mardi 24 janvier 2017

EN : Retour à la case départ !

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Cet article est paru dans les colonnes du Quotidien d'Oran du jeudi 26 Janvier 2016 sous le lien suivant: 

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C'est avec la gueule de bois que le pays s’est brutalement réveillé de son monde virtuel, au lendemain de la défaite face à la Tunisie pour enfin retrouver ses esprits en retournant à son monde réel. L’équipe qui a été vénérée, il n’y a pas si longtemps que ça, est tournée en dérision par ses fans à travers les réseaux sociaux. Une publicité dans laquelle apparait le meilleur footballeur africain de l’année et qui est censée produire le déclic escompté, a produit l’effet contraire mettant certainement dans l’embarras ses concepteurs qui ont trop misé sur un exploit continental de l’EN. Un vrai gâchis pour cette équipe pétrie de bons joueurs, très enviée par d’autres pays en quête d’exploits mais la mauvaise exploitation de ces talents a mis fin à toutes les attentes des algériens.

Par contre, on constate que rien n'a changé à notre quotidien que ce soit avec la victoire ou la défaite de notre EN, ni avant 2010 ou après 2014. On retourne à la réalité après avoir longtemps vécu dans un mirage. Finalement, le bonheur qui ne se touche pas comme une paie à la fin du mois ou qu’on ne le palpe pas au change favorable à notre dinar, n'est qu'une illusion. Une victoire, même en CAN, ne pourra jamais résoudre les problèmes du pays. Elle ne fait que les dissimuler en ne repoussant indubitablement que les limites de l’impossible.

Chaque pays possède son EN phare mais la nôtre n'a jamais reflété la réalité du terrain. C'est une équipe montée de toutes pièces, créée pour amuser surtout la galerie en quête de triomphe en manque de repères et la faire oublier un tant soit peu de ses déboires de la vie. Une plèbe qui est très déçue de la chose politique et espère qu’un succès en foot pourrait la rendre heureuse. Qui est atteinte de maladie de la gouvernance des autorités et des élus que son seul salut repose sur son EN. Dans les pays développés, on continue à remplir les stades même au lendemain d’une défaite. C’est une véritable culture. On y va en famille identiquement à aller le week-end voir une pièce dans un théâtre, un orchestre symphonique à l’opéra ou un film au cinéma. À chacun son hobby. Un loisir demeurera toujours un loisir et fait pour aller se défouler de la pression sociale. Il ne doit en aucun cas constituer une affaire de survie. Ce qui est presque le cas chez soi.

Après son élimination du premier tour de la Can 2017, jumelée d’une probable élimination de la prochaine coupe du monde de 2018, sauf un miracle des cieux, l’EN va achever tous les hallucinations des algériens et va plonger les dirigeants dans une équation difficile à solutionner. Il faut vite trouver une autre échappatoire pour entretenir le leurre surtout que les échéances électorales frappent à nos portes et qu’il va falloir occuper tout ce monde à compter ses moutons. Il faut effectivement doubler d’ingéniosité en inventant un autre Oum Dourman, le « One-Two-Three » que le temps semble l’avoir fané, est révolu à force d’être usité.

Entendu sur une chaîne de TV locale, on veut maintenant imputer les malheurs des algériens à la faute de l'EN de foot et « essuyer » leurs couteaux sur son président ! Les arguments ? On a mis tous les moyens à sa disposition mais au final, elle n'a pas rendu le peuple heureux ! Ainsi la fierté et la joie des algériens ne se mesurent qu’aux envolées de Mahrez et aux pattes de ses partenaires ou une tête gagnante d’un Slimani rageur. Une balle déviée et c’est le drame de tout un peuple. Pourtant, ce n’est que l’effet de la balle qu’un vent soufflant dans la largeur du terrain peut l’éloigner de sa trajectoire et non dû à un quelconque effondrement du prix du baril ou de la hausse de la TVA à travers la loi des finances. Quoiqu’on dise, le foot lorsqu’il est détourné à des fins occultes, ne nourrit point le ventre mais détourne tout simplement les regards sur les vraies aspirations.

Si on suit cette logique, on peut ainsi affirmer que nos gouvernants se sont aussi mis à leurs dispositions toutes les richesses et le destin du pays et du peuple entre leurs mains mais au final, ils ne nous ont pas rendus non seulement comblés mais ils ont également hypothéqué l'avenir du pays avec leurs politiques successives tout en faisant évaporer des centaines de milliards de dollars en un peu de temps et au final, une politique austère avec toutes les conséquences que cela nous endurent. Je suppose que tout le monde devrait imaginer la question qu'on devrait se poser en faisant le parallèle entre les deux cas.

L’homme à abattre est donc le président de la FAF, Raourara, qui est devenu, en l’espace d’une soirée cauchemardesque, la personne sur laquelle se sont cristallisées et concentrées, à l’image d’un centre de gravité ou d’un point de fixation, toutes les misères du pays. Il est le premier et unique coupable tout désigné de la déchéance du ballon rond. Toutes les voies qui se sont tues jusqu’à présent et qui sont autant responsables que lui, se sont-elles subitement déchaînées comme des bêtes farouches sur l’ours tombé à terre et qui ont aiguisé comme il se doit leurs hachoirs sur le mutilé. Elles tirent à bout portant et sans aucun répit sur l’ambulance.

Mais il faut rappeler à ces ex-chiattas que Raourara a toujours été élu par une AG, l’organe souverain de la fédération, toute acquise à sa cause et personne n'avait osé par le passé se présenter face à lui, aux antécédentes élections de la présidence de la FAF, tellement il faisait l’unanimité dans leurs rangs. On sent qu’à travers leur silence, tout le monde trouve son compte. De plus, lorsqu’on consulte les statuts de cette association [1], introuvable d’ailleurs sur le site de la fédération à moins que Google ait « buggé », on constate dans leur article 11 que l’AG est composée des membres suivants avec voie délibérative:

1.      Le président de la ligue nationale,
2.      Le président de chaque ligue régionale,
3.      Le président de chaque ligue de wilaya,
4.      Le président du club sportif amateur ou professionnel,
5.      Le représentant des arbitres directeurs internationaux en activité,
6.      Le médecin fédéral,
7.      Les entraîneurs des équipes nationales,
8.      Le président de l’association nationale des arbitres,
9.      Le Président de l’association nationale des entraîneurs,
10.  2 représentants, des athlètes d’élite en exercice de l’EN « A »,
11.  Le président toute association des athlètes algériens résidents à l’étranger,
12.  Les représentants algériens dans les instances exécutives internationales en charge du football,
13.  Les anciens présidents de la FAF,
14.  10 experts désignés par le ministre chargé des sports,
15.  Les membres de la glorieuse EN de la Révolution Algérienne,
16.  Le délégué des sports militaires,
17.  Les membres élus du Bureau Fédéral.

Par ailleurs et comme le stipule clairement l’article 12, l’AG oriente et contrôle la politique générale pour vous montrer qu’elle constitue l’instance suprême de la FAF, par qui toutes les grandes décisions à entériner, doivent y transiter pour être approuvées et exécutées par la Bureau Fédéral, son instance exécutive composée de 18 membres, dans lequel le Président ne dispose que d’une seule voix à l’instar des autres membres.

Si on regarde maintenant de plus près la liste des membres de l’AG, au nombre de 108 selon le site de l’association [2] et qui nous réserve pas mal de surprises, on remarque que tous ces « experts » des plateaux des télévisions sont directement ou indirectement représentés en son sein. S’ils avaient quelques choses à exprimer, c’est à travers cette AG qu’ils auraient dû exprimer leurs positions face à face et en toute responsabilité.

Ils peuvent également provoquer une AG extraordinaire pour mettre à plat tous les problèmes s’il existe 72 signataires courageux. Ils auraient pu remettre en cause la politique entreprise depuis la réélection du président de la FAF en 2009 et qui ne devait pas être exclusivement le président de l’EN mais celui de premier responsable du football national. À la rigueur, alimenter l’EN en joueurs qui ne se sont pas formés dans les clubs locaux allait aboutir un jour ou l’autre à une impasse. L’EN ne devrait pas être la vitrine qui cache la forêt et qui nous donne une fausse image du sport-roi au lieu d’être un vrai miroir du labeur des clubs locaux.

On conclut amèrement, qu’avec tout l’argent mis à la disposition de l’EN, on n’a pas su produire le bonheur mais à sa place, on a entretenu de faux espoirs exactement comme le font nos gouvernants dans les affaires du pays tous domaines confondus. Il n’y a pas mieux qu’un retour à la réalité des choses, qu’un retour à la case départ pour repartir sur des fondements solides à force de faux départs et de replâtrages à l’infini.

Sources :


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mercredi 30 novembre 2016

Des primaires: Est-ce possible en Algérie ?

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Cet article est paru dans les colonnes du Quotidien d'Oran du jeudi 1er Décembre 2016 sous le lien suivant: 
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Par la pénurie, de vrais débats politiques, synonymes d’un désert démocratique, je sais que grâce aux réseaux sociaux, de nombreux compatriotes algériens avaient suivi assidûment les primaires de la droite et du centre français comme celles des primaires de la gauche de ce pays en 2011.

Depuis quelques années, on assiste donc à ces luttes impitoyables par programmes interposés et des débats d’idées, pour l’arbitrage des ambitions présidentielles des candidats d’un même bord politique. Les états-majors de ces partis ne craignent nullement les divisions en leur sein durant les campagnes électorales de leurs primaires. Au contraire, ils voient cela comme un renouveau de leurs partis et un nouveau souffle à inculquer par l’association direct de leurs adhérents et sympathisants appelés à départager les poulains pour au final ne laisser place qu’au cheval gagnant. Ils la voient également comme des exercices pour la préparation grandeur nature de la campagne présidentielle qui attendent leurs candidats favoris. Les candidats perdants ne doivent nullement rester à la marge, ils doivent s’engager non seulement à soutenir publiquement le candidat sortant mais à s’impliquer activement à sa campagne.

Peut-on imaginer que de nombreuses candidatures puissent se déclarer au sein de nos partis sans que l’on redoute leurs éclatements une fois les primaires consommées ? Que des partis s’émiettent en plusieurs morceaux, en quelque sorte comme des micro-partis avec de multitudes de partisans qui se livrent des batailles sur le terrain et seraient regroupées une fois la partie sifflée ? Ceci n’est possible que si les urnes décideront du destin politique de chaque prétendant. Que si la voix d’un électeur ne soit pas détournée à d’autres fins et pèserait de tout son poids.

Au fait, la participation au vote des dernières primaires de la droite française était ouverte à tous. Il fallait au préalable être inscrit sur la liste électorale au 31 décembre 2015, de verser 2 euros par tour de scrutin et de signer sur place la charte d'adhésion aux valeurs de la droite et du centre. On paie donc pour voter ! Sans compter le déplacement aux bureaux de vote et sans qu’aucune procuration ne soit acceptée. Quoiqu’ayant coûté 8 millions d’euros pour environ 8,5 millions de votants aux deux tours, ces primaires ont rapporté comme bénéfice net plus de 9 millions d’euros. Une belle cagnotte qui sera mise à la disposition de l’heureux élu pour faire campagne de la dernière ligne droite. Il n’y a ni aide de l’état ni ceux de ses institutions. C’est ce qu’on appelle une réelle indépendance financière.

Serait-il possible de tout cela chez nous ? Sans l’aide financière de l’état, presque tous les partis vivent sur le dos du contribuable algérien. J’en doute fort bien que les cotisations des adhérents soient à jour. Est-ce possible de demander 50 ou 100 dinars à chaque électeur à d’éventuelles primaires ? Pour le moment, on leur paie le casse-croûte, l’argent de poche de la journée, le déplacement gratuit dans des bus affrétés et ils feintent de voter à cause de la crédibilité perdue. Quant aux autres, les réels scores masqués de la participation en font foi.

Et puis, la chose quasi-impossible qui ne puisse aujourd’hui se réaliser est la mise, du fichier de la liste électorale nationale, à la disposition des partis pour vérifier si les électeurs votant à leurs primaires sont effectivement inscrits sur cette liste. Il faut souligner que ce fichier est le véritable nœud gordien pour toute élection et c’est là que tout se joue chez nous. Si les partis organisaient de telles primaires, elles acquéraient énormément d’expériences dans l’organisation d’élections et pourraient minimiser à l’avenir la fraude qu’ils dénoncent à chaque élection. Ce qui fait certainement craindre certaines parties occultes pour leur avenir.

Pour le moment, on n’assiste au sein de nos partis qu’à des redressements pilotés de l’extérieur et exécutés souterrainement de leur intérieur si jamais un clan en a un besoin crucial pour se débarrasser par des méthodes loin d’être académiques, des éléments les plus gênants ou les plus risqués pour son ascension. C’est vrai que des « primaires », on en a tous les jours de l’année, il faut savoir les palper. Parfois, on lance des ballons sondes à tâter l’opinion pour tel ou tel candidat. Ensuite, on guette le sens du vent pour suivre le candidat tout désigné par les vrais décideurs qui veillent au grain sur les intérêts du groupe. Tout le reste fait partie d’un même scénario de vieux films de série c.

Lors du premier tour de ces primaires de la droite et du centre français, tout le monde attendait la sortie dégradante de nicholas sarkozy. Jamais, je n’ai vu autant de jubilations et réjouissances de facebookiens algériens pour la défaite de celui-ci, certainement le politique le plus détestable, non seulement en Algérie mais à travers les peuples des autres pays du Maghreb et du monde arabo-musulman, pour avoir été celui qui a détruit la Libye, volé et tué son leader Mouammar Kadhafi. Le bonheur des algériens ne serait complet que lorsqu’il le verrait un jour jugé par le TPI et emprisonné jusqu’à la fin de ces jours.

En tous les cas, les caricatures que l’on a vues sur Facebook sur cet homme désormais retraité politique lui prédisent le sort d’être jeté dans l’oubli pour de bon dans les poubelles de l’histoire. Le monde ne se comporterai que mieux sans lui à l’instar des bush, netanyaho, blair et tant d’autres. En tous les cas, grâce à ces primaires, les électeurs français l’ont éjecté comme il se doit, de la manière la plus démocratique qui soit, et de la plus civilisée qui existe. Lui, qui se croyait être le nombril de la politique française et qui reniflait d’un effet boomerang.

Après le premier tour de ces primaires, et dès que les résultats étaient connus, les perdants reconnaissaient leurs défaites sans évoquer ni fraude, ni encore de bourrage des urnes, ni de la non-crédibilité de la haute autorité de l’organisation interne de ces primaires qui gère les élections, qui notons au passage qu’outre des politiques, elle se compose également de membres externes tels que des juges dont l’intégrité et les compétences sont avérées. Au soir du second tour et après la proclamation des résultats, les deux candidats finalistes se sont adressés à leurs sympathisants et qui se sont retrouvés une demi-heure plus tard au siège du comité d’organisation pour une réunion de leur famille politique comme si de rien n’était après que les électeurs aient nettement tranché. Le parti est ainsi réuni et consolidé et se sent plus que jamais fort derrière un seul candidat qui aurait la confiance de tout son camp politique et avec un programme à peaufiner pour son pays.

Tandis que chez nous, on continue à manger notre pain noir. Il n’en est point de tout cela et de ce genre de choses dont on s’est rassasiées chez nous et qui nous font de plus en plus souffrir et le pays avec. C’est pour cela que nombreux de mes semblables se sont tournés vers ces élections dont on rêvera un jour se dérouler pourquoi pas dans notre maison. Ne nous mériterons pas un tel saut dans la qualité ? On nous a toujours dit chez nous que ces trucs ne sont pas faits pour nous mais avec l’ouverture à la mondialisation, les choses ne sont plus ce qu’elles étaient du temps où ramener un magazine de l’étranger était considéré comme un sacrilège.

On revendique une place parmi les grandes nations mais en même temps on nous relègue parmi les plus pires. On aspire à une équipe nationale de foot qui participe à la coupe du monde mais en politique, on veut nous faire jouer à la relégation. De telles primaires ne peuvent qu’aider à la purification des partis. Sans ces tours préliminaires, la politique locale continue à produire de la médiocrité, de mauvais élus et d’exécrables assemblées. Les poids lourds seraient mis à l’écart et les poids plumes seraient plébiscités virtuellement. Sans l’élimination ou la qualification par des urnes au sein des partis, celles des urnes finales à grande échelle ne seront que mirage.


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mercredi 9 novembre 2016

De ces irresponsables de dernier cri

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L’Algérie souffre d’un mal qui est devenu un véritable désastre. C’est celui de ces responsables qui n’assument pleinement leurs responsabilités. La majorité d’entre-eux adopte la situation du statu-quo devant les difficultés. Moins ils bougent, et moins ils ont des soucis et plus ils ont la chance de pérenniser dans le poste. C’est ce qu’ils pensent, malheureusement. Ils y tiennent énormément à leurs statuts de chefs dont ils ne veulent plus s’en défaire. C’est leur gagne-pain au détriment des valeurs. Ils deviennent malades s’ils sont dépossédés de leurs avantages et leur aura. C’est aussi leurs façons d’exister mais dommage, nuisiblement pour la chère Algérie.

Lorsque les problèmes surgissent dans leurs secteurs, ils restent complètement figés. Ils se font même tous petits en tentant de se faire oublier en attendant de laisser passer l’orage. Plus de peur que de mal pour eux, tout à fait le contraire pour l’établissement. Ils rentrent presque en hibernation tellement ils ne cherchent nullement à démanteler les obstacles et dissoudre la catégorie des privilégiés. C’est la stratégie qu’ils adoptent et dont souffre inlassablement la mère-patrie.

On aurait bien souhaité qu’ils réagissent même en machiavel mais hélas ils s’écrasent complètement devant le moindre petit bobo. Avant de penser à régler ces délicates situations, ils cogitent d’abord à sauver leurs stricts intérêts avant de daigner songer à ceux de l’institution. Leurs profits priment avant tout. Pourtant, ils disposent de leurs prérogatives qui délimitent leurs champs d’action. Mais ils ne pourront jamais avoir les mains libres et agir en souverains tant qu’ils sont désignés par défaut à leurs postes par leurs parrains.

Ils n’osent nullement agir en toute clarté et en toute transparence mais ils préfèrent s’agiter derrière les rideaux et téléguider leurs sbires et leurs marionnettes pour le malheur de l’Algérie. Ils ne pourront jamais affronter les vrais problèmes tant qu’ils n’assument pas les pouvoirs dont ils ne disposent point sur le terrain de la réalité. Ils ne pourront jamais remuer le simple petit doigt tant qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de leurs tuteurs inavoués.

Ils savent qu’à la moindre initiative de leur part, ils sont grondés, avertis et mis au coin en quarantaine. Et placés sur la liste des révoqués s’ils persistent à tenter d’échapper des rangs. Ils ne lèveront pas l’index tant qu’ils n’ont pas été autorisés. Ils baisseront les yeux à la vue de leurs bienfaiteurs et de leurs appuis qui les ont mis en haut de l’échelle sans qu’aucun mérite, ni une infime intégrité ne les dictent.

Dès qu’ils sont démasqués, ils fomenteront milles et une fumisteries pour se dérober. En votre présence, ils distillent des paroles mielleuses qui vous envoûtent et vous plient totalement dans leurs poches. Ils vous endorment en vous promettant monts et merveilles, au tournant, vous ne verrez même pas la queue d’une souris. En votre absence, leurs  retours de veste seront assurés. Ils deviennent d’autres personnes qui vous éradiquent de leurs cervelles. Vous n’existez plus, vous devenez une puce à humilier et à écraser.

Le mensonge devient un de leurs exercices favoris et une addiction dont il va falloir consulter le plus rapidement possible un spécialiste pour se soigner de cette néfaste dépendance ou si grave encore, un séjour en clinique est indéniable pour définitivement se sevrer. Ils mentent comme ils respirent tellement ils sont à l’aise dans cette basse épreuve. Les mirages sortent de leurs bouches sans que leurs consciences puissent les remettre en question. Plus ils perdurent dans la responsabilité et plus leurs impostures deviennent trop flagrantes.

Lorsque vous les saisissez par écrit sur une quelconque interpellation, ils n’utilisent jamais la même procédure. Pourtant c’est le nerf de la guerre d’une administration qui prône le respect des textes. Ils ne veulent jamais laisser des traces écrites et ineffaçables qui peuvent, comme ils l’admettent, se retourner contre eux et les compromettre. Ils se détournent notoirement de leurs missions. Ils préfèrent opérer verbalement à l’image des sans-papiers en situation irrégulière.

Pourtant ils font des pieds et des mains lorsqu’ils postulent pour la responsabilité pour arracher la fonction convoitée et faire valoir leurs carnets d’adresse. Ils exhibent toute leur prétendue capacité de gestion et affichent publiquement leurs douteuses aptitudes à diriger en toute transparence et objectivité mais une fois installés, ils ne se souviennent de rien. Ils font des virages à 180 degrés. Ils deviennent de véritables caméléons à se muer en toutes les nuances selon le client en face et le climat régnant. Tous les acteurs influents sont consultés pour leurs nominations contrairement aux concernés qui encaissent et attendent le renouveau mais en vain.

Ils ne répandent partout que des promesses mais jamais ils ne les réaliseront sauf bien sûr à leurs garants à qui ils jurent fidélité et allégeance tant qu’ils sont au sommet et sans omettre de courber comme il se doit l’échine. Pire encore, ils proposent leurs services sans qu’ils soient sollicités. Pour le reste, c’est un autre personnage qui ne se rappelle de rien, feintant de vous reconnaître. Il perd subitement toute mémoire en vous disant de lui rappeler les faits. Il veut à chaque occasion ouvrir une nouvelle page blanche après avoir obscurci volontairement la précédente. Vous vous lassez et vous abandonnez finalement la partie. Quelle ruse !

Ils traînent presque tous des boulettes derrière eux qu’ils ont la crainte d’être découverts une fois éjecté de leurs trônes. Ils se servent d’abord et leurs proches amis. Les miettes, c’est pour la troupe après avoir réussi à passer toutes les embûches bureaucratiques dressées. Ils veulent assurer leurs bases arrières qu’inchallah leurs vœux seront balayés. Ils ont tout le temps la peur au ventre et sur leurs gardes si jamais le signal se déclencherait fatalement. Ils ne font jamais de beaux rêves les nuits à cause des cauchemars qui les hantent dans l’obscurité. Ils sont très nerveux, collés en permanence à leurs téléphones à la veille d’éventuels renversements. Ce qu’ils essaient d’éviter, c’est la chute libre, eux qui se voyaient toujours en perpétuelle ascension.

Ceci est la nouvelle race de ce genre de responsables qui ne reculent jamais devant l’impensable en emportant tels des bulldozers tout sur leur passage et principalement ceux qui les gênent. Ils sont scotchés aux sièges à l’instar de sangsues pour ne plus penser à ne les lâcher. Ils ne font que les chauffer pour rien. Ils freinent toute émancipation naissante et toute voie dérangeante. Ils étouffent dans l’œuf  toute volonté qui va à l’encontre de leurs occultes besoins et appétits incessants. C’est très inquiétant que le pays traîne ces casseroles qui ne font que le régresser et le sous-développer.  

Désormais, ils n’ont plus la pudeur de se dévoiler. Ils se bombent le torse en se vantant d’abuser de la grande supercherie. Toute duperie durera ce qu’elle durera mais disparaîtra un jour à jamais lorsque le vent tournera et ne subsisteront que leurs ruines. L’histoire aura du pain sur la planche à noircir ses pages de ces témoignages indélébiles. Au moment de l’éradication, c’est la panique qui les envahirait lorsque sonnent les glas. Rira bien qui rira le dernier, la nouvelle sera rapportée par les ultimes arrivés comme le dit si bien l’adage populaire.       


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samedi 22 octobre 2016

Facebook et son direct « On Live »

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Cet article est paru dans les colonnes du Quotidien d'Oran du jeudi 20 Octobre 2016 sous le lien suivant: 
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Les réseaux sociaux dans le monde et plus particulièrement Facebook an Algérie, est en train de bouleverser complètement le monde médiatique. Avec le dernier outil, on peut même créer en miniature sa propre chaîne de télévision !

Il suffit juste de posséder un smartphone, de disposer d’une puce téléphonique, de contracter un pré-paid ou un abonnement 3G (avec la 4G, c’est encore mieux), d’ouvrir une page Facebook. Les facebookiens seront aussitôt membres de votre page s’ils cliquent sur « J’aime ». Voilà pour l’introduction. On peut ainsi récolter au départ des dizaines d’adeptes par jour selon la célébrité de la page pour en finir avec des millions au bout de quelques temps. La page la plus suivie actuellement avoisine les 100 millions de membres pour  1 milliard 750 millions  de comptes Facebook [1]. Selon un site spécialisé [2], le nombre de comptes Facebook en Algérie est aux alentours de 15 millions et ne cesse d’augmenter avec une pénétration de 37,3 % au sein de la population. Il reste donc encore des millions d’algériens à conquérir.

Pour diffuser en direct, il n’y a en ce moment rien de plus simple. Il suffit juste à l’auteur de la page de cliquer en bas sur l’icône « Diffuser en direct ». Et le tour est joué. Tous les facebookiens, qu’ils soient membres ou non de sa page, peuvent regarder ainsi en direct ce qu’il fait le propriétaire. Il peut être donc connecté en permanence avec ses suiveurs. Qu’il soit à Paris, Londres, New York ou Alger, il peut diffuser tout ce qu’il veut « on live » avec sa petite caméra au point de son téléphone. C’est en quelque sorte une petite télévision ambulante qui peut se déclencher à tout instant. C’est génial comme trouvaille pour détourner les médias officiels et faire taire toutes les rumeurs. Imaginons qu’une célébrité, en train de faire sa campagne électorale, alors en plus de son compte, chaque personne qui assiste à son show peut émettre à ses propres amis le direct de l’évènement. C’est à une pyramidale diffusion qu’auront droit à regarder les électeurs sauf si on leur coupe l’internet !

Vendredi 14 Octobre dernier, le politicien Rachid Nekkaz l’avait utilisé à son profit dans la ville de Toul en France et qui est le fief électoral de la non moins controversée politicienne l’eurodéputée Nadine Morano. L’Algérien, qui a d’ailleurs selon lui demandé à être déchu de sa nationalité française, est allé tout seul dans cette petite localité en prenant le train avec son téléphone avec comme seule arme pour être en direct avec ses « followeurs ». Arrivé sur place dans une ville qui nous semble-t-il ne connaissait pas, il demandait aux passants le centre des impôts de la ville où l’attendait de pied ferme Nadine Morano, accompagnée pour la circonstance de ses fidèles militants de sa circonscription. On avait assisté à des échanges sulfureux et à la fin, la police est intervenue pour ouvrir la voie à Nekaz afin qu’il puisse payer une amende anti-nikab. Passons sur sa démarche et de ses réelles intentions mais médiatiquement avec des outils rudimentaires, il a fait vraiment le buzz que ce soit en direct ou en différé sur Facebook et sur Youtube.

Le 17 octobre suivant, il a réitéré son coup cette fois-ci à Paris en participant à sa manière avec la commémoration des évènements du 17 octobre 1961 en agrémentant sa diffusion par la communication directe avec ses fans sur place. A cette cadence, il va sans aucun doute essayer de créer toujours l’actualité en captant encore plus d’attention. Ce qu’il vient de faire n’est certainement qu’une étape. Le sensationnel est à venir.

Ce qu’il faut retenir de cette expérience, c’est que certainement les autres acteurs de la scène publique algérienne que ce soient les politiciens, les syndicalistes, les associations vont à coup sûr lui emprunter le pas en utilisant ce moderne et simple procédé pour être en contact de proximité avec leurs adhérents. Cela risque de bouleverser le champ de l’audio-visuel algérien classique malgré son ouverture vers le privé et bousculer encore une fois les médias publics qui sont en retard de plusieurs décennies en se prenant  toujours dans ce domaine pour le nombril de l’Algérie. Avec l’avènement de la téléphonie 4G, la cadence de la disparition des anciennes méthodes médiatiques va encore s’accélérer davantage.

La recette de Nekkaz ne peut laisser personne indifférent. Que ce soient ceux qui l’approuvent ou ceux qui la désavouent. Il y a ceux qui le trouvent manipulateur, perturbateur et provocateur ou ceux qui l’applaudissent des deux mains. Il y a aussi ceux qui le trouvent ridicules et ceux qu’ils l’adoptent en indomptable.

Si on se fie au site Socialbakers [3] qui analyse les chiffres des réseaux sociaux, sa page facebook occupe, au nombre de ses admirateurs, la 3ème  place au niveau national parmi le personnel politique du pays. Et son étoile ne cesse de monter. Incontestablement, il mène une campagne avant la lettre et cela va à coup sûr donner des idées aux autres prétendants.

Sources :



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