mercredi 28 juillet 2010

Une HARGA touristique

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Article paru sur le Quotidien d'Oran du 29 juillet 2010 sous le lien:

en html: http://www.lequotidien-oran.com/?news=5141173
en pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/29072010.zip

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Un gros titre révélateur sur la première page d’un journal national avait attiré mon attention le Week End dernier. Il s’agissait de la Une du quotidien national d’El-Khabar du Jeudi 22 juillet 2010 qui annonçait qu’une chaîne quotidienne de voitures immatriculées en Algérie se formait sur de deux longs kilomètres aux portes de la Tunisie pour aller passer quelques jours de vacances en famille. Cette ruée est un véritable rush ressemblant à une fugue de quelques jours pour échapper à notre amer quotidien vacancier. Ça ressemble à une autre Harga d’une autre forme, une Harga touristique en quelque sorte. Chaque été, c’est le même scénario et la même reproduction auxquels on assiste du côté de nos frontières sans que cela puisse susciter de moindres réactions des autorités concernées, ne serait-ce qu’une éphémère inquiétude par rapport à ces flots humains incessants qui se déversent chez nos frères de l’est. Le sursaut d’orgueil ne semble pas effleurer les esprits.

À SENS UNIQUE
Certes, on ne peut retenir contre leur propre gré des compatriotes qui recherchent d’aller voir ailleurs ce qu’ils ne trouvent chez eux vu l’état lamentable dans lequel se présentent nos structures d’accueil mais au moins faire en sorte d’amortir un tant soit peu ce fait que l’on peut qualifier de dommage qui nuit fortement à l’image de marque du pays tout entier.

Qu’est ce qu’il y a de plus que chez nous en Tunisie ? Des hôtels propres à coûts bas dans un pays propre, des attractions touristiques qui ne sortent pas de l’ordinaire mais mises intelligemment en valeur. Et des tunisiens tous sourires loin de nos mauvaises sautes d’humeur. Vous laissez ouverte votre voiture stationnée dans une ruelle, sans gardien, toute la nuit dehors sans qu’elle soit dévalisée dans la minute qui suit. Il est flagrant que l’on ne possède pas encore la culture pour recevoir convenablement les visiteurs. Vous n’êtes pas le plus souvent accostés par des hordes qui vous font payer une place dans un parking sauvage ou au sein d’une plage squattée. C’est là toute la différence entre ce pays et le nôtre. Ce n’est pas sorcier ce qu’ils font mais ça fait remplir les caisses de leur trésor public à coups de milliards de dollars. Je n’ai jamais visité ce pays mais c’est ce qui ressort de la bouche des revenants. Nous vivons dans un pays merveilleux mais dont la gestion est tout sauf moderne. Par notre « Taghnanet » et notre « Tghandif » légendaires, notre indifférence panachée à notre insouciance, nous l’avons défiguré au sens vrai du terme.

Si le mouvement se faisait dans les deux sens, on aurait parlé d’échanges mais il est malheureusement et constamment à sens unique. On serait tenté d’évoquer des circonstances atténuantes si le pays ne possédait pas les moyens nécessaires et la capacité budgétaire pour endiguer ce phénomène. Ce n’est apparemment pas une question d’argent mais un laisser aller flagrant des gestionnaires directs et collatéraux de tous les secteurs. C’est aussi une question d’amour du pays que l’on n’exprime guère sauf durant les succès en foot. La volonté humaine fait sensiblement défaut.

Mais là ! Un petit pays qui absorbe presque complètement un grand pays voisin ne se voit nulle part ailleurs. Un grand bravo pour ce pays qui mise énormément sur les capacités d’attirance de nos concitoyens. Tous ses acteurs travaillent pour l’amélioration des antécédents succès. L’Algérie est une bouffée d’oxygène pour ce pays qui ne ménage aucun effort pour nous accueillir dans de très bonnes conditions et en se sentant, touristiquement parlant, mieux que chez nous.

A-t-on noté une seule fois, depuis que l’Algérie ait son drapeau, la présence en nombre équivalent de touristes tunisiens ou marocains en Algérie si ce ne sont pas des travailleurs clandestins, des trafiquants de tous genres ou en transit forcé ? Contrairement aux Algériens qui continuent de sillonner en long et en large ces deux pays voisins sans autant le faire pour leur propre pays. Il serait intéressant pour les responsables de faire une petite halte et de dresser un bilan dont la balance est excessivement déficitaire. Existe-t-il des jaloux pour leur pays dans cet immense pays ?

LES ÉQUIPES DE FOOT SONT DE LA PARTIE
Le même état est mentionné à chaque intersaison des équipes sportives. Dès les trêves hivernale ou estivale, nos clubs de foot enjambent le pas en s’évadant aux extrêmes, à l’est ou à l’ouest, pour préparer la reprise ou la saison footballistique du championnat qui s’annonce. Le paradoxe, c’est qu’on n’a jamais vu depuis l’indépendance une équipe marocaine ou tunisienne venir accomplir de tels séjours chez nous sauf dans le cadre des compétitions officielles. La station tunisienne de Ain Draham où nos équipes se relaient à longueur d’années, est devenue l’attraction favorite, faisant l’impasse sur Seraidi, Ain Turk ou Tikdjda. Sans les algériens, ce centre sportif de la verte Tunisie aurait à coup sûr baissé ses rideaux depuis longtemps. Heureusement pour eux que les différentes équipes du pays, même celles de division 2, sont là pour renflouer les caisses en leur évitant la crise financière. De même pour la ville d’Ifrane la marocaine qui demeure parmi les premières au hit-parade des clubs algériens.

UN SPOT LOIN DE LA RÉALITÉ
Là où le ridicule tue, c’est ce spot publicitaire lancé par la TV nationale qui incite la communauté algérienne établie à l’étranger à venir passer leurs congés en Algérie ! Et de l’autre côté, on lit sur les journaux que les autochtones décampent justement du pays à cause justement de ces situations désastreuses à des années lumières des normes exigées.

Cette bande annonce promotionnelle me rappelle l’appel folklorique aux compétences algériennes extérieures face à des compétences internes totalement abandonnées à leur sort et la surdité des pouvoirs publics face à leurs revendications socio-professionnelles insatisfaites depuis la nuit des temps.

Il requérait au moins de séduire le nombre sans cesse croissant des résidants d’Algérie qui s’échappe à Hammamet, Nabeul ou Sousse. Mis à part quelques très rares établissements qui proposent des pratiques s’approchant légèrement des règles mais hors de prix pour les bourses moyennes comparativement à ceux de nos voisins tunisiens. En plus, on présente à la télévision une image presque virtuelle de nos plages et de nos hôtels. La réalité est tout autre. Avant de procéder à une telle publicité cocasse, on devrait songer à enlever les immondices qui s’entassent inlassablement dans nos villes et au sein de nos plages pour se consacrer ensuite à ce type de folies. Le « bouche-à-oreille » ferait naturellement son effet au sein de notre communauté extérieure. L’image se vendrait d’elle-même et n’aurait besoin d’aucune réclame. L’Algérie dispose en son émigration un véritable potentiel touristique mais hélas très mal exploité contrairement à ceux de nos voisins. Le calvaire à l’aller comme au retour.
A-t-on vu chez nous une publicité vantant les charmes de la belle Tunisie ? Pourtant nos compatriotes ont en fait leur première destination préférentielle et sont ainsi la première source des revenus du tourisme tunisien avec 1 million 200000 touristes chaque année à faire le grand saut. Ces derniers font le forcing pour les attirer même durant le mois sacré afin de combler l’éventuel manque à gagner. Pendant ce temps, nos structures, en plus de la mauvaise qualité criarde, affichent des prix exorbitants à faire chasser les plus décidés. Une nuit dans un piteux hôtel vous allègera brutalement de votre budget familial.

BAVARO, LE RÊVE À BAS PRIX
Occupé à méditer sur la calamité de la chose, je suis réanimé, deux jours après, par ce mail édifiant à plus d’un titre reçu d’un ami, vivant dans un pays européen qui au lieu de venir en famille au bled comme chaque année, a préféré cette fois-ci tenter l’aventure dans une île de rêve de l’Amérique centrale en l’occurrence la République Dominicaine.
Alors je vous laisse le soin de dévoiler avec sa permission ce message qui m’a laissé pantois en déchiffrant ses propos : « c'est à Punta cana, exactement à Bavaro qu’on a pris ces photos. C'est vrai que c'est un pays paradisiaque et il y a réellement un tourisme familial; le paradoxe est que ça nous a coûté moins cher que le voyage en Algérie……Je me suis rendu compte, sur place, que de notre vivant l'Algérie ne sera jamais un pays touristique, notre pays a au moins un siècle de retard, je ne parle pas d'infrastructure mais aussi de l'élément humain. Je te souhaite vivement un voyage dans ce pays. à bientôt….. ».
Un message sceptique qui en dit long sur notre décalage. Déjà en me souhaitant un voyage dans ce pays relèvera sincèrement de l’imaginaire. Probablement, c’est possible grâce aux nouvelles technologies mais concrètement tout parait incroyable à partir du pays en raison du niveau de vie déplorable d’un enseignant chercheur qui ne peut se permettre de passer un agréable repos même en sa demeure.

TOUJOURS, TOUJOURS LA SALETÉ
Vu le monopole exercé, le prix d’un aller retour Paris-Alger par les airs pour toute la famille vaut la tête des yeux. Les avions charters et les prix soldés de séjours sont bannis de notre vocabulaire. Et pourtant mon ami ne passait ses vacances au pays ni dans un hôtel zéro étoile ni dans une luxueuse enseigne ni encore moins aller prendre ses repas dans des restaurants huppés. Il les passe le plus normalement du monde chez les siens en se baignant dans nos plages qui ne vous donnent plus l’envie d’y revenir en raison de la saleté exubérante de notre décor qui vous fait déguerpir si ce n’est l’appel du cœur du bled.

Dans les stations balnéaires, nous sommes à tout instant agressés par ces bandes qui se sont accaparées les espaces publics au vu et au su des autorités complètement dépassées. La plage est payante de force malgré la loi en vigueur. Des hommes armés de gourdins, munis de sifflets et habillés en tenues quasi-officielles font office de propriétaires des lieux, balisés de leurs propres plaques dans un milieu environnemental des plus répugnants. Pendant ce temps, la Tunisie se gargarise de cette aubaine tombée du ciel en attirant de plus en plus d’adeptes qui ne s’en lassent pas d’y retourner à chaque occasion, voire durant les vacances d’hiver ou de printemps.
Notre voisin en profite ainsi allègrement de la gestion touristique catastrophique du pays comme d’autres pays en exploitent nos tares et nos errements dans tous les autres domaines.

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jeudi 22 juillet 2010

Entre les Olympiades de Maths et la cuvée du Bac 2010

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Article paru le Jeudi 22 Juillet 2010 dans le quotidien d'Oran:
- format html:http://www.lequotidien-oran.com/?news=5140905
- Format pdf: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/22072010.zip

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"L’âge de la plume est révolu, voici venu celui du football", Tewfik Elhakim.


Trouvez-vous normal qu’un pays qui s’enorgueillit de 61,23 % de réussite au baccalauréat 2010 se dérobe discrètement des Olympiades Internationales de Mathématiques (OIM) ? Ce taux qui n’était que de 45,05 % en 2009, soit une croissance de 35,92% en un quart de tour ! Si l’on suit l’argumentation évoquée par les officiels, le frôlement de la barre des 100% sera raccourci dans un peu de temps. L’histoire de ce fabuleux saut restera à jamais non élucidé. Les experts les plus avertis ne sauront nous livrer la recette géniale qui a été prêchée.
Notons qu’au Maroc, le taux de réussite n’a été que de 35,16% et de 34,76% l’année précédente. La Tunisie a obtenu un taux de 50,2%, soit le pourcentage le plus élevé depuis 2002. L’Algérie court à la vitesse du lièvre mais les tortues tunisienne et surtout marocaine nous jouent des tours au finish.

RECORD AU BAC MAIS ABSENCE AUX OIM !
Sentez-vous logique qu’un baccalauréat qui renferme dans cette nouvelle cuvée des mentions « Éloges » au nombre de 49 (cette mention a vu le jour pour la première fois l’année écoulée avec un seul lauréat), de 5227 mentions « Très Bien » et de 24 305 mentions « Bien », soit disparu soudainement avec un grand point d’interrogation des traces de ce prestigieux tournoi international ?
Nonobstant la filière « gestion et économie », c’est la filière « Mathématiques » qui a fourni la plus forte marge de réussite avec 69,64% générant ainsi 7488 bacheliers. J’ai beau cherché le nombre de mentions E, TB et B dans cette filière pour savoir si l’école algérienne est stérile à ce point pour ne pas enfanter 6 bons candidats à ces OIM. Quoiqu’il dispose du plus gros budget de l’état algérien, le site Internet du ministère de l’éducation sonne aux abonnés absents pour nous délivrer les détails de ses scores.

Existe-t-il un raisonnement valable pour expliquer cette défaillance au moment où on encense de toutes parts et à tous vents les étonnants bilans qui sont alloués à la nouvelle réforme ? Alors que nos élèves n’ont été examinés que sur un programme amputé du tiers en plus des sujets faciles de l’avis des syndicalistes du secteur et de nombreux observateurs.
On ne peut pas crier, sur les nuages surplombant le pays, de performance si nos compétences n’obéissent nullement aux exigences du niveau international. Comment pourrait-on justifier cette absence dans le concert mathématique des nations si ce n’est par méfiance d’essuyer un nouveau revers qui renvoie tout le monde à refaire ses classes ? On n’aime pas redoubler, on ne veut que le passage à l’étage supérieur. Les embouteillages font craindre le pire. Un échec que les responsables ne peuvent le gober, ni l’assumer. On n’est pas prêt d’oublier le cataclysme des OIM 2009. On n’ordonne que des applaudissements trompeurs à tout rompre et fermer l’œil sur toutes nos faiblesses.
Justement les OIM constituent un réel baromètre pour évaluer et apprécier toute réforme ainsi que l’estimation concrète du rendement de notre système éducatif. On ne peut parler de triomphe si l’on joue à huis clos loin des regards d’une expertise mondiale. Si nos candidats ne se frottent pas aux compétences extérieures, il subsistera toujours des doutes sur les résultats enregistrés intra-muros. Peut-être que la place de lanterne rouge aux OIM 2009 a-t-elle désemparé nos responsables en tempérant leurs ardeurs ? Ces derniers n’ont jusqu’à présent expliqué les raisons de cette politique de la table et de la chaise vides. Est-ce un abandon pur et simple et une démission en catimini qui se défend de dire son nom ? Personne ne le sait sauf peut-être ceux qui méditent encore sur le devenir de l’éducation du pays. Assister et rendre une copie vierge vaut mieux que de fuir, faire le vide autour de soi, se rendre invisible et s’acclamer tout seul. Dans le premier cas, on regarde nos lacunes en face, nos défauts sur un vrai miroir plan, pas sphérique, qui nous reflète la réalité. Dans le second, on entretient l’illusion de notre système. La simple raison possible est le niveau actuel que l’on évite de comparer au niveau international, le cacher par inquiétude de voir les statistiques officielles déroutées. Une fuite en avant qui ne se terminera que dans un gouffre.
A l’université, tout le monde souffre de l’incurie presque généralisée. Au campus, le produit arrive presque fini, façonné. On lui rajoute une dose de médiocrité par-ci, une touche de carence par-là. À la fin du parcours, il est maquillé et livré à lui-même. L’horreur sera découverte après la vente du produit. Mais ce sera malheureusement trop tard, il est déjà dans le circuit. Tous les remèdes ne suffisent pas car la maladie est au stade final. Au pire, il fallait apporter les soins au début de l’affection. Au mieux, il requérait de faire un bilan généralisé chaque année pour appréhender n’importe quelle contagion. Trop tard, le malade agonisant a commencé à transmettre son fatal virus à son environnement. Lorsqu’il se recycle dans l’enseignement, c’est l’effet de l’infernale cascade et du cercle viral.

HISTORIQUE DES OIM
Notons pour ceux qui ne sont pas novices en la matière, les OIM sont la concurrence de mathématiques de championnat du monde pour des étudiants de lycée et sont tenus annuellement dans un pays différent. Les premières OIM ont eu lieu en 1959 en Roumanie, avec la participation de 7 pays constitués du défunt bloc de l’est. Les OIM regroupent actuellement une centaine de pays des 5 continents. Le Comité consultatif d'OIM s'assure que les épreuves ont lieu tous les ans.
L’organisateur des tournois en l’occurrence l’OIM est une institution académique très considérée avec son drapeau, son hymne, son cérémonial et son organisation irréprochable à chaque olympiade.
Cette rencontre de la matière grise juvénile internationale en mathématiques du cru 2010 a vu la participation de 517 concurrents dont 470 garçons et 47 filles avec à la clé 47 médailles d’or, 104 d’argent, 115 de bronze et 160 mentions honorables comme récompenses aux jeunes prodiges de cette année. Les médailles d’or ont été raflées par le 26 premiers pays dont la République de Chine, avec une note de 197 points sur 252, a obtenu 6 médailles d’or pour ces 6 concurrents dont une fille.

LA VRAIE COMPÉTITION
Les élèves doivent avoir moins de 20 ans et ne pas avoir débuté leurs études supérieures. Pour chacun des participants, d’interminables et âpres éliminatoires internes sont organisées pour sélectionner les 6 candidats au maximum retenus afin de représenter et défendre de la meilleure façon les couleurs de leur pays. Chaque pays envoie son équipe avec un chef de délégation et un adjoint, ainsi que d’éventuels observateurs.
L’épreuve consiste à résoudre sur deux jours, en deux séances de 4 heures et demie, deux séries, chacune de trois exercices, ayant trait à la géométrie plane, à l’arithmétique, aux inégalités ou à l’analyse combinatoire.
Leur résolution fait plus appel au raisonnement qu’à la connaissance sophistiquée, les solutions sont souvent courtes et élégantes. À chaque exo est attribué un total de 7 points. Les médailles et mentions sont décernées à titre individuel, selon les scores des participants, sur les critères suivants : - le 1/12 des participants reçoit une médaille d’or ; -les 2/12, une médaille d’argent ; les -3/12, une médaille de bronze ; -enfin tout élève, qui ne reçoit aucune médaille mais qui obtient la note de 7/7 sur un exercice se verra accorder la mention honorable.
En toutes compétitions confondues (13 participations), l’Algérie, avec 62 candidats, possède un palmarès d’une médaille d’argent (1988), d’une médaille de bronze (1986) et de 2 mentions honorables (1983 et 1991). Depuis c’est la galère.
Par ailleurs, et à titre de comparaison, le gain du Maroc est de 3 médailles d’argent, de 29 médailles de bronze et de 48 mentions honorables pour 28 apparitions. Tandis que celui de la petite Tunisie est, s’il vous plaît, d’une médaille d’or, de 3 médailles d’argent, de 12 médailles de bronze et de 7 mentions honorables, le tout en 19 participations. On ne peut que rester sceptique vu les moyens matériels et les potentiels humains dont dispose le pays devant nos piètres résultats.
C’est pour cela que les bacheliers marocains, qui après avoir fréquenté et acquis leurs classes dans les écoles préparatoires de leur pays, sont très nombreux à postuler pour les prestigieuses grandes écoles d’ingénieurs en France telles que l’école polytechnique, arts et métiers, écoles normales, Télécom, l’école aéronautique de Toulouse, les écoles centrales, etc. Comme me l’a confirmé un ami enseignant dans une école préparatoire à Toulouse. Attendons pour voir si les écoles préparatoires algériennes ouvertes l’année dernière sont-elles capables de former des étudiants qui seraient aptes à aller loin à l’instar de leurs voisins collègues ?
Nous soulignons avec regret que les notes acquises par les 4 concurrents algériens aux OIM 2009 sont de 0/42, 0/42, 1/42 et 1/42 soit un total de 2 points sur 168. Ce qui donne beaucoup de matière à réfléchir sur le passif des 3 dernières décennies ainsi que la destinée actuelle de notre enseignement.

ÉDITION OIM 2010
Rappelons que la 51ième édition de cette année s’est déroulée à Astana, capitale du Kazakhstan, du 02 au 14 juillet 2010 avec 96 pays concurrents dont, comme il devenu ordinaire, nos voisins immédiats le Maroc et la Tunisie. Le Maroc s’est illustré cette année en progressant de 7 places passant à la 67ème place pourtant la compétition s’est restreinte de 8 pays par rapport à 2009. Notons que nos voisins de l’ouest n’ont raté aucune épreuve depuis 1983 ! Les marocains ne se sont abstenus que de 11 concours depuis 1981 alors l’Algérie qui était la première pionnière africaine, arabe et musulmane en 1977 lorsque la participation mondiale n’était que de 21 pays. Notre pays s’est dégringolé en ne concourant qu’à seulement 13 éditions.
Dans le pays, le pied remplace de pied levé la tête. La décadence n’est mesurée ces derniers temps qu’au nombre de participations à la coupe du monde de football. Tous les algériens savent par les statistiques le nombre de tournois finaux de foot auxquels l’Algérie a manqués. Mais le nombre des Olympiades de Mathématiques, on s’en fiche éperdument tant que les puits de pétrole ne se sont asséchés. On peut tout se permettre avec le baril, on paie, on n’utilise que les pieds et on laisse réfléchir les autres à notre place. On peut aussi exhiber sans aucun état d’âmes les taux de réussite les plus inimaginables et les bilans les plus fantaisistes.

De plus, les lauréats marocains ont obtenu à Astana 1 médaille de bronze et 3 mentions honorables. Remarquons que l’Arabie Saoudite, qui n’a commencé à adhérer qu’en 2004, occupe la même place ex-æquo avec 2 médailles de bronze et de 2 mentions honorables à son actif. Quant à la Tunisie, elle s’est placée à la 81ème place avec un palmarès d’une médaille d’argent et de 2 mentions honorables.
Sur le plan Africain, l’Afrique du Sud, première à l’échelle continentale, se classe à la 58ième place, confirmant le leadership de pays le plus prospère du continent noir. À la troisième place juste derrière le Maroc, vient la Côte d’Ivoire avec 5 élèves prétendants, pour son premier baptême de feu dans cette compétition, à la très honorable 69ème position en obtenant 54 points suivie par le 4ième le Nigeria pour sa 4ème participation depuis 2006 et qui pointe à la 84ème position avec une médaille de bronze après la Tunisie qui n’a délégué que 2 poulains.
Sûrement, si beaucoup de pays africains avaient les moyens de participer aux OIM, on aurait récolté beaucoup de surprises. Nos responsables vivent en vase clos. Ils n’ont de repères que les leurs, que leurs choix. Avec des élèves et des étudiants à moitié formés, doublés de résultats dopés, le pays est en danger permanent de reproduction. Il se régénère de manière singulière. On ignore comment sera l’avenir du pays avec des futurs cadres atrophiés.

COUPE DU MONDE DE FOOT SI, OIM AUSSI
C’est au moment où les yeux du pays étaient entièrement rivés vers le ballon rond en Afrique du Sud, les grandes nations de ce monde n’ont pas omis de réfléchir et de s’affronter à coups d’équations et de formules mathématiques. Des 32 pays qualifiés à la phase finale de la coupe du monde, seuls l’Algérie, l’Uruguay, le Chili, le Ghana et le Cameroun n’étaient pas au rendez-vous de ces olympiades. L’Uruguay est un cas particulier. Si ce petit pays, d’à peine 3 millions 400000 âmes (moins du 10ième du nôtre), ne s’est pas engagé, ce n’est aucunement par défaut du niveau requis. Il n’a raté que 2 épreuves depuis 1997 avec des résultats loin du ridicule pour un si minuscule pays en ressources humaines. Idem pour le Chili qui a loupé sa 4ième participation consécutive depuis 2007 malgré ses antécédents résultats encourageants. Il faut donc chercher ailleurs l’absence de ces pays lointains de l’Amérique Latine. Tandis que le Ghana et le Cameroun, ils n’ont jamais été des adeptes de ces olympiades de mathématiques.

DES FRUITS LOGIQUES
On discerne dans le classement de cette année comme à leur habitude les 3 plus grandes puissances mondiales sur le podium avec dans l’ordre, la République de Chine, La Fédération de Russie et les États Unis d’Amériques, indétrônables du podium depuis belle lurette. La République de Corée rate d’un cheveu de troubler le trio de tête. Le fait que le Kazakhtan soit porté à la 5ième place prouve que le pays organisateur s’est préparé de manière très sérieuse à cet examen très prometteur pour booster davantage son avenir scientifique.
Au niveau des pays musulmans, la Turquie a acquis de la notoriété dans l’adversité de ces épreuves. Les descendants des Ottomans sont parmi les tous premiers, exactement au 8ème rang devant les plus grands pays industrialisés, l’Allemagne, l’Italie ou encore le Canada. La Turquie confirme et conforte ainsi sa même position durant ces 3 dernières années. Il est assez clair que la Turquie continue de subir l’exclusion de son entrée dans l’Union Européenne pour des questions qui n’ont rien à voir avec ses potentialités économiques.
L’Iran avec son formidable potentiel se maintient à la 16 place malgré un environnement occidental hostile à son développement et à son rayonnement. Le pays d’Ahmadinejad se permet le luxe de devancer le Royaume-Uni et la France ainsi que des pays émergeants tels que le Brésil et l’Inde.

Par ailleurs, chez nous, on a préféré privilégier l’envoi de personnes avec des séjours aux frais de la princesse à de nombreuses « personnalités » en Afrique du Sud que de s’occuper à dépêcher des petits cerveaux se jauger aux meilleurs mathématiciens du futur. Notons que la Chine en premier lieu domine déjà depuis plusieurs années d’affilée ce concours international. Ce n’est point un fruit du hasard, dû aux pétrodollars ni à une quelconque rente, si ce pays présente depuis longtemps le plus fort taux de la croissance économique mondiale. La jonction entre les mathématiques et l’économie est évidente.
Il faut signaler le bon point du Kuweit qui malgré s’être classé en queue du peloton, continue à participer pour que son niveau, confronté au palpable, soit évalué en permanence.

SEULES, LES INFRASTRUCTURES NE SUFFISENT PAS
L’état de santé de notre système éducatif ne se mesure pas par le nombre d’infrastructures réalisées mais par le nombre d’élèves par classe à l’école et par le nombre d’étudiants pour un enseignant de rang magistral à l’université. On ne peut évoluer comme on l’est actuellement avec des classes bondées jusqu’à ras de bords et des campus où un étudiant met plusieurs heures à faire la chaîne pour prendre un maigre repas. Loin des normes internationales, on ne peut pas parler que de miracles surnaturels lorsqu’on évoque les taux de réussite surestimés un peu partout dans le pays et dans un environnement presque monolingue. Tant qu’on ne soumet notre système à des évaluations internationales, on peut annoncer à tout va ce qu’on désire mais notre influence ne dépassera pas les limites du portail de l’école. Hors de nos frontières, on devient aphones. C’est comme si on lance un mensonge et on le croirait ensuite à force de monologues.

LES ENSEIGNANTS, CES PARENTS PAUVRES
Tel qu’il est préconisé, le système éducatif ne peut compter sur les facultés d’un enseignant presque affamé, sous alimenté, ne pouvant subvenir à ses besoins moraux et matériels. Un enseignant dont la tête tourne autour de son ventre creux et la tête vidée, ne peut donner le meilleur de lui-même. Il a l’impression de faire une corvée alors qu’il est supposé être le centre de gravité de toute la pédagogie du système. Un enseignant qui préfère préparer le plus sérieusement ses cours particuliers du soir que ses cours officiels du jour ne peut assumer pleinement son rôle central et primordial.
Quoique les sujets du BAC aient été souples, les résultats sont beaucoup plus imputables aux cours dispensés dans l’ombre de l’école publique. Nos enseignants sont devenus des Mister Hyde le jour et des Docteurs Jekyl le soir. C’est toute la différence entre l’ombre et la lumière. Le jour, ils sont ko debout et le soir on retrouve le vrai enseignant qui ne s’en lasse pas d’explications à ses fortunés. Il n’en abuse pas. Il a juste compris comment fonctionne le système comme dans les secteurs tels que la santé, etc... Le public, c’est pour dénicher, localiser sa proie qui devient, le soir venu, sa propriété privée, son bien particulier, son oxygène et la source de ses revenus. Il n’est mentionné nulle part de l’apport des cours complémentaires dans les bilans officiels pourtant c’est l’ombre qui plane sur tous les résultats. Ils existent mais ils sont imperceptibles. C’est un tabou que d’évoquer ce phénomène qui court dans toutes les veines et prend de l’ampleur d’année en année. C’est l’inconnu à plusieurs variables. Personne ne détient la solution. Elle se trouve aux mains des décideurs. C’est l’enfant illégitime de notre système éducatif.

Si notre pays veut acquérir le développement, il ne doit pas fuir la concurrence et la compétition. Notre travail n’aura aucune notion, aucun repère s’il n’est pas identifié par des paramètres de normes internationales.
Avons-nous acquis la phobie de l’ouverture sur le monde extérieur en prônant le renfermement et le repli sur nous-mêmes ? À tel point qu’une note bureaucratique du ministère de l’enseignement supérieur impose désormais une autorisation de sortie aux enseignants-chercheurs pour assister aux conférences et séminaires scientifiques internationaux ? Un faux-pas scientifique de plus.
Retenons la leçon des années 90 lorsque l’économie du pays n’avait de jalons que ses propres labels. Nous nous sommes accourus presque en faillite et en catastrophe vers le FMI pour le supplier à venir à notre chevet. Il était notre roi absolu pendant plusieurs années. Rien ne décidait sans son accord. Il est devenu par la force des choses et par notre entêtement un des décideurs du pays sinon le plus important. Le pays a suivi amèrement les conditions draconiennes imposées de notre propre gré avec les conséquences désastreuses subies et dont on n’a pas encore fini à payer le lourd tribu et à régler la sale note qui ne nous a pas encore complètement lâchée.
Le système éducatif du pays n’est pas loin de subir le même sort si on le laisse à l’appréciation des définitions de nos critères obsolètes, posant là un problème de fiabilité et de crédibilité à nos structures.

Références :
1- http://www.imo-official.org (consulté le 17 juillet 2010)
2- http://www.djazairnews.info (Algérie News Week End N°8, semaine du Jeudi 15 au Mercredi 21 Octobre 2009).
3- http://www.echoroukonline.com (Edition du 6 juillet 2010)
4- http://www.elwatan.com (Edition du Vendredi du 9 juillet 2010)

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jeudi 24 juin 2010

Après les Beurs, c’est au tour des Blacks.


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Article paru dans le quotidien d'Oran du Jeudi 24 Juin 2010:
Format pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/24062010.zip

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Lorsque les résultats ne suivent pas ou désespèrent de venir, toutes les rancoeurs ressortent à la surface comme les égouts qui refluent tout ce qui est de nauséabond comme odeurs malsaines. Ce qui est en train d’arriver à l’équipe de France de football (edf) en terre africaine est inimaginable pour une France donneuse de leçons. Elle est devenue la risée du monde entier et l’attraction médiatique universelle de cette fin du premier tour de coupe du monde.

Depuis que Raymond Domenech est à la tête de l’edf, cette dernière a atteint le chaos par la faute d’une fédération française qui l’avait maintenu malgré l’euro catastrophique de 2008 et son déficit à tous les plans. L’edf a atteint le fond du gouffre après une honteuse qualification au détriment de l’Irlande.

LA RACAILLE AU KARCHER

On dirait que Raymond Domenech a une mission spéciale qui consiste à chasser d’abord les beurs comme Karim Benzema et Samir Nasri qui ne figuraient même pas dans la liste des 30 joueurs présélectionnés en plus de Hatem Benarfa écarté du dernier groupe des partants en AfSud. Il a sélectionné en lieu et place des joueurs de zone inférieure comme Yoann Gourcuff et André Gignac, en mettant au même diapason des clubs anodins comme les girondins de Bordeaux et le TFC de Toulouse au même niveau qu’Arsenal et le Réal de Madrid !

Les cheveux frisés et les têtes basanées de nos deux malheureux ont semble-t-il primé par rapport à leur valeur intrinsèque en penchant la balance du côté de la Garonne et de la Gironde en plus du dernier arrivé Mathieu Valbuena. L’équipe Beurs-Blancs-Blacks commence à avoir des taches blanches avec cette nouvelle couleur crème en attendant sa renaissance à la blancheur naturelle que réclame le patron de l’extrême droite Jean marie Le Pen depuis presque deux décennies.

Notre Ryad Boudebouz a senti la fumée en optant à 20 ans pour l’Algérie comme pour montrer le chemin aux jeunes beurs d’outre-mer qu’ils n’ont dorénavant aucune chance d’endosser le maillot tricolore du pays cher aux thèses lepénistes. Benzema et ses frères de peau, doivent regretter, à coup sûr, amèrement dans leur for intérieur de n’avoir pas assez réfléchi en optant trop tôt pour le pays qui les a rejeté et privé d’étaler leurs énormes potentiels.

L’OMBRE DE LE PEN en toile de fond

Avant le dernier clash d’Anelka, Marine Le Pen, cheftaine de file du front national avait annoncé, le 6 juin dernier, la couleur avant même l’entame de la coupe du monde. En effet, la vice-présidente du front national a réitéré ses critiques sur l'edf de football en pointant Franck Ribéry et Nicolas Anelka (tiens ! tiens !) en les accusant de manque de patriotisme. Elle avait enchaîné dans ses diatribes « Quand M. Ribéry va manifester entouré par le drapeau algérien en octobre 2009... » laissant en suspension sa phrase pleine de supputations. Depuis quelques temps, elle fait du Munichois l’un des ses points de fixation en relançant une charge virulente à son encontre, le qualifiant au mois de mai de joueur d’ « anti-héros », de « vendu » (à l’Algérie ?) et de « contre-exemple de notre jeunesse », allusion sans doute à l’affaire Zahia comme si toute la jeunesse française est saine. Sa présence dans l’équipe est due principalement à ses qualités techniques.

La fille de Jean Marie Le Pen enfonce le clou en colportant que certains joueurs ont d’ « autre nationalité de cœur ». Pour cette remarque, elle insinuait clairement à Karim Benzema qui avait déclaré dans l’émission « Luis attaque » sur Radio Monte-Carlo du 6 décembre 2006 que « L’Algérie c’est mon pays et, après, l’équipe de France c’est le sportif quoi ». Depuis, il paie les frais de sa phrase assassine tombée dans les oreilles de la première raciste de France et exécutée sur le terrain par le sieur Domenech.

Cette démagogue dame, fille de son père, s’ingère dans la vie de Nicolas Anelka qui « s'en va en expliquant qu'il ne veut pas payer des impôts en France » avait-elle poursuivi. Effaçant de ses souvenirs d’un revers de la main les antécédents démêlés de son père avec l’institution judiciaire à cause de ses ennuis financiers.

"En 98, c'était l'équipe black-blanc-beur, maintenant c'est l'équipe fric-fric-fric. C'est bien regrettable", a-t-elle conclu. Rappelons qu’en cette année, son père ne se reconnaissait pas dans l’équipe de Zidane malgré son titre de championne du monde. Tout le monde se souvient de ses polémiques sur le sujet.

A propos de la coupe du monde 2006, le président du front national jugeait que la population française ne s’identifiait pas pleinement à cette edf. « Peut-être l’entraîneur a-t-il exagéré la proportion de joueurs de couleur » avait-il avancé. Il avait mis en avant « cette impression que les français ne se sentent pas complètement représentés, ce qui explique sans doute qu’il n’y ait pas la chaleur qu’il y avait il y a huit ans (en 1998) ».

Choqué par le fait que Fabien Barthez ne chante pas la Marseillaise, il avait remarqué que Zinedine Zidane « ne la chante pas non plus et la marmonne un petit peu comme tous les joueurs professionnels, le derrière entre deux chaises, car c’est un français qui joue en Espagne».

Déjà en 1996, en pleine coupe d'Europe des Nations disputée en Angleterre, l’ancien tortionnaire n’avait-il pas créé une autre consternation en jugeant "artificiel que l'on fasse venir des joueurs de l'étranger en les baptisant équipe de France" ?

Il flairait certainement voir venir une victoire finale en coupe du monde, deux années plus tard, de l’équipe Beurs-Blancs-Backs qui avait alors fait très mal à l’expansion de ses idées racistes et avait mis en veilleuse ses idéologies xénophobes durant quelques années.

En cette crise d’été 2010 des bleus, il doit se frotter les mains et se réjouir pleinement de cette déliquescence du foot français, presque le seul domaine où on trouve énormément de talents arabes et noirs par rapport aux blancs de souche française.

ANELKA, LA VICTIME COLLATÉRALE

Depuis quelques jours, le bouc émissaire est donc tout désigné, c’est un scénario concocté depuis longtemps par les architectes de l’ombre. C’est à Nicolas Anelka que ces ordonnateurs veulent endosser d’abord la déroute totale de Domenech et de la fédération française. Et ce que les médias, avides de frasques, et les français vont retenir de la débâcle française en cette CM 2010.

Pour le moment, le pauvre Anelka est la seule victime annoncée jusqu’à aujourd’hui. La purge ne fait que commencer et les effets collatéraux n’aient fait que révéler un malaise profond au sein de l’équipe. Après Benzema et Benarfa qui ne voulaient pas boucler leur bec, l’une des conditions pour prétendre à être sélectionnés. On veut des beurs mais corps et âmes dévoués, sans rouspéter ni arracher d’autres acquis. Ils les veulent là juste pour entretenir l’illusion.

Si Zidane était retenu par le passé dans cette équipe, c’était grâce à son phénoménal talent naturel. Tous les techniciens du monde entier affirment que sans Zidane, jamais la France n’aurait été championne ni finaliste d’une coupe du monde. On voulait faire de lui juste le footeux beur de service. Benzema, Nasri et Benarfa ne les entendaient pas de cette oreille. Ils voulaient clairement arracher plus de droits et de responsabilités que leurs aînés.

L’élimination ne vaut rien devant le fais divers. L’edf est assimilée ces jours-ci par la presse de l’hexagone à l’impitoyable climat nous rappelant Dallas de JR avec Domenech et Escalettes (Président de la 3F) tenant les premiers rôles de cette maladroite réplique à la française.

Pour les têtes à faire tomber, il y a d’abord Anelka, celle de Ribéry vacille, sa tête est déjà mise à prix par Marine Le Pen. Gallas and Co complèteront la liste. Quitte à ce qu’il y ait une équipe moyenne mais représentative aux yeux des politiques. Il faut d’abord sauver La France de Jean d’Arc, le logo cher à tonton Le Pen.

Immédiatement après son exclusion de l’équipe, les conséquences pleuvent sur la tête du malheureux Anelka. En effet, une enseigne de restauration rapide l’a déjà sanctionné en décidant de retirer toutes les publicités portant l'image de Nicolas. Pourtant cette affaire n’a pas été mise tout à fait au clair. Anelka plaide toujours non coupable.

DÉTRUIRE L’ICÔNE ZIZOU

Puisqu’on s’est débarrassé des arabes de cette équipe, il faut maintenant détruire l’image du grand frère Zineddine Zidane assimilée explicitement à l’âge d’or de l’équipe. Le Pen et consorts ne peuvent pas gober à ce que Zizou soit un symbole jusqu’à devenir le français le plus encensé du pays malgré son coup de tête de 2006.

Marine et ses frères veulent formater la mémoire des français de ce cauchemar pour développer leur république incolore, inodore et indolore. Alors, on veut en finir une fois pour toute avec cet arabe qui leur rappelle trop ses origines en l’accusant sans alibi à travers une certaine presse controversée aux ordres.

La machine s’est mise en branle le lendemain de ce qu’est devenu l’affaire Anelka. Le nouveau journal à scandales, Libération, passant sans transition de la rose à la flamme, a annoncé sur ses colonnes que Zidane aurait voulu doubler Domenech en contactant en catimini plusieurs cadres de l’edf afin de changer la tactique à la veille de la rencontre perdue contre le Mexique. Selon le journal, ce sont Patrice Evra, Franck Ribéry, Thierry Henry et William Gallas qui sont allés voir le coach pour lui faire corriger son système de jeu contre-nature. Eric Abidal et Florent Malouda sont aussi dans le collimateur. Le capitaine d’équipe Patrice Evra a démenti l’information concoctée par les frères de seins de Jean Marie. Zidane a nié tout contact avec les membres de l’équipe. Il est clair qu’on veut nuire coûte que coûte à Zidane dans l’intention d’égratigner sa popularité restée intacte auprès des français. On veut frapper plusieurs coups à la fois mais la tourmente risque de se retourner contre ses metteurs en scène cachés derrière les rideaux.

Raymond Domenech ne pardonne pas à ceux qui ont affirmé en 2006, où tout le monde a estimé que la réussite des bleus était due uniquement à Zidane. Sa rancune s’est abattue fatalement sur Karim, Hatem et Samir. En écartant du Mondial Benzema et ses camarades, Domenech craignait peut-être leur éclosion internationale et asseoir leur suprématie. Lui qui misait sur Gignac et Gourcuff, annoncé star avant l’heure.

DU PAPA GOURCUFF A MAMAN RAYMOND

Pour apporter son grain de sel, Gourcuff papa, entraîneur du FC Lorient, ne s’est-il pas ingéré dans la composition de l’edf ? En alléguant sur l'isolement progressif de son fiston au sein du groupe France, en avançant que « quand je vois l'attitude de certains joueurs avec Yoann... ».

A-t-on vu un jour le père de Zineddine ou de Karim faisant en France une quelque déclaration pour apporter un soutien à leur fils ? C’est à l’inverse de celui-ci, le père de Zineddine vit dans la discrétion totale, dans l’ombre de la célébrité planétaire de sa progéniture. Celui-ci avait conquis sa place grâce à ses qualités techniques hors normes et non à l’aide d’un coup de piston venu de quelque part. Rien ne pouvait expliquer l’éviction du trio beur. C’est tout le contraire de l’équipe d’Aimé Jacquet qui avait privilégié les meilleurs à tous les postes.

Interrogé sur les ondes de RTL en ce lundi 21 juin, Germaine Domenech, la maman du sélectionneur, a apporté de l’eau au moulin de son fils en avançant que « C'est désolant d'être insultée comme ça, parce que le sélectionneur, c'est mon fils. Double insulte, voilà. Cela me fait très mal, et on est tous pareils dans la famille vous savez. J'ai des enfants, j'ai des petits enfants, et ce n'est pas bien. Je voudrais rencontrer monsieur Anelka, et lui donner le point de vue d'une maman, s'il en a une lui ». Il ne manquait que ça !

Cette affaire franco-française dépasse toutes les limites de l’insupportable en se déplaçant à l’heure qu’il est sur le terrain des politiques de Finkielkraut à Sarko. L’expression racaille revient plus que jamais d’actualité. Ce ne sont là que les premières péripéties d’une dégueulasse série dont l’annonce de sa fin n’est pas pour demain.

RETENIR LA LEçON « Domenechienne »

Ce qui se passe actuellement en France avec la dégringolade équipe d’Escalettes, est aussi valable dans d’autres domaines où nos compatriotes l’endurent dans le cadre de l’inégalité des chances, de la préférence nationale dans l’emploi en particulier.

Pendant ce temps, l’estomac de l’edf rote en se salissant de toutes parts. Une mutinerie qui ne dit pas son nom est en train d’écrire cette saga de l’edf et qui risque de nous révéler beaucoup de choses sombres jusque là retenues ou étouffées.

Il est certain que tout le monde attend l’arrivée salutaire de Laurent Blanc, s’il accepte de saisir le défi, comme une bouée de sauvetage avant que les affaires éclaboussées par les ressentiments qui vont encore faire trop mal.

Blanc arrive à un moment fragile pour prendre les destinées de cette équipe en état désintégré par la bévue d’une désignation d’un entraîneur dont l’équipe était trop grande pour lui. Il est allé jusqu’à la sectionner par son entêtement et de part son incompétence criarde passant d’une équipe championne du monde à celle de la moquerie du monde en étalant son linge sale sur le toit du monde.

A nos dirigeants du foot et d’ailleurs de tirer les conclusions nécessaires en ne se risquant pas dans des politiques de fuite en avant à la « Domenechienne » qui finiront inévitablement leur course dans la confusion totale et la dégénérescence intégrale.

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mercredi 16 juin 2010

Le foot n’est pas une science exacte


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Article paru dans le quotidien d'Oran du Jeudi 17 Juin 2010 à trouver sur les liens suivants :




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Depuis quelque temps, la fièvre de la coupe du monde a gagné tous les foyers. Elle rythme le pouls du pays déjà bien avant l’ouverture du 11 juin dernier. Depuis que le coup d’envoi ait été donné, j’essaie d’écrire sur des sujets divers qui nous infectent la vie de tous les jours mais l’effet coupe du monde et en particulier les échos de l’équipe nationale sont en train d’occuper la scène nationale et ne nous laisse point d’autres espaces, ni la réflexion, ni l’attention des lecteurs pour se concentrer sur un point particulier. On se lève foot, on mange foot, on boit foot et on dort foot. Tout est réduit à l’équipe de foot en préparation d’abord sur les terres suisses puis du côté de la Bavière et ensuite jusqu’à son long périple en Afrique du Sud. Depuis plus d’un mois, le cœur ne bat que par le foot.

Les minuscules détails, des faits mineurs ou les moindres chuchotements sont rapportés à la une des journaux. On en lit tous les jours sur les petits bobos ou les humeurs de tel ou tel joueur. Toute l’Algérie retient son souffle lorsque l’un des nôtres se blesse. Le retrait de Meghni a été rapporté pour ainsi dire comme un drame national.

La nouvelle coupe des cheveux d’untel et le look d’autrui sont décrits comme une nouvelle mode par toute la presse. On les voit passer sur la télévision publique, du matin au soir, à la faveur de spots publicitaires mis à part quelques rares intermèdes vite zappés par la télécommande.

Ce qui a aussi retenu mon attention, c’est le départ massif vers l’Afrique du Sud de milliers de supporters à coups de dizaines de millions. Comment arrivent-ils à réunir de telles sommes me demandais-je ? Pour aller à l’autre bout du monde alors que la majorité n’arrive pas à joindre les deux bouts. Je ne pense pas trouver un seul fonctionnaire parmi 1 million 600 milles au sien de ces globe-trotters.

Tout le monde est accroché aux déclarations de l’entraîneur national comme si subitement le centre de gravité de l’Algérie s’est déplacé sur sa pauvre carcasse.

Lorsque Abdelkader Ghezzal s’est fait expulsé du terrain lors du dernier match contre la Slovénie en ce damné 13 juin, les caméras ont montré, au même instant, au monde entier le visage pâle de Rabah Saâdane qui s’est recroquevillé sur lui-même comme pour se dissimuler la face et l’image accablante de son adjoint qui se prenait la tête entre les mains en soupirant l’irrémédiable catastrophe à venir.

Les malheurs de l’Algérie entière venaient de tomber sur son fragile dos. En le dévisageant du petit écran, on sentait ses tripes se déchirer et ses intestins s’entremêler en s’attendant au pire qui allait survenir quelques minutes après par la sortie de son fétiche attaquant de Sienne. La bourde de son gardien numéro un Fawzi Chaouchi a achevé ce qu’il restait comme espoir. Il devinait que le peuple n’allait pas l’épargner par les critiques les plus acerbes surtout après son malheureux coaching décrié par tous.

Une partie de foot ne se tient finalement qu’à un seul petit détail près. Si Ghezzal avait marqué dès son incorporation sur le rectangle vert, on l’aurait qualifié de sauveur érigé en héros national mais c’est le contraire qui lui est arrivé. Le ballon rond n’est pas une science exacte, il est aléatoire et imprévisible. Dans un heureux jour, il peut vous procurer les plus fortes sensations et l’amertume totale dans un jour sans. Une fois, il est en notre faveur comme à Oum Dourman où on a failli la correctionnelle sans un Chaouchi des grands jours, et qui avait fait là le match référence de sa carrière. Contre les slovènes, il a suffi d’une brève inattention pour que l’irréparable surgisse. Les uns sont allés jusqu’à accuser le fameux ballon Jalubani, les autres évoquent l’inexpérience, la frivolité ou l’insouciance de notre gardien.

Quant à notre cheikh, jusque là vénéré, il est devenu subitement le mal-aimé, le pestiféré, le maudit, l’ennemi public n°1 à abattre alors qu’il y a à peine quelques mois, il était le premier au hit parade des sondages locaux et arabes. Le 19 novembre 2009, il était reçu au pays avec ses joueurs comme jamais aucun sportif du pays ne l’a été depuis l’indépendance. Il a reçu tous les honneurs inimaginables du peuple, de toutes les autorités nationales et celles de nombreuses villes de l’intérieur du pays. L’Algérie ne voyait que lui, n’espérait qu’à travers lui. Mais Resté réservé, il savait que la gloire n’est que passagère, pas éternelle dans la mémoire courte des mordus de la balle ronde.

L’entraîneur Saâdane et son équipe sont transformés en un point de fixation de tous les algériens ces derniers mois pour le bien de tous les autres acteurs de la vie publique du pays qui sont épargnés par cette qualification inespérée, presque tombée du ciel. Seule l’équipe nationale retient le souffle et attire l’intérêt des algériens.

Après l’amère défaite contre les coéquipiers de Novakovic, un tour sur les forums d’Internet vous donne un aperçu sur les immenses dégâts provoqués et les dommages engendrés sur Saâdane et son adjoint Djelloul par leurs admirateurs d’hier. Tous les défauts et les tares leur sont collés à la peau. On traite dorénavant l’ex-idole de tous les épouvantables noms. Rabah d’hier est converti en un perdant aujourd’hui, un rien pour les uns et un…, un ….pour les autres. On ne peut pas échapper facilement à la vindicte populaire qui ne cherche que le bouc émissaire pour exulter sa frustration dans tous les domaines de la vie et toutes les difficultés qui lui enveniment l’existence. Les gens vident impitoyablement leur sac sur la bande à Saâdane en trouvant là un excellent exécutoire et un idéal défouloir.

Notre coach, qui se trouve bousculé de fait à la face de ses compatriotes, doit vivre une terrible pression, lui qui ne rêvait modestement que d’une qualification en coupe d’Afrique après plusieurs années d’absence de la cour du continent. Par la bêtise d’une agression en terre égyptienne, il se trouve propulsé par tout un peuple en quart de finale en Angola et en étant le seul pays arabe qualifié en coupe du monde. De plus, il demeure le seul entraîneur africain dans ce tournoi intercontinental. On le scrute sous tous les plans et on guette ses infimes gestes. Trop de responsabilités pèsent sur les frêles épaules de ce seul homme nommé Saâdane.

Assurément, les images insoutenables de 1986 défilaient en une fraction de secondes dans sa tête au moment du coup de sifflet final. Depuis un bail, il ne cessait de répéter que le haut niveau n’est pas une mince affaire et le fait de participer constitue en soi un exploit impensable il y a juste une année. Mais le peuple ne l’entendait pas de cette oreille car cela fait longtemps qu’il n’a pas goûté à pareilles fêtes après un interminable sevrage et une longue traversée du désert.

On ne peut pas sortir comme ça du néant à quelque chose de tangible. Il faut d’abord préserver cet acquis avant d’aller vers d’autres horizons. Selon sa légendaire habitude, l’algérien veut tout ou rien à la fois. Il ne connaît pas le juste milieu. Il ne sait pas positiver le présent avant d’aller de l’avant. Ceci fait partie de l’état brut de l’algérien. Les algériens sont une denrée à part dans le monde, ils sont uniques dans leurs approches. Comment alors expliquer la position inconfortable de ce supporteur algérien sur un pylône électrique alors que le stade de Polokwane n’était pas archicomble ? Qu’ils résident à Alger, Londres, Paris, Amsterdam ou Montréal, ils ne changent pas d’un iota leurs déductions quelque soit le prix à payer. C’est pour cette raison qu’ils scandent à tout rompre le fameux slogan lorsqu’ils se regroupent : « Les Algériens ! ». On dit qu’il est têtu jusqu’aux bouts de ses idées et de ses croyances même s’il perd tout à la fin des courses. Tout le monde, entraîneurs comme supporteurs, voyait Ryad Boudebouz comme entrant en seconde mi-temps contre la Slovénie sauf Saâdane qui veut aller à contre sens. Ils veulent voir en action le joueur de Sochaux qui n’est pas encore été consommé par le public comme Ghezzal l’est en ce moment. Il suffit d’un petit passage à vide pour qu’il soit jeté en pâture dans l’arène de la galerie. La gloire n’a aucune durée ni un espace précis.

En moins d’un quart d’heure, Ghezzal est donc passé du statut de super star à celui de la poisse de l’équipe. Après son renvoi dans les vestiaires, il est l’homme le plus recherché du pays, Wanted comme dans le Far West des films spaghettis des années soixante, le joueur le plus haï, le plus vomi. Il a hérité, malgré lui, du rôle de l’horrible. Toutes les langues se sont déliées pour inventer les histoires les plus invraisemblables comme celle de vouloir se faire volontairement expulser et se venger ainsi de son nouveau rôle de remplaçant ! Il est réclamé à la potence par les plus ultras.

Pourtant, les fans des verts se vouaient un culte de la personnalité sans précédent aux Ziani et consorts. Les voilà relégués maintenant au bas de l’échelle. Ils voyaient nos joueurs battre n’importe quelle équipe mais la réalité a rattrapé tout le monde. Ils ne vivaient que dans la virtualité, ils ne voulaient pas se réveiller, palper le réel.

Quant au Cheikh, du stratège, il est liquidé en un médiocre. Son sacrifice et son travail pour bâtir une équipe compétitive sont coulés en un temps record. C’est le mal de l’algérien. Il est capable de tout détruire en une fraction de secondes ce qu’il a construit pendant des années.

Maintenant que les esprits commencent à se regarder le visage sur une glace. Ce qu’a accompli l’équipe nationale ne reflète aucunement l’évolution des autres domaines politiques, économiques ou sociaux. Le football est le seul domaine où l’Algérie a progressé en un an de la 100ième place à la 30ème, dixit Mohamed Raourara.

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