Justement les OIM constituent un réel baromètre pour évaluer et apprécier toute réforme ainsi que l’estimation concrète du rendement de notre système éducatif. On ne peut parler de triomphe si l’on joue à huis clos loin des regards d’une expertise mondiale. Si nos candidats ne se frottent pas aux compétences extérieures, il subsistera toujours des doutes sur les résultats enregistrés intra-muros. Peut-être que la place de lanterne rouge aux OIM 2009 a-t-elle désemparé nos responsables en tempérant leurs ardeurs ? Ces derniers n’ont jusqu’à présent expliqué les raisons de cette politique de la table et de la chaise vides. Est-ce un abandon pur et simple et une démission en catimini qui se défend de dire son nom ? Personne ne le sait sauf peut-être ceux qui méditent encore sur le devenir de l’éducation du pays. Assister et rendre une copie vierge vaut mieux que de fuir, faire le vide autour de soi, se rendre invisible et s’acclamer tout seul. Dans le premier cas, on regarde nos lacunes en face, nos défauts sur un vrai miroir plan, pas sphérique, qui nous reflète la réalité. Dans le second, on entretient l’illusion de notre système. La simple raison possible est le niveau actuel que l’on évite de comparer au niveau international, le cacher par inquiétude de voir les statistiques officielles déroutées. Une fuite en avant qui ne se terminera que dans un gouffre.
A l’université, tout le monde souffre de l’incurie presque généralisée. Au campus, le produit arrive presque fini, façonné. On lui rajoute une dose de médiocrité par-ci, une touche de carence par-là. À la fin du parcours, il est maquillé et livré à lui-même. L’horreur sera découverte après la vente du produit. Mais ce sera malheureusement trop tard, il est déjà dans le circuit. Tous les remèdes ne suffisent pas car la maladie est au stade final. Au pire, il fallait apporter les soins au début de l’affection. Au mieux, il requérait de faire un bilan généralisé chaque année pour appréhender n’importe quelle contagion. Trop tard, le malade agonisant a commencé à transmettre son fatal virus à son environnement. Lorsqu’il se recycle dans l’enseignement, c’est l’effet de l’infernale cascade et du cercle viral.
HISTORIQUE DES OIM
Notons pour ceux qui ne sont pas novices en la matière, les OIM sont la concurrence de mathématiques de championnat du monde pour des étudiants de lycée et sont tenus annuellement dans un pays différent. Les premières OIM ont eu lieu en 1959 en Roumanie, avec la participation de 7 pays constitués du défunt bloc de l’est. Les OIM regroupent actuellement une centaine de pays des 5 continents. Le Comité consultatif d'OIM s'assure que les épreuves ont lieu tous les ans.
L’organisateur des tournois en l’occurrence l’OIM est une institution académique très considérée avec son drapeau, son hymne, son cérémonial et son organisation irréprochable à chaque olympiade.
Cette rencontre de la matière grise juvénile internationale en mathématiques du cru 2010 a vu la participation de 517 concurrents dont 470 garçons et 47 filles avec à la clé 47 médailles d’or, 104 d’argent, 115 de bronze et 160 mentions honorables comme récompenses aux jeunes prodiges de cette année. Les médailles d’or ont été raflées par le 26 premiers pays dont la République de Chine, avec une note de 197 points sur 252, a obtenu 6 médailles d’or pour ces 6 concurrents dont une fille.
LA VRAIE COMPÉTITION
Les élèves doivent avoir moins de 20 ans et ne pas avoir débuté leurs études supérieures. Pour chacun des participants, d’interminables et âpres éliminatoires internes sont organisées pour sélectionner les 6 candidats au maximum retenus afin de représenter et défendre de la meilleure façon les couleurs de leur pays. Chaque pays envoie son équipe avec un chef de délégation et un adjoint, ainsi que d’éventuels observateurs.
L’épreuve consiste à résoudre sur deux jours, en deux séances de 4 heures et demie, deux séries, chacune de trois exercices, ayant trait à la géométrie plane, à l’arithmétique, aux inégalités ou à l’analyse combinatoire.
Leur résolution fait plus appel au raisonnement qu’à la connaissance sophistiquée, les solutions sont souvent courtes et élégantes. À chaque exo est attribué un total de 7 points. Les médailles et mentions sont décernées à titre individuel, selon les scores des participants, sur les critères suivants : - le 1/12 des participants reçoit une médaille d’or ; -les 2/12, une médaille d’argent ; les -3/12, une médaille de bronze ; -enfin tout élève, qui ne reçoit aucune médaille mais qui obtient la note de 7/7 sur un exercice se verra accorder la mention honorable.
En toutes compétitions confondues (13 participations), l’Algérie, avec 62 candidats, possède un palmarès d’une médaille d’argent (1988), d’une médaille de bronze (1986) et de 2 mentions honorables (1983 et 1991). Depuis c’est la galère.
Par ailleurs, et à titre de comparaison, le gain du Maroc est de 3 médailles d’argent, de 29 médailles de bronze et de 48 mentions honorables pour 28 apparitions. Tandis que celui de la petite Tunisie est, s’il vous plaît, d’une médaille d’or, de 3 médailles d’argent, de 12 médailles de bronze et de 7 mentions honorables, le tout en 19 participations. On ne peut que rester sceptique vu les moyens matériels et les potentiels humains dont dispose le pays devant nos piètres résultats.
C’est pour cela que les bacheliers marocains, qui après avoir fréquenté et acquis leurs classes dans les écoles préparatoires de leur pays, sont très nombreux à postuler pour les prestigieuses grandes écoles d’ingénieurs en France telles que l’école polytechnique, arts et métiers, écoles normales, Télécom, l’école aéronautique de Toulouse, les écoles centrales, etc. Comme me l’a confirmé un ami enseignant dans une école préparatoire à Toulouse. Attendons pour voir si les écoles préparatoires algériennes ouvertes l’année dernière sont-elles capables de former des étudiants qui seraient aptes à aller loin à l’instar de leurs voisins collègues ?
Nous soulignons avec regret que les notes acquises par les 4 concurrents algériens aux OIM 2009 sont de 0/42, 0/42, 1/42 et 1/42 soit un total de 2 points sur 168. Ce qui donne beaucoup de matière à réfléchir sur le passif des 3 dernières décennies ainsi que la destinée actuelle de notre enseignement.
ÉDITION OIM 2010
Rappelons que la 51ième édition de cette année s’est déroulée à Astana, capitale du Kazakhstan, du 02 au 14 juillet 2010 avec 96 pays concurrents dont, comme il devenu ordinaire, nos voisins immédiats le Maroc et la Tunisie. Le Maroc s’est illustré cette année en progressant de 7 places passant à la 67ème place pourtant la compétition s’est restreinte de 8 pays par rapport à 2009. Notons que nos voisins de l’ouest n’ont raté aucune épreuve depuis 1983 ! Les marocains ne se sont abstenus que de 11 concours depuis 1981 alors l’Algérie qui était la première pionnière africaine, arabe et musulmane en 1977 lorsque la participation mondiale n’était que de 21 pays. Notre pays s’est dégringolé en ne concourant qu’à seulement 13 éditions.
Dans le pays, le pied remplace de pied levé la tête. La décadence n’est mesurée ces derniers temps qu’au nombre de participations à la coupe du monde de football. Tous les algériens savent par les statistiques le nombre de tournois finaux de foot auxquels l’Algérie a manqués. Mais le nombre des Olympiades de Mathématiques, on s’en fiche éperdument tant que les puits de pétrole ne se sont asséchés. On peut tout se permettre avec le baril, on paie, on n’utilise que les pieds et on laisse réfléchir les autres à notre place. On peut aussi exhiber sans aucun état d’âmes les taux de réussite les plus inimaginables et les bilans les plus fantaisistes.
De plus, les lauréats marocains ont obtenu à Astana 1 médaille de bronze et 3 mentions honorables. Remarquons que l’Arabie Saoudite, qui n’a commencé à adhérer qu’en 2004, occupe la même place ex-æquo avec 2 médailles de bronze et de 2 mentions honorables à son actif. Quant à la Tunisie, elle s’est placée à la 81ème place avec un palmarès d’une médaille d’argent et de 2 mentions honorables.
Sur le plan Africain, l’Afrique du Sud, première à l’échelle continentale, se classe à la 58ième place, confirmant le leadership de pays le plus prospère du continent noir. À la troisième place juste derrière le Maroc, vient la Côte d’Ivoire avec 5 élèves prétendants, pour son premier baptême de feu dans cette compétition, à la très honorable 69ème position en obtenant 54 points suivie par le 4ième le Nigeria pour sa 4ème participation depuis 2006 et qui pointe à la 84ème position avec une médaille de bronze après la Tunisie qui n’a délégué que 2 poulains.
Sûrement, si beaucoup de pays africains avaient les moyens de participer aux OIM, on aurait récolté beaucoup de surprises. Nos responsables vivent en vase clos. Ils n’ont de repères que les leurs, que leurs choix. Avec des élèves et des étudiants à moitié formés, doublés de résultats dopés, le pays est en danger permanent de reproduction. Il se régénère de manière singulière. On ignore comment sera l’avenir du pays avec des futurs cadres atrophiés.
COUPE DU MONDE DE FOOT SI, OIM AUSSI
C’est au moment où les yeux du pays étaient entièrement rivés vers le ballon rond en Afrique du Sud, les grandes nations de ce monde n’ont pas omis de réfléchir et de s’affronter à coups d’équations et de formules mathématiques. Des 32 pays qualifiés à la phase finale de la coupe du monde, seuls l’Algérie, l’Uruguay, le Chili, le Ghana et le Cameroun n’étaient pas au rendez-vous de ces olympiades. L’Uruguay est un cas particulier. Si ce petit pays, d’à peine 3 millions 400000 âmes (moins du 10ième du nôtre), ne s’est pas engagé, ce n’est aucunement par défaut du niveau requis. Il n’a raté que 2 épreuves depuis 1997 avec des résultats loin du ridicule pour un si minuscule pays en ressources humaines. Idem pour le Chili qui a loupé sa 4ième participation consécutive depuis 2007 malgré ses antécédents résultats encourageants. Il faut donc chercher ailleurs l’absence de ces pays lointains de l’Amérique Latine. Tandis que le Ghana et le Cameroun, ils n’ont jamais été des adeptes de ces olympiades de mathématiques.
DES FRUITS LOGIQUES
On discerne dans le classement de cette année comme à leur habitude les 3 plus grandes puissances mondiales sur le podium avec dans l’ordre, la République de Chine, La Fédération de Russie et les États Unis d’Amériques, indétrônables du podium depuis belle lurette. La République de Corée rate d’un cheveu de troubler le trio de tête. Le fait que le Kazakhtan soit porté à la 5ième place prouve que le pays organisateur s’est préparé de manière très sérieuse à cet examen très prometteur pour booster davantage son avenir scientifique.
Au niveau des pays musulmans, la Turquie a acquis de la notoriété dans l’adversité de ces épreuves. Les descendants des Ottomans sont parmi les tous premiers, exactement au 8ème rang devant les plus grands pays industrialisés, l’Allemagne, l’Italie ou encore le Canada. La Turquie confirme et conforte ainsi sa même position durant ces 3 dernières années. Il est assez clair que la Turquie continue de subir l’exclusion de son entrée dans l’Union Européenne pour des questions qui n’ont rien à voir avec ses potentialités économiques.
L’Iran avec son formidable potentiel se maintient à la 16 place malgré un environnement occidental hostile à son développement et à son rayonnement. Le pays d’Ahmadinejad se permet le luxe de devancer le Royaume-Uni et la France ainsi que des pays émergeants tels que le Brésil et l’Inde.
Par ailleurs, chez nous, on a préféré privilégier l’envoi de personnes avec des séjours aux frais de la princesse à de nombreuses « personnalités » en Afrique du Sud que de s’occuper à dépêcher des petits cerveaux se jauger aux meilleurs mathématiciens du futur. Notons que la Chine en premier lieu domine déjà depuis plusieurs années d’affilée ce concours international. Ce n’est point un fruit du hasard, dû aux pétrodollars ni à une quelconque rente, si ce pays présente depuis longtemps le plus fort taux de la croissance économique mondiale. La jonction entre les mathématiques et l’économie est évidente.
Il faut signaler le bon point du Kuweit qui malgré s’être classé en queue du peloton, continue à participer pour que son niveau, confronté au palpable, soit évalué en permanence.
SEULES, LES INFRASTRUCTURES NE SUFFISENT PAS
L’état de santé de notre système éducatif ne se mesure pas par le nombre d’infrastructures réalisées mais par le nombre d’élèves par classe à l’école et par le nombre d’étudiants pour un enseignant de rang magistral à l’université. On ne peut évoluer comme on l’est actuellement avec des classes bondées jusqu’à ras de bords et des campus où un étudiant met plusieurs heures à faire la chaîne pour prendre un maigre repas. Loin des normes internationales, on ne peut pas parler que de miracles surnaturels lorsqu’on évoque les taux de réussite surestimés un peu partout dans le pays et dans un environnement presque monolingue. Tant qu’on ne soumet notre système à des évaluations internationales, on peut annoncer à tout va ce qu’on désire mais notre influence ne dépassera pas les limites du portail de l’école. Hors de nos frontières, on devient aphones. C’est comme si on lance un mensonge et on le croirait ensuite à force de monologues.
LES ENSEIGNANTS, CES PARENTS PAUVRES
Tel qu’il est préconisé, le système éducatif ne peut compter sur les facultés d’un enseignant presque affamé, sous alimenté, ne pouvant subvenir à ses besoins moraux et matériels. Un enseignant dont la tête tourne autour de son ventre creux et la tête vidée, ne peut donner le meilleur de lui-même. Il a l’impression de faire une corvée alors qu’il est supposé être le centre de gravité de toute la pédagogie du système. Un enseignant qui préfère préparer le plus sérieusement ses cours particuliers du soir que ses cours officiels du jour ne peut assumer pleinement son rôle central et primordial.
Quoique les sujets du BAC aient été souples, les résultats sont beaucoup plus imputables aux cours dispensés dans l’ombre de l’école publique. Nos enseignants sont devenus des Mister Hyde le jour et des Docteurs Jekyl le soir. C’est toute la différence entre l’ombre et la lumière. Le jour, ils sont ko debout et le soir on retrouve le vrai enseignant qui ne s’en lasse pas d’explications à ses fortunés. Il n’en abuse pas. Il a juste compris comment fonctionne le système comme dans les secteurs tels que la santé, etc... Le public, c’est pour dénicher, localiser sa proie qui devient, le soir venu, sa propriété privée, son bien particulier, son oxygène et la source de ses revenus. Il n’est mentionné nulle part de l’apport des cours complémentaires dans les bilans officiels pourtant c’est l’ombre qui plane sur tous les résultats. Ils existent mais ils sont imperceptibles. C’est un tabou que d’évoquer ce phénomène qui court dans toutes les veines et prend de l’ampleur d’année en année. C’est l’inconnu à plusieurs variables. Personne ne détient la solution. Elle se trouve aux mains des décideurs. C’est l’enfant illégitime de notre système éducatif.
Si notre pays veut acquérir le développement, il ne doit pas fuir la concurrence et la compétition. Notre travail n’aura aucune notion, aucun repère s’il n’est pas identifié par des paramètres de normes internationales.
Avons-nous acquis la phobie de l’ouverture sur le monde extérieur en prônant le renfermement et le repli sur nous-mêmes ? À tel point qu’une note bureaucratique du ministère de l’enseignement supérieur impose désormais une autorisation de sortie aux enseignants-chercheurs pour assister aux conférences et séminaires scientifiques internationaux ? Un faux-pas scientifique de plus.
Retenons la leçon des années 90 lorsque l’économie du pays n’avait de jalons que ses propres labels. Nous nous sommes accourus presque en faillite et en catastrophe vers le FMI pour le supplier à venir à notre chevet. Il était notre roi absolu pendant plusieurs années. Rien ne décidait sans son accord. Il est devenu par la force des choses et par notre entêtement un des décideurs du pays sinon le plus important. Le pays a suivi amèrement les conditions draconiennes imposées de notre propre gré avec les conséquences désastreuses subies et dont on n’a pas encore fini à payer le lourd tribu et à régler la sale note qui ne nous a pas encore complètement lâchée.
Le système éducatif du pays n’est pas loin de subir le même sort si on le laisse à l’appréciation des définitions de nos critères obsolètes, posant là un problème de fiabilité et de crédibilité à nos structures.
Références :
1- http://www.imo-official.org (consulté le 17 juillet 2010)
2- http://www.djazairnews.info (Algérie News Week End N°8, semaine du Jeudi 15 au Mercredi 21 Octobre 2009).
3- http://www.echoroukonline.com (Edition du 6 juillet 2010)
4- http://www.elwatan.com (Edition du Vendredi du 9 juillet 2010)
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Article paru le Jeudi 22 Juillet 2010 dans le quotidien d'Oran:
- format html:http://www.lequotidien-oran.com/?news=5140905
- Format pdf: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/22072010.zip
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"L’âge de la plume est révolu, voici venu celui du football", Tewfik Elhakim.
Trouvez-vous normal qu’un pays qui s’enorgueillit de 61,23 % de réussite au baccalauréat 2010 se dérobe discrètement des Olympiades Internationales de Mathématiques (OIM) ? Ce taux qui n’était que de 45,05 % en 2009, soit une croissance de 35,92% en un quart de tour ! Si l’on suit l’argumentation évoquée par les officiels, le frôlement de la barre des 100% sera raccourci dans un peu de temps. L’histoire de ce fabuleux saut restera à jamais non élucidé. Les experts les plus avertis ne sauront nous livrer la recette géniale qui a été prêchée.
Notons qu’au Maroc, le taux de réussite n’a été que de 35,16% et de 34,76% l’année précédente. La Tunisie a obtenu un taux de 50,2%, soit le pourcentage le plus élevé depuis 2002. L’Algérie court à la vitesse du lièvre mais les tortues tunisienne et surtout marocaine nous jouent des tours au finish.
RECORD AU BAC MAIS ABSENCE AUX OIM !
Sentez-vous logique qu’un baccalauréat qui renferme dans cette nouvelle cuvée des mentions « Éloges » au nombre de 49 (cette mention a vu le jour pour la première fois l’année écoulée avec un seul lauréat), de 5227 mentions « Très Bien » et de 24 305 mentions « Bien », soit disparu soudainement avec un grand point d’interrogation des traces de ce prestigieux tournoi international ?
Nonobstant la filière « gestion et économie », c’est la filière « Mathématiques » qui a fourni la plus forte marge de réussite avec 69,64% générant ainsi 7488 bacheliers. J’ai beau cherché le nombre de mentions E, TB et B dans cette filière pour savoir si l’école algérienne est stérile à ce point pour ne pas enfanter 6 bons candidats à ces OIM. Quoiqu’il dispose du plus gros budget de l’état algérien, le site Internet du ministère de l’éducation sonne aux abonnés absents pour nous délivrer les détails de ses scores.
Existe-t-il un raisonnement valable pour expliquer cette défaillance au moment où on encense de toutes parts et à tous vents les étonnants bilans qui sont alloués à la nouvelle réforme ? Alors que nos élèves n’ont été examinés que sur un programme amputé du tiers en plus des sujets faciles de l’avis des syndicalistes du secteur et de nombreux observateurs.
On ne peut pas crier, sur les nuages surplombant le pays, de performance si nos compétences n’obéissent nullement aux exigences du niveau international. Comment pourrait-on justifier cette absence dans le concert mathématique des nations si ce n’est par méfiance d’essuyer un nouveau revers qui renvoie tout le monde à refaire ses classes ? On n’aime pas redoubler, on ne veut que le passage à l’étage supérieur. Les embouteillages font craindre le pire. Un échec que les responsables ne peuvent le gober, ni l’assumer. On n’est pas prêt d’oublier le cataclysme des OIM 2009. On n’ordonne que des applaudissements trompeurs à tout rompre et fermer l’œil sur toutes nos faiblesses.
Justement les OIM constituent un réel baromètre pour évaluer et apprécier toute réforme ainsi que l’estimation concrète du rendement de notre système éducatif. On ne peut parler de triomphe si l’on joue à huis clos loin des regards d’une expertise mondiale. Si nos candidats ne se frottent pas aux compétences extérieures, il subsistera toujours des doutes sur les résultats enregistrés intra-muros. Peut-être que la place de lanterne rouge aux OIM 2009 a-t-elle désemparé nos responsables en tempérant leurs ardeurs ? Ces derniers n’ont jusqu’à présent expliqué les raisons de cette politique de la table et de la chaise vides. Est-ce un abandon pur et simple et une démission en catimini qui se défend de dire son nom ? Personne ne le sait sauf peut-être ceux qui méditent encore sur le devenir de l’éducation du pays. Assister et rendre une copie vierge vaut mieux que de fuir, faire le vide autour de soi, se rendre invisible et s’acclamer tout seul. Dans le premier cas, on regarde nos lacunes en face, nos défauts sur un vrai miroir plan, pas sphérique, qui nous reflète la réalité. Dans le second, on entretient l’illusion de notre système. La simple raison possible est le niveau actuel que l’on évite de comparer au niveau international, le cacher par inquiétude de voir les statistiques officielles déroutées. Une fuite en avant qui ne se terminera que dans un gouffre.
A l’université, tout le monde souffre de l’incurie presque généralisée. Au campus, le produit arrive presque fini, façonné. On lui rajoute une dose de médiocrité par-ci, une touche de carence par-là. À la fin du parcours, il est maquillé et livré à lui-même. L’horreur sera découverte après la vente du produit. Mais ce sera malheureusement trop tard, il est déjà dans le circuit. Tous les remèdes ne suffisent pas car la maladie est au stade final. Au pire, il fallait apporter les soins au début de l’affection. Au mieux, il requérait de faire un bilan généralisé chaque année pour appréhender n’importe quelle contagion. Trop tard, le malade agonisant a commencé à transmettre son fatal virus à son environnement. Lorsqu’il se recycle dans l’enseignement, c’est l’effet de l’infernale cascade et du cercle viral.
HISTORIQUE DES OIM
Notons pour ceux qui ne sont pas novices en la matière, les OIM sont la concurrence de mathématiques de championnat du monde pour des étudiants de lycée et sont tenus annuellement dans un pays différent. Les premières OIM ont eu lieu en 1959 en Roumanie, avec la participation de 7 pays constitués du défunt bloc de l’est. Les OIM regroupent actuellement une centaine de pays des 5 continents. Le Comité consultatif d'OIM s'assure que les épreuves ont lieu tous les ans.
L’organisateur des tournois en l’occurrence l’OIM est une institution académique très considérée avec son drapeau, son hymne, son cérémonial et son organisation irréprochable à chaque olympiade.
Cette rencontre de la matière grise juvénile internationale en mathématiques du cru 2010 a vu la participation de 517 concurrents dont 470 garçons et 47 filles avec à la clé 47 médailles d’or, 104 d’argent, 115 de bronze et 160 mentions honorables comme récompenses aux jeunes prodiges de cette année. Les médailles d’or ont été raflées par le 26 premiers pays dont la République de Chine, avec une note de 197 points sur 252, a obtenu 6 médailles d’or pour ces 6 concurrents dont une fille.
LA VRAIE COMPÉTITION
Les élèves doivent avoir moins de 20 ans et ne pas avoir débuté leurs études supérieures. Pour chacun des participants, d’interminables et âpres éliminatoires internes sont organisées pour sélectionner les 6 candidats au maximum retenus afin de représenter et défendre de la meilleure façon les couleurs de leur pays. Chaque pays envoie son équipe avec un chef de délégation et un adjoint, ainsi que d’éventuels observateurs.
L’épreuve consiste à résoudre sur deux jours, en deux séances de 4 heures et demie, deux séries, chacune de trois exercices, ayant trait à la géométrie plane, à l’arithmétique, aux inégalités ou à l’analyse combinatoire.
Leur résolution fait plus appel au raisonnement qu’à la connaissance sophistiquée, les solutions sont souvent courtes et élégantes. À chaque exo est attribué un total de 7 points. Les médailles et mentions sont décernées à titre individuel, selon les scores des participants, sur les critères suivants : - le 1/12 des participants reçoit une médaille d’or ; -les 2/12, une médaille d’argent ; les -3/12, une médaille de bronze ; -enfin tout élève, qui ne reçoit aucune médaille mais qui obtient la note de 7/7 sur un exercice se verra accorder la mention honorable.
En toutes compétitions confondues (13 participations), l’Algérie, avec 62 candidats, possède un palmarès d’une médaille d’argent (1988), d’une médaille de bronze (1986) et de 2 mentions honorables (1983 et 1991). Depuis c’est la galère.
Par ailleurs, et à titre de comparaison, le gain du Maroc est de 3 médailles d’argent, de 29 médailles de bronze et de 48 mentions honorables pour 28 apparitions. Tandis que celui de la petite Tunisie est, s’il vous plaît, d’une médaille d’or, de 3 médailles d’argent, de 12 médailles de bronze et de 7 mentions honorables, le tout en 19 participations. On ne peut que rester sceptique vu les moyens matériels et les potentiels humains dont dispose le pays devant nos piètres résultats.
C’est pour cela que les bacheliers marocains, qui après avoir fréquenté et acquis leurs classes dans les écoles préparatoires de leur pays, sont très nombreux à postuler pour les prestigieuses grandes écoles d’ingénieurs en France telles que l’école polytechnique, arts et métiers, écoles normales, Télécom, l’école aéronautique de Toulouse, les écoles centrales, etc. Comme me l’a confirmé un ami enseignant dans une école préparatoire à Toulouse. Attendons pour voir si les écoles préparatoires algériennes ouvertes l’année dernière sont-elles capables de former des étudiants qui seraient aptes à aller loin à l’instar de leurs voisins collègues ?
Nous soulignons avec regret que les notes acquises par les 4 concurrents algériens aux OIM 2009 sont de 0/42, 0/42, 1/42 et 1/42 soit un total de 2 points sur 168. Ce qui donne beaucoup de matière à réfléchir sur le passif des 3 dernières décennies ainsi que la destinée actuelle de notre enseignement.
ÉDITION OIM 2010
Rappelons que la 51ième édition de cette année s’est déroulée à Astana, capitale du Kazakhstan, du 02 au 14 juillet 2010 avec 96 pays concurrents dont, comme il devenu ordinaire, nos voisins immédiats le Maroc et la Tunisie. Le Maroc s’est illustré cette année en progressant de 7 places passant à la 67ème place pourtant la compétition s’est restreinte de 8 pays par rapport à 2009. Notons que nos voisins de l’ouest n’ont raté aucune épreuve depuis 1983 ! Les marocains ne se sont abstenus que de 11 concours depuis 1981 alors l’Algérie qui était la première pionnière africaine, arabe et musulmane en 1977 lorsque la participation mondiale n’était que de 21 pays. Notre pays s’est dégringolé en ne concourant qu’à seulement 13 éditions.
Dans le pays, le pied remplace de pied levé la tête. La décadence n’est mesurée ces derniers temps qu’au nombre de participations à la coupe du monde de football. Tous les algériens savent par les statistiques le nombre de tournois finaux de foot auxquels l’Algérie a manqués. Mais le nombre des Olympiades de Mathématiques, on s’en fiche éperdument tant que les puits de pétrole ne se sont asséchés. On peut tout se permettre avec le baril, on paie, on n’utilise que les pieds et on laisse réfléchir les autres à notre place. On peut aussi exhiber sans aucun état d’âmes les taux de réussite les plus inimaginables et les bilans les plus fantaisistes.
De plus, les lauréats marocains ont obtenu à Astana 1 médaille de bronze et 3 mentions honorables. Remarquons que l’Arabie Saoudite, qui n’a commencé à adhérer qu’en 2004, occupe la même place ex-æquo avec 2 médailles de bronze et de 2 mentions honorables à son actif. Quant à la Tunisie, elle s’est placée à la 81ème place avec un palmarès d’une médaille d’argent et de 2 mentions honorables.
Sur le plan Africain, l’Afrique du Sud, première à l’échelle continentale, se classe à la 58ième place, confirmant le leadership de pays le plus prospère du continent noir. À la troisième place juste derrière le Maroc, vient la Côte d’Ivoire avec 5 élèves prétendants, pour son premier baptême de feu dans cette compétition, à la très honorable 69ème position en obtenant 54 points suivie par le 4ième le Nigeria pour sa 4ème participation depuis 2006 et qui pointe à la 84ème position avec une médaille de bronze après la Tunisie qui n’a délégué que 2 poulains.
Sûrement, si beaucoup de pays africains avaient les moyens de participer aux OIM, on aurait récolté beaucoup de surprises. Nos responsables vivent en vase clos. Ils n’ont de repères que les leurs, que leurs choix. Avec des élèves et des étudiants à moitié formés, doublés de résultats dopés, le pays est en danger permanent de reproduction. Il se régénère de manière singulière. On ignore comment sera l’avenir du pays avec des futurs cadres atrophiés.
COUPE DU MONDE DE FOOT SI, OIM AUSSI
C’est au moment où les yeux du pays étaient entièrement rivés vers le ballon rond en Afrique du Sud, les grandes nations de ce monde n’ont pas omis de réfléchir et de s’affronter à coups d’équations et de formules mathématiques. Des 32 pays qualifiés à la phase finale de la coupe du monde, seuls l’Algérie, l’Uruguay, le Chili, le Ghana et le Cameroun n’étaient pas au rendez-vous de ces olympiades. L’Uruguay est un cas particulier. Si ce petit pays, d’à peine 3 millions 400000 âmes (moins du 10ième du nôtre), ne s’est pas engagé, ce n’est aucunement par défaut du niveau requis. Il n’a raté que 2 épreuves depuis 1997 avec des résultats loin du ridicule pour un si minuscule pays en ressources humaines. Idem pour le Chili qui a loupé sa 4ième participation consécutive depuis 2007 malgré ses antécédents résultats encourageants. Il faut donc chercher ailleurs l’absence de ces pays lointains de l’Amérique Latine. Tandis que le Ghana et le Cameroun, ils n’ont jamais été des adeptes de ces olympiades de mathématiques.
DES FRUITS LOGIQUES
On discerne dans le classement de cette année comme à leur habitude les 3 plus grandes puissances mondiales sur le podium avec dans l’ordre, la République de Chine, La Fédération de Russie et les États Unis d’Amériques, indétrônables du podium depuis belle lurette. La République de Corée rate d’un cheveu de troubler le trio de tête. Le fait que le Kazakhtan soit porté à la 5ième place prouve que le pays organisateur s’est préparé de manière très sérieuse à cet examen très prometteur pour booster davantage son avenir scientifique.
Au niveau des pays musulmans, la Turquie a acquis de la notoriété dans l’adversité de ces épreuves. Les descendants des Ottomans sont parmi les tous premiers, exactement au 8ème rang devant les plus grands pays industrialisés, l’Allemagne, l’Italie ou encore le Canada. La Turquie confirme et conforte ainsi sa même position durant ces 3 dernières années. Il est assez clair que la Turquie continue de subir l’exclusion de son entrée dans l’Union Européenne pour des questions qui n’ont rien à voir avec ses potentialités économiques.
L’Iran avec son formidable potentiel se maintient à la 16 place malgré un environnement occidental hostile à son développement et à son rayonnement. Le pays d’Ahmadinejad se permet le luxe de devancer le Royaume-Uni et la France ainsi que des pays émergeants tels que le Brésil et l’Inde.
Par ailleurs, chez nous, on a préféré privilégier l’envoi de personnes avec des séjours aux frais de la princesse à de nombreuses « personnalités » en Afrique du Sud que de s’occuper à dépêcher des petits cerveaux se jauger aux meilleurs mathématiciens du futur. Notons que la Chine en premier lieu domine déjà depuis plusieurs années d’affilée ce concours international. Ce n’est point un fruit du hasard, dû aux pétrodollars ni à une quelconque rente, si ce pays présente depuis longtemps le plus fort taux de la croissance économique mondiale. La jonction entre les mathématiques et l’économie est évidente.
Il faut signaler le bon point du Kuweit qui malgré s’être classé en queue du peloton, continue à participer pour que son niveau, confronté au palpable, soit évalué en permanence.
SEULES, LES INFRASTRUCTURES NE SUFFISENT PAS
L’état de santé de notre système éducatif ne se mesure pas par le nombre d’infrastructures réalisées mais par le nombre d’élèves par classe à l’école et par le nombre d’étudiants pour un enseignant de rang magistral à l’université. On ne peut évoluer comme on l’est actuellement avec des classes bondées jusqu’à ras de bords et des campus où un étudiant met plusieurs heures à faire la chaîne pour prendre un maigre repas. Loin des normes internationales, on ne peut pas parler que de miracles surnaturels lorsqu’on évoque les taux de réussite surestimés un peu partout dans le pays et dans un environnement presque monolingue. Tant qu’on ne soumet notre système à des évaluations internationales, on peut annoncer à tout va ce qu’on désire mais notre influence ne dépassera pas les limites du portail de l’école. Hors de nos frontières, on devient aphones. C’est comme si on lance un mensonge et on le croirait ensuite à force de monologues.
LES ENSEIGNANTS, CES PARENTS PAUVRES
Tel qu’il est préconisé, le système éducatif ne peut compter sur les facultés d’un enseignant presque affamé, sous alimenté, ne pouvant subvenir à ses besoins moraux et matériels. Un enseignant dont la tête tourne autour de son ventre creux et la tête vidée, ne peut donner le meilleur de lui-même. Il a l’impression de faire une corvée alors qu’il est supposé être le centre de gravité de toute la pédagogie du système. Un enseignant qui préfère préparer le plus sérieusement ses cours particuliers du soir que ses cours officiels du jour ne peut assumer pleinement son rôle central et primordial.
Quoique les sujets du BAC aient été souples, les résultats sont beaucoup plus imputables aux cours dispensés dans l’ombre de l’école publique. Nos enseignants sont devenus des Mister Hyde le jour et des Docteurs Jekyl le soir. C’est toute la différence entre l’ombre et la lumière. Le jour, ils sont ko debout et le soir on retrouve le vrai enseignant qui ne s’en lasse pas d’explications à ses fortunés. Il n’en abuse pas. Il a juste compris comment fonctionne le système comme dans les secteurs tels que la santé, etc... Le public, c’est pour dénicher, localiser sa proie qui devient, le soir venu, sa propriété privée, son bien particulier, son oxygène et la source de ses revenus. Il n’est mentionné nulle part de l’apport des cours complémentaires dans les bilans officiels pourtant c’est l’ombre qui plane sur tous les résultats. Ils existent mais ils sont imperceptibles. C’est un tabou que d’évoquer ce phénomène qui court dans toutes les veines et prend de l’ampleur d’année en année. C’est l’inconnu à plusieurs variables. Personne ne détient la solution. Elle se trouve aux mains des décideurs. C’est l’enfant illégitime de notre système éducatif.
Si notre pays veut acquérir le développement, il ne doit pas fuir la concurrence et la compétition. Notre travail n’aura aucune notion, aucun repère s’il n’est pas identifié par des paramètres de normes internationales.
Avons-nous acquis la phobie de l’ouverture sur le monde extérieur en prônant le renfermement et le repli sur nous-mêmes ? À tel point qu’une note bureaucratique du ministère de l’enseignement supérieur impose désormais une autorisation de sortie aux enseignants-chercheurs pour assister aux conférences et séminaires scientifiques internationaux ? Un faux-pas scientifique de plus.
Retenons la leçon des années 90 lorsque l’économie du pays n’avait de jalons que ses propres labels. Nous nous sommes accourus presque en faillite et en catastrophe vers le FMI pour le supplier à venir à notre chevet. Il était notre roi absolu pendant plusieurs années. Rien ne décidait sans son accord. Il est devenu par la force des choses et par notre entêtement un des décideurs du pays sinon le plus important. Le pays a suivi amèrement les conditions draconiennes imposées de notre propre gré avec les conséquences désastreuses subies et dont on n’a pas encore fini à payer le lourd tribu et à régler la sale note qui ne nous a pas encore complètement lâchée.
Le système éducatif du pays n’est pas loin de subir le même sort si on le laisse à l’appréciation des définitions de nos critères obsolètes, posant là un problème de fiabilité et de crédibilité à nos structures.
Références :
1- http://www.imo-official.org (consulté le 17 juillet 2010)
2- http://www.djazairnews.info (Algérie News Week End N°8, semaine du Jeudi 15 au Mercredi 21 Octobre 2009).
3- http://www.echoroukonline.com (Edition du 6 juillet 2010)
4- http://www.elwatan.com (Edition du Vendredi du 9 juillet 2010)
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