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Article paru sur le Quotidien d'Oran du Jeudi 21 Avril 2011 que vous pouvez consulter également sur les liens suivants:
- en format pdf: http://fr.calameo.com/read/000370446de6bab16ac6d
- en format pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/21042011.zip
- en format html:http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5152098
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Je me suis toujours demandé quelles seraient les réactions de quelqu’un qui serait tombé dans un coma profond depuis le début du mois de janvier dernier et qui se réveillerait miraculeusement ces jours-ci ? Sans doute qu’il ne pourrait jamais y croire aux évènements survenus pendant l’absence de sa mémoire. Il serait retourné dans les pommes pour ne plus revenir.
Il recevrait un autre choc terrible peut-être beaucoup plus par les fortes émotions de plaisir qu’il sentirait par le départ désespérant des systèmes en place. Lui qui n’a jamais cru à des soulèvements de la rue arabe qui sont devenus ces quatre derniers mois l’attraction numéro un du monde mis à part l’intermède du Tsunami du Japon, l’interventionnisme de la France en Côte d’Ivoire et la pollution de la révolution Libyenne par Bernard Henry Levy and Co.
Si Benali et Moubarak avaient réagi à temps aux revendications des citoyens qui étaient au départ totalement minimes et sommaires, les manifestations ne se seraient peut-être pas transformées en révolutions grandeur nature, relayées et amplifiées à la célérité de la lumière par les médias et le Net. Mais le destin a voulu autrement. Il existe des causes à chaque effet.
Des révolutions qui sont en train de tout balayer devant elles. Elles semblent ne pas connaître pour le moment aucunes limites ni essoufflements quelconques. Chaque jour apporte son lot de surprises et les peurs dépassées. Comme un château de cartes, les tabous sont en train de tomber les uns après les autres. La théorie des dominos se poursuit allègrement à l’intérieur des régimes décapités seulement de leur tête. Le comble, c’est que les révolutions tunisienne et égyptienne se font maintenant de la concurrence. Plus forte que moi, tu meurs !
Rien ne peut arrêter leur course-poursuite. Elles jouent contre la montre en voulant forcer le destin. Elles veulent dépasser les frontières de l’inimaginable. Elles poussent vers l’extrême et acculent ses adversaires vers les tranchées les plus exiguës. Elles ne veulent rien lâcher de la proie qui se trouve maintenant entre leurs mains. Elles savent que l’occasion ne se représenterait plus. Cela fait des décennies qu’elles attendent cette opportunité rare dans les annales.
L’effet d’entraînement joue aussi en leur faveur. En un temps assez court, il faut reconnaître que les citoyens de ces deux pays forgent le respect de tous leurs frères et voisins. Ils sont devenues un modèle à copier dans le cas où les régimes en place s’entêtent et oublient de gouverner convenablement et dignement des peuples imprévisibles qui peuvent se retourner en des laps de temps, en demandant des comptes à rendre à leurs actuels gouvernants.
Mais ces deux ex-présidents ont voulu avoir la main sur tout ce qui bouge, entretenus par leur orgueil sans bornes et applaudis à tout rompre par les thuriféraires de tous bords devant les fortes pressions étouffées de leur populace.
Si, il y a quelques mois, quelqu’un avait pensé présenter Moubarak à la justice, il aurait été traité de fou, d’un imaginaire floué par ses hallucinations. Mais il y a un commencement à tout. La nouvelle est tombée, la semaine précédente, tel un couperet sur les rédactions de presse et sur la toile. Le président déchu et ses deux enfants sont poursuivis par la justice du pays qui a retrouvé toutes ses couleurs. Lorsque la justice exerce ses réelles prérogatives, elle peut changer le pays en un quart de tour et rendre la confiance perdue à cette institution nécessaire à tout état de droit.
Subitement, on a découvert la puissance juridique d’un juge qui peut interpeller n’importe quel citoyen qui se croirait être au dessus de la loi. Personne ne peut se permettre de l’instrumentaliser à sa guise et selon ses visées politiques et sociales. En quelque sorte, des émules de Omar El Haq qui surgissent allègrement un peu partout dans la cité. Ceci ne pourrait produire que de l’espoir dans le monde arabe.
Tout le monde au-dessous de la loi. Personne ne pourrait échapper à son jugement même si on a été un jour pharaon. Les deux fils qui faisaient la pluie et le beau temps aux pays des pyramides sont rappelés aux ordres et aux arrêts comme de vulgaires bandits. Des anciens ministres et barons des anciennes républiques, si on l’ose les qualifier ainsi, sont menottés et ramenés en prison, pas dans des luxurieuses voitures mais en camions à la limite de la décence dus à leurs antécédents rangs. Et ce n’est que justice ! Dans le cas où des charges seront retenues contre eux.
Franchement, les ex-rois des ex-monarchies républicaines font pitié à voir. Ils sont la honte de l’histoire qui s’avère finalement intraitable. Ils ont totalement failli à leur mission pour laquelle ils étaient désignés par cette sortie déshonorante. Et c’est ce que l’histoire retiendrait de leur passage.
On croit songer par ce qui est train de se passer dans Oum Dounia et dans la petite Tunisie qui n’en finit pas de nous prodiguer l’exemple. Quoiqu’on dise sur les éventuelles manipulations occidentales, Il s’agit ici de terrains propices aux révoltes à cause des murs de silence imposés aux masses. Au moment où on pensait que les peuples se seraient endormis pour l’éternité, intoxiqués pour de bon, voilà qu’ils nous assènent le contraire de ce que prévoyaient les experts les plus chevronnés. Une leçon qui marquerait, sans aucun doute, d’une pierre blanche l’histoire du monde arabe, depuis son indépendance du joug colonial, mais à condition que les aspirations venaient par bonheur à se réaliser.
Ce qui fait rire le plus, c’est que certains pensent que disqualifier un ancien président était considéré comme déshonorer un pays. C’est ce qu’on appelle assimiler l’état à une personne. Ce fait unique dans les mémoires du monde arabe va permettre également d’effacer ce dédoublement de personnalité de l’état.
Lorsque la machine se met en branle, rien ne pourrait l’arrêter. On ne peut pas stopper l’histoire par des paroles lancées dans l’air et des promesses qui ne seraient jamais tenues. Mis à part le scénario catastrophe de la Libye qui sombre terriblement dans une guerre fratricide, le Yémen et la Syrie semblent suivre les pas de leurs aînés sous les coups de boutoir pacifistes des manifestants.
Mais les adversaires aux changements et à l’émancipation de la plèbe en de véritables citoyens guettent le moindre faux pas pour se maintenir plus forts au sommet et plus répressifs que jamais. Peut-on contenir la roue qui broie tout sur son passage ? Est-ce qu’elle a atteint sa vitesse de croisière ? C’est toute la question que tout le monde ne cesse de se poser.
Pour ceux dont le tour n’est pas survenu, ils feintent de bouger pour ne pas être pris dans l’engrenage de cette nouvelle destinée. Mais jusqu’à quand ? Le temps n’a pas de limites. Une nouvelle république peut naître fatalement aujourd’hui comme demain. C’est un phénomène naturel dont toutes les forces du mal ne peuvent le vaincre. C’est un passage obligé qui ne peut naître à vide.
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mercredi 20 avril 2011
mercredi 6 avril 2011
Égypte-Algérie: La révolution est passée par là
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Article paru sur le Quotidien d'Oran du Jeudi 07 Avril 2011 que vous consultez également sur les liens suivants:
- en format pdf: http://fr.calameo.com/read/000370446ca4c79a588e5
- en format pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/07042011.zip
- en format html: http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5151490
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En lisant les commentaires parus dans les colonnes du quotidien sportif le buteur dans son édition du 1er Avril dernier (1), j’ai cru au départ qu’il s’agissait d’un canular en ce jour célèbre pour son poisson légendaire.
Mais lorsqu’en scrutant la vidéo sur le site de YouTube (2), je n’ai pas cru mes yeux en écoutant les aveux de Hamada Chadi, l’ancien directeur des relations extérieures au sein de la fédération égyptienne de football ainsi que ceux du gardien de but d’un pensionnaire de la première division de Football de l’équipe d’El-Gouna en l’occurrence Fadjr Abdelmouncif.
Ils ne sont pas allés par quatre chemins pour accuser l’indéboulonnable président de la fédération égyptienne de football Samir Zaher. Ils ont chargé ce dernier vestige de l’ancien régime de tous les maux et qui a été la cause principale de la rupture entre deux peuples frères et de la détérioration des relations entre les deux pays qu’aucune chose sur terre ne pouvait les séparer surtout pas un match de football qui a fait couler beaucoup d’encore. Nous étions devenus la risée du monde en faisant la une de plusieurs manchettes à travers le monde durant plusieurs semaines, faisant le rapprochement avec les antécédentes guerres de football ayant marqué la triste histoire de la balle ronde.
Au cours de l’émission sportive de la chaîne Modern Sport animée par l’ancien international gardien de but Ahmed Shobeir, Hamada Chadi a en outre étayé ses dires envers les anciens dirigeants politiques et a en particulier cité l’injonction et le brouillage d’Alae Moubarak, fils aîné de l’ancien président égyptien, qui avait allumé la mèche et soufflé sur les braises en alimentant et amplifiant la tension entre les deux pays frères au soir du fameux 18 Novembre. C’est en qualité de propriété privée que le fiston intervenait sur les ondes des télévisions de son pays telles que Dream, Elhayat ou Mehwar pour sortir du néant et insulter un pays considéré jusque là identiquement à un pays frère. Il se foutait éperdument des risques qu’il encourait aux intérêts égyptiens en Algérie.
Le présentateur de l’émission Ahmed Shobeir qui a été le premier à avair évoqué les faits quelques semaines après le coup prémédité le 12 Novembre 2009 contre la délégation Algérienne immédiatement après son arrivée sur le sol égyptien, a avoué au cours de la même émission qu’il avait été menacé de mort s’il osait aller trop loin dans cette affaire. Il avait subi toutes les pressions inimaginables des autorités avant que la vérité éclate et rattrape tous les rebus de la république « baltaguère » pour reprendre l’expression de notre ami Ahmed Saïfi Benziane.
N’importe quel algérien ne pouvait être insensible aux appels de la jeunesse égyptienne qui nous a éblouis ces temps-ci par ses prises de position et de la lucidité de ses actes. Il aurait eu le corps traversé par la chair de poules et les larmes aux yeux en écoutant ces confessions extirpées par la formidable révolution des jeunes égyptiens dont les propos sortent directement du fond de leur cœur, pleins de bonté, de fraternité, de solidarité, sans aucune arrière pensée. Ceux de la raison et du bon sens et non ceux qui sortent des laboratoires occultes, de l’hypocrisie, des calculs politiciens au gré de l’humeur du chef et de sa progéniture.
C’est l’harmonie pure d’un peuple frère d’abord avec lui-même et des retrouvailles naturelles avec son frère algérien qu’il n’aurait jamais boycotté si ce ne sont pas ces aventuriers personnages maintenus par la force et le sang à la tête d’un pays qui méritait nettement mieux.
Ces jeunes, qui honorent aujourd’hui leur pays et la nation arabe, n’en sortent que grandis par leur geste que l’on peut vraiment qualifier de symbole et un étalon pur de la civilisation. Ils réconcilient l’Égypte avec son esprit de moteur naturel de la nation arabe, du grand frère qui sait pardonner et également sait anticiper et demander la clémence à ses frères lorsqu’il en est responsable d’une faute envers ses semblables. L’esprit hautain du pharaon dont lequel il s’était fait captif par l’ancien régime le faisait éloigner et exécrer par ses pairs de lait et de sang.
Les potentialités de ce peuple qui étaient au service d’une famille, ne peuvent que rayonner maintenant tel un flambeau sur l’ensemble de la région du Moyen Orient et sur les rives de la méditerranée, maintenant qu’il est libéré de sa tutelle et du tutorat dans lequel il végétait. Ces jeunes ont donné une extraordinaire leçon aux ex-dirigeants et en montrent le réel chemin que doivent emprunter les futurs gouvernants pour satisfaire pleinement les aspirations énormes en attente du peuple, il est vrai sevré par une terrible abstinence qui n’a que trop duré.
C’est tout à fait normal et logique qu’aussitôt après les incidents du match Zamalek-Club Africain, le premier ministre égyptien Essam Charaf a contacté ses homologues tunisiens et leur a présenté ses excuses les plus sincères. Il n’a pas attendu qu’on lui fasse signe de haut pour le faire ou de s’abstenir en affichant un profil des plus bas comme ce fût le cas pour le sbire Samir Zaher à l’époque où ses protecteurs utilisaient des méthodes dignes de voyous pour faire hériter le fauteuil à l’enfant prodigue que l’Égypte attendait depuis longtemps comme si elle était devenue subitement stérile.
Le nouveau premier ministre, qui puise sa force des jeunes de la place Tahrir qui l’ont imposé pour assurer la transition, ne peut que les représenter fidèlement. Il dispose de la légitimité populaire qui le rend crédible jusqu’à ce que la volonté populaire en décide autrement.
Ce sont les règles du jeu dont doivent se conformer les grands de ce monde qui ne peuvent plus dicter la politique à suivre aux pays qui respectent ces préceptes dont les occidentaux en raffolaient en les adoptant comme leur cheval de bataille. Ils ne cessaient de vanter les mérites du petit état sioniste d’Israël, la seule démocratie de la région du Grand Moyen Orient comme ils se plaisaient à le lancer à la face de l’ogre du monde arabe.
L’avenir nous montrera les réelles intentions inavouées de ces puissances utilisant à leur guise le conseil de sécurité dont la tournure des événements en Libye laisse présager des tournures de mauvais augure par leurs interventions sur le terrain afin d’étouffer toute tentative ne rentrant pas dans leurs plans à l’irakienne.
Au soir du Dimanche 3 Avril passé (3), ces jeunes de la place Tahrir sont allés spontanément formuler leurs regrets de vives voix et exprimer leur pardon au peuple algérien à haute cadence sous les fenêtres de l’ambassade d’Algérie au Caire, presque une année et demie après les faits regrettables restés jusque là sans aucune excuse malgré que quelques langues s’étaient déliées.
Cette spontanéité des femmes et des hommes égyptiens désormais libres ne ressemble en rien à celle du parti unique du président chassé et qui ordonnait comme bon lui semble n’importe quelle marche « spontanée » favorable à ses diagrammes ou défavorable à un projet adverse et aux partis, mis sous l’entonnoir, de ce qu’il en restait de son opposition.
Les jeunes égyptiens ont même scandé des « One Two Three, Viva l’Algérie ! » au quartier de Zamalek en plein centre du Caire en face de la représentation algérienne. Cela faisait vraiment plaisir à les entendre. Rappelons qu’au lendemain de la double confrontation footballistique de Novembre 2009, ce même lieu a failli être mis à feu et à sac par les « baltagias » de l’ancien système, montés à bloc, rassemblés « spontanément » sur ordre et soutenus par la propagande locale digne d’un pays sous-développé culturellement. Comme quoi il y a une justice divine et en un temps record a mis à nu toutes les visées des anciens occupants de l’Égypte.
Les algériens n’ont-ils pas accueillis admirablement leurs frères égyptiens qui ont fui la Libye à travers nos frontières ? Ces derniers appréhendaient beaucoup leur passage en territoire algérien mais vite dissipé et soulagé à la vue de l’accueil que leur réservaient leurs frères algériens. Ils ont aussi versé des larmes chaudes pleines d’émotions. Les sources du mal ne peuvent ainsi séparer longtemps deux parties d’un même corps.
Les jeunes révolutionnaires d’Oum Dounia sont également allés promptement à l’ambassade de Tunisie pour exprimer les mêmes repentirs suite à un match entre le Club du Zamalek du Caire et du Club Africain de Tunis du Week-end précédent. D’après les témoignages sur la toile de certains responsables sportifs, ce sont d’anciens nostalgiques et résidus de Alae et Djamel qui sont les protagonistes du retour en arrière. Ils rêvent toujours de revenir à leurs privilèges pharaoniques d’avant le 25 Janvier 2011. Malheureusement c’en est trop tard pour eux, la tentative a échoué sur le fil. La révolution est déjà passée par là.
Les fortes sensations de vibration ne cessaient de vous envahir tout le buste et titiller tous vos sens. Les manifestations ambitionnent d’une réelle unité arabe contrairement à celle de l’immobilisme et du déshonneur au moment où nos frères palestiniens subissent tous les jours les affres de la politique raciste de l’état sioniste.
A l’orée de cette révolution, il ne se trouve pas un citoyen arabe qui ne souhaite pas que les relations arabo-arabes sortent du carcan actuel et deviennent exemplaires à l’image de celles qui guident les pays de l’Europe où toutes les frontières sont bannies à jamais, chose impensable après qu’ils se sont fait la guerre il y a une soixantaine d’années seulement et que rien ne les associait au départ en commençant par la langue sauf leur volonté de mettre un terme à leur désunion.
Ils ne sont sortis que plus forts et consolidés par cette union. Le Portugal et l’Espagne qui étaient dans les années 70 fournisseurs d’émigrés à l’ancienne Allemagne Fédérale et à la France, ne le sont plus actuellement. Ce que les pays arabes n’ont pas concrétisé, au contraire certains de ses membres ont imposé des visas d’entrée en limitant au compte-gouttes ou en fermant tous les espaces.
Une fois que tous les malentendus préfabriqués sous l’ancien règne soient disparus à jamais et dont les valeureux jeunes égyptiens ne voulaient absolument pas devenir des sujets, l’horizon ne peut qu’être que plus clair et visible.
Maintenant que la révolution égyptienne est à son stade de reconstruction, je ne pense qu’un seul Algérien n’ait pas vibré au rythme de ces jeunes de « Maidane Ettahrir ». En 18 jours, ils ont vu toutes les couleurs principalement les célèbres baltagias montant sur des chameaux s’attaquant aux jeunes qui manipulent merveilleusement le clavier contrairement aux autres maniant le sabre avec adresse. Deux contradictions face à face. On connait la suite du résultat final.
Nous avons vécus toutes les étapes difficiles, presque heure par heure, parfois minute par minute toutes les péripéties. On ne dormait que vers les 2 heures du matin pour se lever tôt le lendemain pour suivre infatigablement les moments intenses du plus grand feuilleton égyptien en grandeur nature et en direct live que l’Égypte moderne a créé.
Cette révolution restera à jamais gravée dans nos mémoires comme celle de nos frères tunisiens. Elle a marqué de ses empreintes l’histoire, ce serait sans aucun doute un tournant important pour la suite des évènements. Elle a donné beaucoup d’espoir et rendu la dignité à cette nation arabe qui piétine, freinée sans cesse dans son élan, ralentie dans son effort, retardée dans son développement, blessée dans son orgueil après plus d’un demi-siècle de son indépendance du joug de l’envahisseur occidental. Laissée à la traîne, elle n’a que trop attendu son heure qui sonne maintenant de plus en plus fort pour son véritable départ afin de rattraper son retard et combler ses lacunes de l’éducation, de l’économie, du développement et du progrès.
Références :
1) http://www.lebuteur.com/en/actualites/les-aveux-des-egyptiens-sur-le-caillassage-du-bus-algerien#ixzz1IaneXT00
2) http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=hysCjU9FGNw#at=35
3) http://www.youtube.com/watch?v=O64Bp8yDAeQ&feature=player_embedded
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Article paru sur le Quotidien d'Oran du Jeudi 07 Avril 2011 que vous consultez également sur les liens suivants:
- en format pdf: http://fr.calameo.com/read/000370446ca4c79a588e5
- en format pdf zippé: http://www.lequotidien-oran.com/pdfs/07042011.zip
- en format html: http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5151490
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En lisant les commentaires parus dans les colonnes du quotidien sportif le buteur dans son édition du 1er Avril dernier (1), j’ai cru au départ qu’il s’agissait d’un canular en ce jour célèbre pour son poisson légendaire.
Mais lorsqu’en scrutant la vidéo sur le site de YouTube (2), je n’ai pas cru mes yeux en écoutant les aveux de Hamada Chadi, l’ancien directeur des relations extérieures au sein de la fédération égyptienne de football ainsi que ceux du gardien de but d’un pensionnaire de la première division de Football de l’équipe d’El-Gouna en l’occurrence Fadjr Abdelmouncif.
Ils ne sont pas allés par quatre chemins pour accuser l’indéboulonnable président de la fédération égyptienne de football Samir Zaher. Ils ont chargé ce dernier vestige de l’ancien régime de tous les maux et qui a été la cause principale de la rupture entre deux peuples frères et de la détérioration des relations entre les deux pays qu’aucune chose sur terre ne pouvait les séparer surtout pas un match de football qui a fait couler beaucoup d’encore. Nous étions devenus la risée du monde en faisant la une de plusieurs manchettes à travers le monde durant plusieurs semaines, faisant le rapprochement avec les antécédentes guerres de football ayant marqué la triste histoire de la balle ronde.
Au cours de l’émission sportive de la chaîne Modern Sport animée par l’ancien international gardien de but Ahmed Shobeir, Hamada Chadi a en outre étayé ses dires envers les anciens dirigeants politiques et a en particulier cité l’injonction et le brouillage d’Alae Moubarak, fils aîné de l’ancien président égyptien, qui avait allumé la mèche et soufflé sur les braises en alimentant et amplifiant la tension entre les deux pays frères au soir du fameux 18 Novembre. C’est en qualité de propriété privée que le fiston intervenait sur les ondes des télévisions de son pays telles que Dream, Elhayat ou Mehwar pour sortir du néant et insulter un pays considéré jusque là identiquement à un pays frère. Il se foutait éperdument des risques qu’il encourait aux intérêts égyptiens en Algérie.
Le présentateur de l’émission Ahmed Shobeir qui a été le premier à avair évoqué les faits quelques semaines après le coup prémédité le 12 Novembre 2009 contre la délégation Algérienne immédiatement après son arrivée sur le sol égyptien, a avoué au cours de la même émission qu’il avait été menacé de mort s’il osait aller trop loin dans cette affaire. Il avait subi toutes les pressions inimaginables des autorités avant que la vérité éclate et rattrape tous les rebus de la république « baltaguère » pour reprendre l’expression de notre ami Ahmed Saïfi Benziane.
N’importe quel algérien ne pouvait être insensible aux appels de la jeunesse égyptienne qui nous a éblouis ces temps-ci par ses prises de position et de la lucidité de ses actes. Il aurait eu le corps traversé par la chair de poules et les larmes aux yeux en écoutant ces confessions extirpées par la formidable révolution des jeunes égyptiens dont les propos sortent directement du fond de leur cœur, pleins de bonté, de fraternité, de solidarité, sans aucune arrière pensée. Ceux de la raison et du bon sens et non ceux qui sortent des laboratoires occultes, de l’hypocrisie, des calculs politiciens au gré de l’humeur du chef et de sa progéniture.
C’est l’harmonie pure d’un peuple frère d’abord avec lui-même et des retrouvailles naturelles avec son frère algérien qu’il n’aurait jamais boycotté si ce ne sont pas ces aventuriers personnages maintenus par la force et le sang à la tête d’un pays qui méritait nettement mieux.
Ces jeunes, qui honorent aujourd’hui leur pays et la nation arabe, n’en sortent que grandis par leur geste que l’on peut vraiment qualifier de symbole et un étalon pur de la civilisation. Ils réconcilient l’Égypte avec son esprit de moteur naturel de la nation arabe, du grand frère qui sait pardonner et également sait anticiper et demander la clémence à ses frères lorsqu’il en est responsable d’une faute envers ses semblables. L’esprit hautain du pharaon dont lequel il s’était fait captif par l’ancien régime le faisait éloigner et exécrer par ses pairs de lait et de sang.
Les potentialités de ce peuple qui étaient au service d’une famille, ne peuvent que rayonner maintenant tel un flambeau sur l’ensemble de la région du Moyen Orient et sur les rives de la méditerranée, maintenant qu’il est libéré de sa tutelle et du tutorat dans lequel il végétait. Ces jeunes ont donné une extraordinaire leçon aux ex-dirigeants et en montrent le réel chemin que doivent emprunter les futurs gouvernants pour satisfaire pleinement les aspirations énormes en attente du peuple, il est vrai sevré par une terrible abstinence qui n’a que trop duré.
C’est tout à fait normal et logique qu’aussitôt après les incidents du match Zamalek-Club Africain, le premier ministre égyptien Essam Charaf a contacté ses homologues tunisiens et leur a présenté ses excuses les plus sincères. Il n’a pas attendu qu’on lui fasse signe de haut pour le faire ou de s’abstenir en affichant un profil des plus bas comme ce fût le cas pour le sbire Samir Zaher à l’époque où ses protecteurs utilisaient des méthodes dignes de voyous pour faire hériter le fauteuil à l’enfant prodigue que l’Égypte attendait depuis longtemps comme si elle était devenue subitement stérile.
Le nouveau premier ministre, qui puise sa force des jeunes de la place Tahrir qui l’ont imposé pour assurer la transition, ne peut que les représenter fidèlement. Il dispose de la légitimité populaire qui le rend crédible jusqu’à ce que la volonté populaire en décide autrement.
Ce sont les règles du jeu dont doivent se conformer les grands de ce monde qui ne peuvent plus dicter la politique à suivre aux pays qui respectent ces préceptes dont les occidentaux en raffolaient en les adoptant comme leur cheval de bataille. Ils ne cessaient de vanter les mérites du petit état sioniste d’Israël, la seule démocratie de la région du Grand Moyen Orient comme ils se plaisaient à le lancer à la face de l’ogre du monde arabe.
L’avenir nous montrera les réelles intentions inavouées de ces puissances utilisant à leur guise le conseil de sécurité dont la tournure des événements en Libye laisse présager des tournures de mauvais augure par leurs interventions sur le terrain afin d’étouffer toute tentative ne rentrant pas dans leurs plans à l’irakienne.
Au soir du Dimanche 3 Avril passé (3), ces jeunes de la place Tahrir sont allés spontanément formuler leurs regrets de vives voix et exprimer leur pardon au peuple algérien à haute cadence sous les fenêtres de l’ambassade d’Algérie au Caire, presque une année et demie après les faits regrettables restés jusque là sans aucune excuse malgré que quelques langues s’étaient déliées.
Cette spontanéité des femmes et des hommes égyptiens désormais libres ne ressemble en rien à celle du parti unique du président chassé et qui ordonnait comme bon lui semble n’importe quelle marche « spontanée » favorable à ses diagrammes ou défavorable à un projet adverse et aux partis, mis sous l’entonnoir, de ce qu’il en restait de son opposition.
Les jeunes égyptiens ont même scandé des « One Two Three, Viva l’Algérie ! » au quartier de Zamalek en plein centre du Caire en face de la représentation algérienne. Cela faisait vraiment plaisir à les entendre. Rappelons qu’au lendemain de la double confrontation footballistique de Novembre 2009, ce même lieu a failli être mis à feu et à sac par les « baltagias » de l’ancien système, montés à bloc, rassemblés « spontanément » sur ordre et soutenus par la propagande locale digne d’un pays sous-développé culturellement. Comme quoi il y a une justice divine et en un temps record a mis à nu toutes les visées des anciens occupants de l’Égypte.
Les algériens n’ont-ils pas accueillis admirablement leurs frères égyptiens qui ont fui la Libye à travers nos frontières ? Ces derniers appréhendaient beaucoup leur passage en territoire algérien mais vite dissipé et soulagé à la vue de l’accueil que leur réservaient leurs frères algériens. Ils ont aussi versé des larmes chaudes pleines d’émotions. Les sources du mal ne peuvent ainsi séparer longtemps deux parties d’un même corps.
Les jeunes révolutionnaires d’Oum Dounia sont également allés promptement à l’ambassade de Tunisie pour exprimer les mêmes repentirs suite à un match entre le Club du Zamalek du Caire et du Club Africain de Tunis du Week-end précédent. D’après les témoignages sur la toile de certains responsables sportifs, ce sont d’anciens nostalgiques et résidus de Alae et Djamel qui sont les protagonistes du retour en arrière. Ils rêvent toujours de revenir à leurs privilèges pharaoniques d’avant le 25 Janvier 2011. Malheureusement c’en est trop tard pour eux, la tentative a échoué sur le fil. La révolution est déjà passée par là.
Les fortes sensations de vibration ne cessaient de vous envahir tout le buste et titiller tous vos sens. Les manifestations ambitionnent d’une réelle unité arabe contrairement à celle de l’immobilisme et du déshonneur au moment où nos frères palestiniens subissent tous les jours les affres de la politique raciste de l’état sioniste.
A l’orée de cette révolution, il ne se trouve pas un citoyen arabe qui ne souhaite pas que les relations arabo-arabes sortent du carcan actuel et deviennent exemplaires à l’image de celles qui guident les pays de l’Europe où toutes les frontières sont bannies à jamais, chose impensable après qu’ils se sont fait la guerre il y a une soixantaine d’années seulement et que rien ne les associait au départ en commençant par la langue sauf leur volonté de mettre un terme à leur désunion.
Ils ne sont sortis que plus forts et consolidés par cette union. Le Portugal et l’Espagne qui étaient dans les années 70 fournisseurs d’émigrés à l’ancienne Allemagne Fédérale et à la France, ne le sont plus actuellement. Ce que les pays arabes n’ont pas concrétisé, au contraire certains de ses membres ont imposé des visas d’entrée en limitant au compte-gouttes ou en fermant tous les espaces.
Une fois que tous les malentendus préfabriqués sous l’ancien règne soient disparus à jamais et dont les valeureux jeunes égyptiens ne voulaient absolument pas devenir des sujets, l’horizon ne peut qu’être que plus clair et visible.
Maintenant que la révolution égyptienne est à son stade de reconstruction, je ne pense qu’un seul Algérien n’ait pas vibré au rythme de ces jeunes de « Maidane Ettahrir ». En 18 jours, ils ont vu toutes les couleurs principalement les célèbres baltagias montant sur des chameaux s’attaquant aux jeunes qui manipulent merveilleusement le clavier contrairement aux autres maniant le sabre avec adresse. Deux contradictions face à face. On connait la suite du résultat final.
Nous avons vécus toutes les étapes difficiles, presque heure par heure, parfois minute par minute toutes les péripéties. On ne dormait que vers les 2 heures du matin pour se lever tôt le lendemain pour suivre infatigablement les moments intenses du plus grand feuilleton égyptien en grandeur nature et en direct live que l’Égypte moderne a créé.
Cette révolution restera à jamais gravée dans nos mémoires comme celle de nos frères tunisiens. Elle a marqué de ses empreintes l’histoire, ce serait sans aucun doute un tournant important pour la suite des évènements. Elle a donné beaucoup d’espoir et rendu la dignité à cette nation arabe qui piétine, freinée sans cesse dans son élan, ralentie dans son effort, retardée dans son développement, blessée dans son orgueil après plus d’un demi-siècle de son indépendance du joug de l’envahisseur occidental. Laissée à la traîne, elle n’a que trop attendu son heure qui sonne maintenant de plus en plus fort pour son véritable départ afin de rattraper son retard et combler ses lacunes de l’éducation, de l’économie, du développement et du progrès.
Références :
1) http://www.lebuteur.com/en/actualites/les-aveux-des-egyptiens-sur-le-caillassage-du-bus-algerien#ixzz1IaneXT00
2) http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=hysCjU9FGNw#at=35
3) http://www.youtube.com/watch?v=O64Bp8yDAeQ&feature=player_embedded
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jeudi 31 mars 2011
Le pays et la peau de banane (L'amour du pays)
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Article paru sur le Quotidien d'Oran du Jeudi 31 mars 2011 que vous trouverez également sur les liens suivants:
- en format pdf: http://fr.calameo.com/read/000370446149defbb6012
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- en format html:http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5151183
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L’Algérie appartient à tous ses enfants, des plus petits jusqu’à ses aînés. Elle est la mère nourricière de tous ses fils sans exception. Elle n’est pas une propriété privée de quelques uns qui se supposent être investis d’une mission de la défendre beaucoup plus que d’autres. Chaque algérien aime son pays à sa façon. Il le défend à sa manière, comme il le voit, comme il l’entend. L’essentiel est qu’il ne le trahirait quels que soient les circonstances et les évènements.
Il y a ceux qui expriment bruyamment leur amour au pays en l’annonçant sur tous les toits du pays. D’autres le font discrètement tous les jours que Dieu en fait. On ne peut pas dire que les uns adorent leur pays abondamment plus que les autres. Il n’existe pas un étalon spécial pour le mesurer. La référence suprême de cet amour étant le sacrifice des martyrs qui ont donné leur vie à ce pays.
De plus, l’amour du pays n’est pas l’apanage de certains qui se croient disposer d’un chèque à blanc, de prôner une révélation unilatérale pour prétendre parler à la place des autres, voire usurper la parole aux autres. L’amour du pays n’est en aucune manière une marque déposée d’une certaine frange qui se prétend dépositaire d’un quelconque label.
C’est cette forme de discours qui a commis des dégâts incommensurables au pays en lui faisant gâcher d’immenses opportunités. Elle a fait fuir du pays des centaines de milliers de capacités indéniables par les cieux ou par la nage et a fait taire et mis sur la touche des compétences incontestables pour son développement et son avenir.
L’amour du pays doit être prouvé à chaque moment, à chaque instant. Même si l’on vit très loin de ses terres, on doit le sentir intensément. Il est comme la foi. Il est intérieur, caché au plus profond de soi-même.
Il pourrait être hypocrite lorsque la langue l’exprime de manière différente, contradictoire de ce que pense le cœur. La langue et le cœur ne doivent pas être en opposition de phase comme le sont certains dès qu’ils descendent de leurs nuages ou dès qu’ils sont écartés de leurs fonctions. Le degré de l’amour du pays ne doit pas, non plus, être en fonction du poste occupé ni des conditions confortables du moment. Il doit être uniforme, une constante de l’âge de la conscience jusqu’au trépas.
A chaque fois qu’un citoyen lambda ose apporter son point de vue sur un sujet particulier, il est mis inévitablement à l’index s’il ne rentre pas dans un certain ordre établi ou calculé. Il est traité de tous les noms, voire accusé d’une certaine façon de réfléchir qui n’entre pas dans les plans de certains qui ne veulent absolument que le pays s’émancipe pour grandir un peu, devenir adulte et qui n’a point besoin de tutorat pour émettre son avis. Si tu n’es pas avec moi, tu es automatiquement contre moi est la devise prêchée des présumés donneurs de leçons.
A travers de tels propos d’un autre temps révolu, l’objectif recherché n’est pas de lancer un certain débat serein dans la société mais de le brusquer, de vouloir le clore définitivement et mis irréparablement aux calendes grecques. L’espace pour respirer doit se refermer au plus vite, la bouffée d’oxygène doit être coupée rapidement avant que le vent souffle sur tout ce qui est immobile et qui se stagne, soutenu par des forces inertes. Le pauvre petit lambda doit étouffer dans sa coquille pour ainsi dire jusqu’à exploser de la marmite qu’on croyait toujours concomitante.
Dans notre pays, lorsque quelqu’un met le doigt sur un problème minant un secteur donné, tout de suite on interprète quelque part au dessus qu’il s’agit d’une peau de banane dirigée contre le premier responsable du secteur. Qu’il est diligenté par une partie de l’ombre qui veut le déloger de son siège, l’éjecter dans les profondeurs, le faire oublier à jamais. Une sorte de cabinet noir qui mijote dans le secret en projetant lui jeter un sort sur son ascension qu’il concevait fulgurante. Certes, des coups bas de ce genre sont légions chez nous mais sans les innombrables erreurs, boulettes de gestion et l’incompétence du responsable, rares seraient tirées les percussions dans sa direction.
Les bévues commises ne soient limitées que si l’on associait aux projets les réels partenaires, les valables interlocuteurs ou pourquoi pas le relier au large public lorsque cela s’avèrerait nécessaire.
On ne risque pas de déraper lorsque la question a fait l’objet d’un large, profond et utile débat, d’amples discussions avec les concernés. Les risques ne seraient dans ce cas que minimisés. Chaque appréciation compte et mérite d’être écoutée avec la plus grande intention et admise en extrême importance.
A titre d’exemple qui domine l’actualité dans le milieu universitaire, on voit comment nos étudiants ont déjà perdu plus d’un mois d’enseignements par l’absence d’un dialogue non anticipé à temps avec les vis-à-vis.
Si outre-mer dans les pays dits développés et en ce moment cela commence en Égypte et en Tunisie, lorsqu’un problème survient, il est vite cerné, étudié, analysé avec rigueur, épluché de tous les côtés, décortiqué sous tous les angles, soumis à toutes les contradictions. Un sujet particulier est malaxé à toutes les sauces afin de faire ressortir l’essentiel.
D’abord disséqué au sein des médias en invitant à débattre tous les intervenants. Tout le monde sait que beaucoup d’entre-nous sont branchés sur les télés d’ailleurs, TF1, France 2, France 3, France 5, la toute nouvelle chaîne info France 24 ou celle de la désormais incontournable Aljazeera.
Faute d’un débat clos depuis longtemps, les émissions telles que « C’est dans l’air », « Mots croisés», « Ce soir ou jamais », « Direction opposée », etc… sont suivies assidûment par un public averti avec une attention parfois très poussée et passionnée. Elles permettent de fantasmer un petit peu et d’aspirer à ce que nous vivions cela réellement, pourquoi pas de la même façon.
Les citoyens désormais plus que câblés connaissent tout sur le bout des doigts les journalistes et les hommes politiques au-delà de la méditerranée et du côté du petit émirat et ignorent presque tout de leur personnel local mis à part quelques mimes de temps à autres dans les journaux télévisés locaux.
C’est un rêve qui tarde à se concrétiser. Il devient beaucoup plus virtuel que palpable. L’intermède vécu en football avec l’équipe nationale nous a quelque peu dévié du nord mais tout de suite après, les yeux se sont à nouveau braqués vers les mers. A la longue, cela représente un grand risque pour le pays où les influences sont grandes avec la mondialisation et le monde devenu un grand village médiatique relayé par les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter sur Internet qui font fureur actuellement en provoquant des révolutions inimaginables dans des pays considérés jusque-là comme invulnérables à tout changement.
Souhaitons que la décision d’ouverture des médias lourds annoncée mais différée ne soit point qu’une illusion de plus. Alors soyons pragmatiques et retenons les leçons de nos voisins pour ne rien regretter dans un futur qui peut s’avérer tout proche. Il vaudrait mieux anticiper soi-même une révolution de palais que d’être secoué de toutes parts et ballottés de tous les côtés.
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Article paru sur le Quotidien d'Oran du Jeudi 31 mars 2011 que vous trouverez également sur les liens suivants:
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L’Algérie appartient à tous ses enfants, des plus petits jusqu’à ses aînés. Elle est la mère nourricière de tous ses fils sans exception. Elle n’est pas une propriété privée de quelques uns qui se supposent être investis d’une mission de la défendre beaucoup plus que d’autres. Chaque algérien aime son pays à sa façon. Il le défend à sa manière, comme il le voit, comme il l’entend. L’essentiel est qu’il ne le trahirait quels que soient les circonstances et les évènements.
Il y a ceux qui expriment bruyamment leur amour au pays en l’annonçant sur tous les toits du pays. D’autres le font discrètement tous les jours que Dieu en fait. On ne peut pas dire que les uns adorent leur pays abondamment plus que les autres. Il n’existe pas un étalon spécial pour le mesurer. La référence suprême de cet amour étant le sacrifice des martyrs qui ont donné leur vie à ce pays.
De plus, l’amour du pays n’est pas l’apanage de certains qui se croient disposer d’un chèque à blanc, de prôner une révélation unilatérale pour prétendre parler à la place des autres, voire usurper la parole aux autres. L’amour du pays n’est en aucune manière une marque déposée d’une certaine frange qui se prétend dépositaire d’un quelconque label.
C’est cette forme de discours qui a commis des dégâts incommensurables au pays en lui faisant gâcher d’immenses opportunités. Elle a fait fuir du pays des centaines de milliers de capacités indéniables par les cieux ou par la nage et a fait taire et mis sur la touche des compétences incontestables pour son développement et son avenir.
L’amour du pays doit être prouvé à chaque moment, à chaque instant. Même si l’on vit très loin de ses terres, on doit le sentir intensément. Il est comme la foi. Il est intérieur, caché au plus profond de soi-même.
Il pourrait être hypocrite lorsque la langue l’exprime de manière différente, contradictoire de ce que pense le cœur. La langue et le cœur ne doivent pas être en opposition de phase comme le sont certains dès qu’ils descendent de leurs nuages ou dès qu’ils sont écartés de leurs fonctions. Le degré de l’amour du pays ne doit pas, non plus, être en fonction du poste occupé ni des conditions confortables du moment. Il doit être uniforme, une constante de l’âge de la conscience jusqu’au trépas.
A chaque fois qu’un citoyen lambda ose apporter son point de vue sur un sujet particulier, il est mis inévitablement à l’index s’il ne rentre pas dans un certain ordre établi ou calculé. Il est traité de tous les noms, voire accusé d’une certaine façon de réfléchir qui n’entre pas dans les plans de certains qui ne veulent absolument que le pays s’émancipe pour grandir un peu, devenir adulte et qui n’a point besoin de tutorat pour émettre son avis. Si tu n’es pas avec moi, tu es automatiquement contre moi est la devise prêchée des présumés donneurs de leçons.
A travers de tels propos d’un autre temps révolu, l’objectif recherché n’est pas de lancer un certain débat serein dans la société mais de le brusquer, de vouloir le clore définitivement et mis irréparablement aux calendes grecques. L’espace pour respirer doit se refermer au plus vite, la bouffée d’oxygène doit être coupée rapidement avant que le vent souffle sur tout ce qui est immobile et qui se stagne, soutenu par des forces inertes. Le pauvre petit lambda doit étouffer dans sa coquille pour ainsi dire jusqu’à exploser de la marmite qu’on croyait toujours concomitante.
Dans notre pays, lorsque quelqu’un met le doigt sur un problème minant un secteur donné, tout de suite on interprète quelque part au dessus qu’il s’agit d’une peau de banane dirigée contre le premier responsable du secteur. Qu’il est diligenté par une partie de l’ombre qui veut le déloger de son siège, l’éjecter dans les profondeurs, le faire oublier à jamais. Une sorte de cabinet noir qui mijote dans le secret en projetant lui jeter un sort sur son ascension qu’il concevait fulgurante. Certes, des coups bas de ce genre sont légions chez nous mais sans les innombrables erreurs, boulettes de gestion et l’incompétence du responsable, rares seraient tirées les percussions dans sa direction.
Les bévues commises ne soient limitées que si l’on associait aux projets les réels partenaires, les valables interlocuteurs ou pourquoi pas le relier au large public lorsque cela s’avèrerait nécessaire.
On ne risque pas de déraper lorsque la question a fait l’objet d’un large, profond et utile débat, d’amples discussions avec les concernés. Les risques ne seraient dans ce cas que minimisés. Chaque appréciation compte et mérite d’être écoutée avec la plus grande intention et admise en extrême importance.
A titre d’exemple qui domine l’actualité dans le milieu universitaire, on voit comment nos étudiants ont déjà perdu plus d’un mois d’enseignements par l’absence d’un dialogue non anticipé à temps avec les vis-à-vis.
Si outre-mer dans les pays dits développés et en ce moment cela commence en Égypte et en Tunisie, lorsqu’un problème survient, il est vite cerné, étudié, analysé avec rigueur, épluché de tous les côtés, décortiqué sous tous les angles, soumis à toutes les contradictions. Un sujet particulier est malaxé à toutes les sauces afin de faire ressortir l’essentiel.
D’abord disséqué au sein des médias en invitant à débattre tous les intervenants. Tout le monde sait que beaucoup d’entre-nous sont branchés sur les télés d’ailleurs, TF1, France 2, France 3, France 5, la toute nouvelle chaîne info France 24 ou celle de la désormais incontournable Aljazeera.
Faute d’un débat clos depuis longtemps, les émissions telles que « C’est dans l’air », « Mots croisés», « Ce soir ou jamais », « Direction opposée », etc… sont suivies assidûment par un public averti avec une attention parfois très poussée et passionnée. Elles permettent de fantasmer un petit peu et d’aspirer à ce que nous vivions cela réellement, pourquoi pas de la même façon.
Les citoyens désormais plus que câblés connaissent tout sur le bout des doigts les journalistes et les hommes politiques au-delà de la méditerranée et du côté du petit émirat et ignorent presque tout de leur personnel local mis à part quelques mimes de temps à autres dans les journaux télévisés locaux.
C’est un rêve qui tarde à se concrétiser. Il devient beaucoup plus virtuel que palpable. L’intermède vécu en football avec l’équipe nationale nous a quelque peu dévié du nord mais tout de suite après, les yeux se sont à nouveau braqués vers les mers. A la longue, cela représente un grand risque pour le pays où les influences sont grandes avec la mondialisation et le monde devenu un grand village médiatique relayé par les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter sur Internet qui font fureur actuellement en provoquant des révolutions inimaginables dans des pays considérés jusque-là comme invulnérables à tout changement.
Souhaitons que la décision d’ouverture des médias lourds annoncée mais différée ne soit point qu’une illusion de plus. Alors soyons pragmatiques et retenons les leçons de nos voisins pour ne rien regretter dans un futur qui peut s’avérer tout proche. Il vaudrait mieux anticiper soi-même une révolution de palais que d’être secoué de toutes parts et ballottés de tous les côtés.
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mercredi 16 février 2011
Adieu Professeur.
« Monsieur le Wali, ma brosse ne sait rien faire d’autres que de brosser un tableau noir »
Professeur Mohand Saïd OUALI [1947-2011]
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« Salam,
C’est en ces termes que la collègue S.T., Professeur de chimie à l’université de Sidi Bel Abbès résumait dans son message de condoléances la vie de notre Professeur Mohand Saïd Ouali, chimiste de son état, rappelé à Dieu en cette journée ensoleillée de ce Dimanche 13 Février 2011 aux lueurs de l’aube du matin de ce même jour. Tous les collègues l’ayant connu de près ou de loin attestent du même témoignage sur ce grand monsieur de les universités de Mostaganem en particulier et Algérienne en général. Un modèle du genre dont l’enseignant chercheur doit s’inspirer.
Ce modeste papier ne peut résumer à lui seul la carrière d’un scientifique de haut rang, ni ne peut lui rendre un digne hommage pour celui qui n’a été qu’un bref directeur de l’ex-Ecole Normale Supérieure de Mostaganem en l’espace de quelques mois seulement. Il y a goûté à la responsabilité dont il est sorti de son propre gré répugnant. Il n’acceptait jamais qu’on lui dicte de là-haut la politique à prôner pour le bien être de son milieu universitaire.
Par contre, il veillait rigoureusement à l’application à la lettre de la réglementation en vigueur, pas à coups d'ingérence intempestifs du téléphone, diligentés du sommet de la pyramide. Il ne voulait en rien céder sur ses prérogatives. Il avait alors compris qu’il ne pouvait pas assumer, dans ces conditions, une telle responsabilité en jetant rapidement l’éponge pour ne se consacrer qu’à la chose purement scientifique en jetant son dévolu sur la recherche qu’il n’avait d’ailleurs jamais auparavant abandonnée.
Professeur Mohand Saïd OUALI [1947-2011]
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« Salam,
C'est avec beaucoup de tristesse et de douleur que je viens d'apprendre le décès de notre collègue le professeur Ouali. Quelle perte pour l'université algérienne ! Homme de sciences, il était très rigoureux et refusait absolument la médiocrité et le manque d'éthique dans l'enseignement supérieur. Ses écrits : ouvrages, articles scientifiques sont là pour témoigner de sa valeur morale et scientifique et rappelleront éternellement l'homme qu'il était et qui restera. Je présente à toute la famille Ouali mes plus sincères condoléances et prie Dieu de l'accueillir dans son vaste paradis. A Dieu nous appartenons et c'est à Dieu que nous retournons. ».
C’est en ces termes que la collègue S.T., Professeur de chimie à l’université de Sidi Bel Abbès résumait dans son message de condoléances la vie de notre Professeur Mohand Saïd Ouali, chimiste de son état, rappelé à Dieu en cette journée ensoleillée de ce Dimanche 13 Février 2011 aux lueurs de l’aube du matin de ce même jour. Tous les collègues l’ayant connu de près ou de loin attestent du même témoignage sur ce grand monsieur de les universités de Mostaganem en particulier et Algérienne en général. Un modèle du genre dont l’enseignant chercheur doit s’inspirer.
Ce modeste papier ne peut résumer à lui seul la carrière d’un scientifique de haut rang, ni ne peut lui rendre un digne hommage pour celui qui n’a été qu’un bref directeur de l’ex-Ecole Normale Supérieure de Mostaganem en l’espace de quelques mois seulement. Il y a goûté à la responsabilité dont il est sorti de son propre gré répugnant. Il n’acceptait jamais qu’on lui dicte de là-haut la politique à prôner pour le bien être de son milieu universitaire.
Par contre, il veillait rigoureusement à l’application à la lettre de la réglementation en vigueur, pas à coups d'ingérence intempestifs du téléphone, diligentés du sommet de la pyramide. Il ne voulait en rien céder sur ses prérogatives. Il avait alors compris qu’il ne pouvait pas assumer, dans ces conditions, une telle responsabilité en jetant rapidement l’éponge pour ne se consacrer qu’à la chose purement scientifique en jetant son dévolu sur la recherche qu’il n’avait d’ailleurs jamais auparavant abandonnée.
Pour ceux qui l’ont côtoyé tous les jours, ils lui vouent une admiration sans limites devant tant d’humilités et le découvrent davantage à chaque moment de plaisir passé en sa compagnie. Ce n’est pas parce qu’il n’est plus de ce monde que l’on étale ses énormes mérites en poussant l’encensement mais c’est le sentiment quasi unanime de tous ses collègues. La foule impressionnante qui l’a accompagné jusqu’à sa dernière demeure montre bien la considération et l’attention que lui portent ses anciens compagnons de route.
Il ne faut pas non plus avoir peur des mots pour affirmer qu’il faudrait beaucoup de temps à l’université Algérienne pour enfanter et élever un professeur de sa trempe, tant sur les plans scientifique qu’intellectuel.
Le retard de développement pris par notre pays lui faisait très mal. Il était encore plus rigoureux en premier lieu avec sa personne pour l’être ensuite à son entourage. Il avait toujours mis la barre plus haute selon les normes universitaires universelles. Son seul souci était la dégradation flagrante du niveau qui se dégringolait affreusement. Il luttait contre vents et marrées, on peut dire qu’il naviguait à contresens du fort courant de l’impitoyable déluge. On pourrait dire maintenant qu’il était même trop idéaliste pour une époque dégénérée dans pratiquement tous les domaines. Malgré ce déclin, il ne lâchait jamais prise devant les carences qui ont noyé l’université Algérienne.
Il a combattu de toutes ses forces devant le mal profond qui mine notre université. Mais lorsqu’on prêche la bonne parole dans des espaces de plus en plus gagnés par l’opportunisme et l’arrivisme de pseudos scientifiques, on peut rendre l’âme mais il l’a fait avec tous les honneurs dus à son rang, les armes à la main. Il est mort debout, le stylo et le clavier aux bouts des doigts.
Malgré sa souffrance de la maladie, à la veille de son décès vers 19 heures, il avait envoyé un e-mail à un de ses collègues. Je vous laisse le soin d’analyser ce qu’il distillait dans son message, un dernier héritage à ses collègues : « Cher ami, je te prie de t'informer de temps en temps du calendrier d'inscription en Master 2 à l'Usto (ouverture, constitution du dossier et date limite de dépôt). Je te serai infiniment reconnaissant de veiller à alerter ma fille du développement des évènements car pour l'instant je ne puis le faire étant donné mon état de santé. Merci d'avance. Amicalement et à bientôt. OUALI ».
Comme on le constate fort bien, il était inquiet pour son travail qu’il ne l’a quitté que par la force majeure qui l’a cloué au lit depuis plus d’un mois avant son décès. Il trouvait quand même la résistance et le courage pour se soulever difficilement et rendre visite à ses collègues. Il ne pouvait pas se priver de humer l’air universitaire, le seul endroit dans le pays, qui le faisait encore maintenir en réanimation.
Durant ses derniers jours, il était même revenu pour assurer une surveillance d’un examen pour lequel il était convoqué. Il respectait fortement la hiérarchie pédagogique. Il n’acceptait aucune faveur ni un quelconque avantage pédagogique par rapport à ses collègues. Il ne rechignait jamais devant l’effort face à ses devoirs pédagogiques et statutaires.
Il ne connaissait rien sur le marchandage des notes. Aucun étudiant, ni d’autres personnes n’osaient l’approcher pour demander le rajout d’un quelconque quart de point par ci ou par là. Ils savaient bien que le Professeur ne pouvait jamais fléchir sur le mal acquis. Sa conscience professionnelle ne lui permettait aucunement le moindre petit écart. Il était « carré » comme on le dit souvent pour exprimer la droiture de l’être humain. Par contre, il était sensible et humain dans ses rapports. Il n’avait pas d’ennemis mais justes des adversaires des règles prescrites.
Il ne connaissait pas un autre milieu que celui de son université où il était présent à son bureau durant toute la journée. Tu le cherches, tu le trouveras toujours disponible. Il aimait aussi la tranquillité des week end pour se concentrer un peu plus sur son travail qui l’absorbait, lui bouffait tout son temps. Il était comme un poisson dans l’eau dans son univers qu’il s’est créé.
L’ayant côtoyé depuis plus d’une douzaine d’années, je n’ai jamais vu le professeur Ouali prendre des vacances même celles très rarement de l’été qu’il méritait d’ailleurs amplement. Il était à son bureau ou à son laboratoire du matin au soir. Qu’il vente ou qu’il pleuve, il était pratiquement le dernier à quitter son lieu de travail, il était toujours fidèle à son poste.
Depuis que je l’ai connu, il n’a jamais demandé ni pris un stage de courte durée à l’étranger ni un congé scientifique dont bénéficient annuellement une grande majorité des enseignants universitaires. Il ne voyait pas la grande utilité de partir en stage le temps de quelques jours pour faire un travail scientifique sérieux. Il voulait être le parfait exemple et il a réussi de partir propre dans l’au-delà et de rencontrer son Dieu en cet état de piété et de pureté scientifiques.
Il était constamment en guerre contre la médiocrité qui submerge l’université Algérienne. A lui tout seul, il représentait un formidable équilibre, un contrepoids nécessaire. Son âme va encore peser dans les esprits que j’espère ne sera pas que de courtes durées. Nos collègues doivent méditer et constamment se rappeler à l'ordre lorsque les sens maléfiques leur prennent le dessus. J’ai la crainte de voir des prédateurs surgir de nulle part et qui guettent la moindre occasion pour occuper la parcelle libérée par ses réels propriétaires pour profiter allègrement de sa disparition et s’approprier en indus occupants l’espace orphelin.
Encore merci, cher Professeur, pour ces leçons dont nos conseils d’éthique et de déontologie dont certains n’existent que de nom, doivent s’en insuffler. Pour le noble métier qu’il exerçait avec ferveur, il disait qu’il est plein de transpiration mais c’est l’inspiration qui en manque le plus actuellement.
Ses interventions et ses critiques étaient argumentaires, pertinentes et judicieuses à la fois. Il faut noter qu’elles étaient appréciables de tous. Car elles suivaient simplement le bon sens et la logique que seule sa conscience de véritable enseignant chercheur lui dictait. Tous les responsables, qui en doutaient sur leurs capacités, ne pouvaient l’amadouer aussi facilement. Ils l’enviaient pour son intégrité morale irréprochable.
Il choisissait ses amis parmi ceux qui lorgnaient vers les principes généreux. Il n’acceptait aucunement les caméléons qui retournaient leur veste au moindre changement du patron au détriment des principes généraux. En tous les cas, ses adversaires au plus profond d’eux-mêmes, s’ils en restent quelques uns aujourd’hui, le respectaient, même discrètement, à cause de cette ligne de conduite dont il s’est imposé et qui ne le faisait dévier en aucun cas de la rectitude. Il était intraitable sur cette question.
A lui tout seul, il symbolisait un syndicat incorruptible à l’intérieur des conseils administratif, pédagogique et scientifique. Espérons que son franc parler, sans détours ni d'aucune magnanimité, ait reproduit une légende en léguant d’indélébiles traces derrière lui.
Il faisait souffrir scientifiquement ses magistérants et ses doctorants. Il ne faisait soutenir que ceux qui bossaient sérieusement et inlassablement. Il ne badinait jamais avec la discipline de règle qu’il s’est appliquée d’abord à lui-même avant le reste. Aujourd’hui, ils ne regrettent en rien leur passage entre ses mains, ils lui seront toujours reconnaissants.
Son cheval de bataille était aussi sa lutte contre les jurys de complaisance et de la spéculation scientifiques qui se sont banalisés fâcheusement dans notre milieu. Il était aussi mal à l’aise face à la compromission et à tout ce qui touchaient l’université algérienne à propos du plagiat et du copié-collé qui a pris un ascendant dangereux. C’est pour vous dire que l’éthique universitaire et la déontologie faisaient parties de ses profondes craintes et prémonitions quant à l’avenir de l’université algérienne pour qui, il s’en est pleinement sacrifié durant toute sa carrière quoiqu’il soit parti trop jeune pour un scientifique à 63 ans.
Ce qui inquiète le plus, est que le professeur OUALI représentait une perle très rare au sein de notre université et il ne faut pas avoir peur des mots pour dire aussi celle du pays même s’il n’aimait pas se mettre particulièrement en évidence ni braquer sur lui les feux de l’actualité. Il était humble et plein de fierté.
Nous espérons tous, cher regretté Professeur, que ton université et ton Algérie ne t’oublieront pas de sitôt une fois enseveli sous terre. Il faut qu’elle commémore ta mémoire à chaque fois que l’occasion soit opportune pour évoquer tes immenses vertus, oh ! Combien exceptionnelles en ces temps de misères et de désastres intellectuels.
Tu mérites amplement que l’on fasse de ton passage dans cette vie des journées d’études pour perpétuer les qualités que tu as semées dans ton entourage. Je sens que tu ne nous as point quitté l’esprit tranquillisé vu l’état de déliquescence qui éclipse totalement les bonnes valeurs.
J’espère que les responsables universitaires de notre pays donneront ton nom à un édifice, à une université ou pourquoi pas à une grande rue. Il est tant que des universitaires de ta catégorie qui honorent la science et le pays, dans l’ombre la plus absolue, soient portés à la lumière une fois disparue.
Adieu Professeur Mohand Saïd OUALI, l’ami, le collègue, l’homme de sciences, l’intègre, le propre, le net, l’insoumis, le franc, le rigoureux, …Tant de qualificatifs difficiles de se trouver rassemblés sur une seule personne. La meilleure offrande que l’on puisse offrir à ta mémoire est d’adopter pleinement ce lourd tribu que tu nous as légué comme feuille de route quotidienne pour sortir l’université algérienne de son marasme général tout en priant Dieu que tu sois toujours dans un éternel et paisible repos tant mérités. Adieu notre cher Professeur !
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Il ne faut pas non plus avoir peur des mots pour affirmer qu’il faudrait beaucoup de temps à l’université Algérienne pour enfanter et élever un professeur de sa trempe, tant sur les plans scientifique qu’intellectuel.
Le retard de développement pris par notre pays lui faisait très mal. Il était encore plus rigoureux en premier lieu avec sa personne pour l’être ensuite à son entourage. Il avait toujours mis la barre plus haute selon les normes universitaires universelles. Son seul souci était la dégradation flagrante du niveau qui se dégringolait affreusement. Il luttait contre vents et marrées, on peut dire qu’il naviguait à contresens du fort courant de l’impitoyable déluge. On pourrait dire maintenant qu’il était même trop idéaliste pour une époque dégénérée dans pratiquement tous les domaines. Malgré ce déclin, il ne lâchait jamais prise devant les carences qui ont noyé l’université Algérienne.
Il a combattu de toutes ses forces devant le mal profond qui mine notre université. Mais lorsqu’on prêche la bonne parole dans des espaces de plus en plus gagnés par l’opportunisme et l’arrivisme de pseudos scientifiques, on peut rendre l’âme mais il l’a fait avec tous les honneurs dus à son rang, les armes à la main. Il est mort debout, le stylo et le clavier aux bouts des doigts.
Malgré sa souffrance de la maladie, à la veille de son décès vers 19 heures, il avait envoyé un e-mail à un de ses collègues. Je vous laisse le soin d’analyser ce qu’il distillait dans son message, un dernier héritage à ses collègues : « Cher ami, je te prie de t'informer de temps en temps du calendrier d'inscription en Master 2 à l'Usto (ouverture, constitution du dossier et date limite de dépôt). Je te serai infiniment reconnaissant de veiller à alerter ma fille du développement des évènements car pour l'instant je ne puis le faire étant donné mon état de santé. Merci d'avance. Amicalement et à bientôt. OUALI ».
Comme on le constate fort bien, il était inquiet pour son travail qu’il ne l’a quitté que par la force majeure qui l’a cloué au lit depuis plus d’un mois avant son décès. Il trouvait quand même la résistance et le courage pour se soulever difficilement et rendre visite à ses collègues. Il ne pouvait pas se priver de humer l’air universitaire, le seul endroit dans le pays, qui le faisait encore maintenir en réanimation.
Durant ses derniers jours, il était même revenu pour assurer une surveillance d’un examen pour lequel il était convoqué. Il respectait fortement la hiérarchie pédagogique. Il n’acceptait aucune faveur ni un quelconque avantage pédagogique par rapport à ses collègues. Il ne rechignait jamais devant l’effort face à ses devoirs pédagogiques et statutaires.
Il ne connaissait rien sur le marchandage des notes. Aucun étudiant, ni d’autres personnes n’osaient l’approcher pour demander le rajout d’un quelconque quart de point par ci ou par là. Ils savaient bien que le Professeur ne pouvait jamais fléchir sur le mal acquis. Sa conscience professionnelle ne lui permettait aucunement le moindre petit écart. Il était « carré » comme on le dit souvent pour exprimer la droiture de l’être humain. Par contre, il était sensible et humain dans ses rapports. Il n’avait pas d’ennemis mais justes des adversaires des règles prescrites.
Il ne connaissait pas un autre milieu que celui de son université où il était présent à son bureau durant toute la journée. Tu le cherches, tu le trouveras toujours disponible. Il aimait aussi la tranquillité des week end pour se concentrer un peu plus sur son travail qui l’absorbait, lui bouffait tout son temps. Il était comme un poisson dans l’eau dans son univers qu’il s’est créé.
L’ayant côtoyé depuis plus d’une douzaine d’années, je n’ai jamais vu le professeur Ouali prendre des vacances même celles très rarement de l’été qu’il méritait d’ailleurs amplement. Il était à son bureau ou à son laboratoire du matin au soir. Qu’il vente ou qu’il pleuve, il était pratiquement le dernier à quitter son lieu de travail, il était toujours fidèle à son poste.
Depuis que je l’ai connu, il n’a jamais demandé ni pris un stage de courte durée à l’étranger ni un congé scientifique dont bénéficient annuellement une grande majorité des enseignants universitaires. Il ne voyait pas la grande utilité de partir en stage le temps de quelques jours pour faire un travail scientifique sérieux. Il voulait être le parfait exemple et il a réussi de partir propre dans l’au-delà et de rencontrer son Dieu en cet état de piété et de pureté scientifiques.
Il était constamment en guerre contre la médiocrité qui submerge l’université Algérienne. A lui tout seul, il représentait un formidable équilibre, un contrepoids nécessaire. Son âme va encore peser dans les esprits que j’espère ne sera pas que de courtes durées. Nos collègues doivent méditer et constamment se rappeler à l'ordre lorsque les sens maléfiques leur prennent le dessus. J’ai la crainte de voir des prédateurs surgir de nulle part et qui guettent la moindre occasion pour occuper la parcelle libérée par ses réels propriétaires pour profiter allègrement de sa disparition et s’approprier en indus occupants l’espace orphelin.
Encore merci, cher Professeur, pour ces leçons dont nos conseils d’éthique et de déontologie dont certains n’existent que de nom, doivent s’en insuffler. Pour le noble métier qu’il exerçait avec ferveur, il disait qu’il est plein de transpiration mais c’est l’inspiration qui en manque le plus actuellement.
Ses interventions et ses critiques étaient argumentaires, pertinentes et judicieuses à la fois. Il faut noter qu’elles étaient appréciables de tous. Car elles suivaient simplement le bon sens et la logique que seule sa conscience de véritable enseignant chercheur lui dictait. Tous les responsables, qui en doutaient sur leurs capacités, ne pouvaient l’amadouer aussi facilement. Ils l’enviaient pour son intégrité morale irréprochable.
Il choisissait ses amis parmi ceux qui lorgnaient vers les principes généreux. Il n’acceptait aucunement les caméléons qui retournaient leur veste au moindre changement du patron au détriment des principes généraux. En tous les cas, ses adversaires au plus profond d’eux-mêmes, s’ils en restent quelques uns aujourd’hui, le respectaient, même discrètement, à cause de cette ligne de conduite dont il s’est imposé et qui ne le faisait dévier en aucun cas de la rectitude. Il était intraitable sur cette question.
A lui tout seul, il symbolisait un syndicat incorruptible à l’intérieur des conseils administratif, pédagogique et scientifique. Espérons que son franc parler, sans détours ni d'aucune magnanimité, ait reproduit une légende en léguant d’indélébiles traces derrière lui.
Il faisait souffrir scientifiquement ses magistérants et ses doctorants. Il ne faisait soutenir que ceux qui bossaient sérieusement et inlassablement. Il ne badinait jamais avec la discipline de règle qu’il s’est appliquée d’abord à lui-même avant le reste. Aujourd’hui, ils ne regrettent en rien leur passage entre ses mains, ils lui seront toujours reconnaissants.
Son cheval de bataille était aussi sa lutte contre les jurys de complaisance et de la spéculation scientifiques qui se sont banalisés fâcheusement dans notre milieu. Il était aussi mal à l’aise face à la compromission et à tout ce qui touchaient l’université algérienne à propos du plagiat et du copié-collé qui a pris un ascendant dangereux. C’est pour vous dire que l’éthique universitaire et la déontologie faisaient parties de ses profondes craintes et prémonitions quant à l’avenir de l’université algérienne pour qui, il s’en est pleinement sacrifié durant toute sa carrière quoiqu’il soit parti trop jeune pour un scientifique à 63 ans.
Ce qui inquiète le plus, est que le professeur OUALI représentait une perle très rare au sein de notre université et il ne faut pas avoir peur des mots pour dire aussi celle du pays même s’il n’aimait pas se mettre particulièrement en évidence ni braquer sur lui les feux de l’actualité. Il était humble et plein de fierté.
Nous espérons tous, cher regretté Professeur, que ton université et ton Algérie ne t’oublieront pas de sitôt une fois enseveli sous terre. Il faut qu’elle commémore ta mémoire à chaque fois que l’occasion soit opportune pour évoquer tes immenses vertus, oh ! Combien exceptionnelles en ces temps de misères et de désastres intellectuels.
Tu mérites amplement que l’on fasse de ton passage dans cette vie des journées d’études pour perpétuer les qualités que tu as semées dans ton entourage. Je sens que tu ne nous as point quitté l’esprit tranquillisé vu l’état de déliquescence qui éclipse totalement les bonnes valeurs.
J’espère que les responsables universitaires de notre pays donneront ton nom à un édifice, à une université ou pourquoi pas à une grande rue. Il est tant que des universitaires de ta catégorie qui honorent la science et le pays, dans l’ombre la plus absolue, soient portés à la lumière une fois disparue.
Adieu Professeur Mohand Saïd OUALI, l’ami, le collègue, l’homme de sciences, l’intègre, le propre, le net, l’insoumis, le franc, le rigoureux, …Tant de qualificatifs difficiles de se trouver rassemblés sur une seule personne. La meilleure offrande que l’on puisse offrir à ta mémoire est d’adopter pleinement ce lourd tribu que tu nous as légué comme feuille de route quotidienne pour sortir l’université algérienne de son marasme général tout en priant Dieu que tu sois toujours dans un éternel et paisible repos tant mérités. Adieu notre cher Professeur !
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