mercredi 17 août 2016

L’indispensable changement par le bas.

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Cet article est paru dans les colonnes du Quotidien d'Oran du Jeudi 18 Août 2016 sous le lien suivant: 
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Depuis l’indépendance, on attend vainement que le changement intervienne par le haut. Les algériens en particulier et les pays du tiers-monde en général, se sont même adaptés à cette intolérable et affreuse position en attendant que le ciel leur pleuve allègrement d’or et d’argent.

Que les problèmes du pays soient solutionnés par l’avènement d’un messie, d’un superman qui dispose comme bon lui semble de notre destinée et que sa parole soit bue à satiété par un peuple croyant aux magies. Mais qui traîne infiniment à voir le jour. Que nous restons les bras croisés à espérer la délivrance des maux du pays par les miracles de l’avènement d’un illuminé à la baguette magique qui règlerait de ses coups féériques toutes nos difficultés de notre lamentable quotidien. Il faut qu’on finisse avec cette politique du paternalisme latent au détriment du travail et du labeur. À attendre une éventuelle lueur qui nous tomberait des cieux, qui nous dicterait la marche à suivre et que suivrions aveuglément à l’instar d’un prophète mais qui ne posséderait point le message divin.

Sans le changement exprimé d’abord en-bas de l’échelle, toute variation imposée par le haut est vouée à l’échec ou ne pourrait tromper qu’un laps de temps. Ce n’est pour dédouaner le sommet de toutes les initiatives à prendre, loin de là. Mais avec une base solidement formée, éveillée à toute épreuve, le risque est minimisée de voir émerger des élus médiocres et des responsables qui ne reflètent nullement son image. L’élu ne peut être que la copie conforme de l’électeur, que ce soit en meilleure ou en pire. Sans une population disposée à souhait et disciplinée, toute politique émanant du sommet n’a aucune chance de réussir, de porter ses fruits. Il faut que les promus d’en-haut et les rangés d’en-bas soient en parfaite symbiose pour que le ciment ait l’effet recherché.

Commençons d’abord par les choses les plus exécrables qui nous empoisonnent la vie de tous les jours. Qui nous voit regarder le pays se salir sans que nous puissions lever le petit doigt pour corriger notre condition. Pourtant il suffit de peu de volonté, de s’organiser dans le quartier avec ou sans la bannière d’une association, en sacrifiant un tant soit peu de notre temps pour nettoyer les détritus qui jonchent nos rues. Notre pas de maison doit s’établir au-delà de nos foyers. Le changement doit commencer par là. Il doit être d’abord expérimenté ici-bas. Faire ses preuves dans la cellule du quartier et s’étendre petit à petit.

Ce n’est pas en se lamentant tous les jours, en dénonçant désespérément les élus qui ne jouent plus leurs rôles depuis longtemps que notre destin puisse se réformer. Des élus en manque de flagrante légitimité, ne peuvent honorer leurs mandats qu’ils ne puisent rarement des urnes de la légalité. Qu’ils n’émanent absolument pas de leurs sentences. Qu’ils ne sont là qu’à exécuter les ordres et servir ceux qu’ils les ont placés au grand dam des citadins. Si l’on croît que les élus sont depuis belle lurette aux abonnés absents, pourquoi s’attendre brusquement à une métamorphose de leurs parts, à leur utilité s’ils ont perdu toute représentativité ?

Il faut que les citoyens réfléchissent à compter sur eux-mêmes loin de tous les calculs. À jouer pleinement leurs rôles de citoyens s’ils veulent voir leurs états se refaire une santé. Leur aspiration première est de montrer que le changement est possible par le bas. On en a marre de voir nos yeux braqués sur les cours du prix du baril et constater amèrement l’amenuisement sur ce que possède le pays comme matelas foncier et attendre, tétanisés la fin du monde. La solution doit émerger de nos entrailles pour sauver la nation de toutes les surprises et éventuels soubresauts.

Est-ce qu’un jour, les autorités ont-ils empêché les citoyens de s’organiser s’ils sont le désir de participer à se débarrasser des ordures qu’ils produisent ? De tenir propres leurs trottoirs et leurs chaussées à proximité. Lorsque les autorités constateraient ce fort désir du changement, ils ne peuvent qu’abdiquer, que suivre l’exemple du citoyen, le noyau élémentaire de la société et indiquer le bon chemin à suivre. Ne dit-on pas que les élus sont à l’image des électeurs ? Si ces derniers aspirent à mieux, l’élu ne peut être que plus révélateur de leurs revendications s’il a en face de lui des femmes et des hommes pleinement acquis à la cause du bien-être et du développement si l’on veut monter le train des pays avancés. Des pays où le citoyen lambda est l’élément clé du progrès, le maillon de la chaîne. Celui par qui tout transite et s’embellit.

Si au moins chaque citoyen ferait en sorte de ne pas jeter un simple papier sur terre, même s’il ne trouve pas de poubelles aux alentours, le pays peut épargner ces montagnes d’ordures qui polluent nos merveilleux paysages. Le spectacle désastreux que nous offrons aux visiteurs de notre pays ne nous honore point comme citoyens. Nous disposons de l’un des pays les plus beaux de la planète mais que nous avons transformé en une grande décharge publique à ciel ouvert et qui ne nous donne plus l’envie de travailler, de se développer, de tirer vers le meilleur. Même le moral s’est dégradé. Les sachets bleus et les bouteilles en plastiques sont notre décor désolant. Que l’on nous cite un seul point de l’Algérie où on n’en trouve point. Malheureusement, nous l’avons totalement souillé, en totale contradiction avec les valeurs prescrites des normes de propreté et de notre religion.

Comment comprendre que lorsque une famille passe une journée à la plage ou à la forêt et dont l’attitude finale laisse à désirer et fausse toute idée de citoyenneté ? Elle vient la matinée, chargée de kilogrammes de nourriture et en fin de journée, elle n’ose même pas reprendre un kilogramme de détritus et le jeter aux endroits prévus à cet effet ou quitte à les ramener chez soi.

J’ai l’impression que c’est un pays que nous n’avons pas hérité de nos ancêtres mais que nous avons trouvé hasardement. Un pays qui nous donne plus qu’on ne le lui rend. Que sa préservation ne nous concerne plus comme si on pense à un autre pays de rechange pour s’évader. Que nous sommes ici qu’en éphémères passagers. La construction de notre avenir ne nous concerne plus dans nos contrées. En prendre soin, ce ne sera pas pour demain si l’on reste en cet état figé. Je pense qu’on n’a pas encore pris conscience de la grandeur de ce pays. Certains disent déjà qu’on ne le mérite pas assez. Mais sa revanche ne saura tarder, elle pourra être impitoyable. Est-ce que l’Algérie a enfanté ses enfants ou ses rivaux, pour ne pas oser dire ses ennemis dont le comportement, non seulement environnemental, suscite les multiples interrogations ?


Ces temps-ci, sur les réseaux sociaux, on montre de temps à autre des photos du plus beau village d’Algérie entretenu par ses habitants. Au lieu de s'intéresser à autres choses, on est ébahi devant un tel geste comme si nous avons découvert la lune, certes un comportement à encourager comme exemple mais somme tout normal dans un pays ordinaire mais qui devient un exploit inédit devant la saleté qui nous envahit à cause surtout de l'incivisme des habitants dont la majorité ne mérite point le qualificatif de citoyens et sans omettre également de souligner la démission des élus et des responsables qui ne proposent plus les solutions adéquates face à ce désastre écologique.

Malgré les incessants appels de sensibilisation et de mobilisation d’âmes sensibles, devant ce qui est sans doute devenu le plus grand fléau en Algérie, les images que nous enregistrons à longueur d’année, incitent parfois au découragement, à de l’impuissance, posent des questions graves sur l’avenir immédiat du pays.

Certainement, la calamité est plus profonde de nous-mêmes. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette conduite inconsciente et insoucieuse. Parmi eux, l’école, l’éducation, qui sont loin de constituer des références en la matière. Notre système de gouvernance que les citoyens le sente plutôt comme un adversaire en se vengeant de lui, tous les jours ne serait-ce qu’en larguant « naturellement » dans la rue, par une attitude de désespoir et de méfiance, un sac en plastique. C’est aux pouvoirs publics, qui détiennent les clés de l’autorité, de prévoir partout ailleurs des poubelles, tels sont leurs sentiments et leurs croyances. Le problème de salubrité publique ? C’est le leur. Eux qui se sont accaparés le pouvoir, c’est à eux de prôner les solutions. Le citoyen, lui, il s’en fout.

D’ailleurs, il n’est jamais considéré comme tel. Il est l’assisté par excellence qui n’a aucune opinion, aucune décision à influencer le cours des événements. Il se venge donc brutalement à sa façon, à la manière de l’école qu’il a fréquentée, à l’image de l’éducation qu’il a reçue, à la façon des folklores et de l’esbroufe de ces responsables qui les voit défiler sans cesse en processions et sans aucune répugnance ni retenue et dont seuls leurs intérêts personnels et leurs plans de carrières priment sur toutes autres considérations. S’il reste encore quelques souffles aux responsables, encore sensibles, ils doivent par des agissements patriotiques à redresser la barre. Ils doivent le faire avant que ce ne soit vraiment trop tard.

Les prochaines échéances électorales arrivent à grandes enjambées. C’est une occasion inespérée et une bonne opportunité pour susciter l’espoir. Le programme principal des élus doit être essentiellement basé sur la propreté de l’environnement et des esprits. Un terme lourd de sens qui doit ranimer les consciences et redonner la confiance à la population qui en a énormément perdu. Elle a besoin de gens intègres, honnêtes et sincères pour la guider. En contrepartie, ceux d’en-bas, vont certainement contribuer à l’effort en tant qu’acteurs sur la scène citoyenne et non rester en amorphes spectateurs et en constante hibernation. Ils peuvent devenirs des citoyens actifs s’ils sentent que cette fois-ci, les gouvernants ont compris que le pays ne peut pas demeurer à vivre en de périls permanents.

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jeudi 11 août 2016

Le coup de phare

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Cet article est paru dans les colonnes du Quotidien d'Oran du Jeudi 11 Août 2016 sous le lien suivant: 
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C'est un vrai calvaire auquel vous êtes confrontés lorsque vous conduisez durant une seule heure sur nos routes. C'est comme si on allait faire une course d'automobiles ou participer à un rallye sans casques et sans mesures de sécurité. À chaque fois que vous prenez la route, vous sentez que vous allez défier la mort avec ces fous du volant. Faîtes surtout votre prière avant de monter à bord tellement le risque est gros.
À la fin de la course-poursuite, si vous arrivez à sauvegarder votre vie ou éviter un accident, vous êtes totalement usés, épuisés mentalement et physiquement, lassés par ces comportements de terrorisme routier qui tue plus que tout autre chose en ces temps-ci. Nos chauffards, ces boucaniers de la route, ne vous laissent aucun moment de répit. Les duels et les défis sont légendaires. Attention à celui qui ose. Ils dégainent tels des éclairs. Vous êtes harcelés de partout surtout dans un rond-point où ils sortent de son intérieur perpendiculairement à sa conférence pour vous couper instantanément la route. C’est un nouveau code si vous n’êtes pas habitué. Il faut s’attendre à toutes les surprises. Il va falloir s’acclimater à cette ambiance cahin-caha.
Vous êtes même pressés par derrière pour griller un feu rouge comme si de rien n'était. Les klaxons commencent à fuser si vous hésitez un seul instant à respecter la couleur rouge. Ceux de derrière vont voir rouge. Vous devenez irrémédiablement aux yeux des autres, le fautif désigné alors que vous ne faites qu’appliquer ce que vous avez appris du code de la route. Un passant  peut même vous dire que le feu, malgré qu’il soit en marche, qu’on ne s’y fie plus. C’est ce qui m’est arrivé au croisement du tramway à Es-sénia.
Dans les pays européens, cela vaut la perte de la moitié des points de votre permis de conduire. Mais là, le code perd toute son universalité. Il n’est valable qu’en mode local. Le mode international sonne aux abonnés absents. Il n’a plus de valeur à force de l’hypothéquer à chaque virage dangereux, en dépassant la file se trouvant devant vous avec à la clé la ligne continue à inscrire sur votre tableau de chasse.
Si vous laissez entre vous et l'engin qui vous précède, un moindre petit espace d’intervalle et voilà venir de derrière vous un bolide à toute vitesse, sans le signalement d’aucun clignotant, pour vous doubler et venir s'incruster de force comme une sangsue dans ce trou de souris avec tous les dangers que cela supposent pour sa sécurité et celle des autres. Vous êtes toujours en alerte, sur le qui-vive, les nerfs à point en train de vociférer. Vous êtes dans un état second. Vous n’en revenez plus devant ces irrégularités permanentes. Vous ne sentez aucune tranquillité dans cette chasse au défi, à rechercher à être l’as de la route.
Le danger peut surgir à tout instant et de toutes parts. Il faut tout le temps être sur ses gardes. Attention à celui qui croit rouler pour la collectivité. Ici chacun roule pour soi, pour sauver uniquement sa peau si son gage est concluant. Peu importe l’autre. Il peut crever. Il s’en fout même éperdument du reste. Ici la jungle trouve toute la signification de sa loi. C'est chacun pour soi et la tombe pour les autres.
Lorsque par votre malheur, vous vous trouvez au milieu d’un cortège de mariage ou d'un convoi de poids-lourds, le risque se multiplie en fonction du manquement des lois de la mécanique. Il vaudrait mieux s'éloigner de la meute si vous tenez à votre peau et à la vie de vos passagers. Ils perdent tout le sens, toute leur réflexion. L’instinct primaire est vite retrouvé. On oublie la raison, l’école, les bonnes valeurs, la famille, le pays. On est transposé dans un autre monde, dans des rodéos des temps nouveaux.
Je me pose la question comment l'Algérie n'a pas vu émerger des champions de formule 3 ou 1 à force d'entraînements quotidiens sur nos routes et à grandeur nature au milieu de ces excités qui ne reculent devant rien. Des pilotent en herbe existent, il suffit de les détecter. Ils commencent leurs carrières très jeunes. Une fois le permis en poche, ils sont aussitôt lancés dans le bain grâce aux quatre roues acquises des mamelles de l’Ansej et de l’argent de la facilité. Au bout de quelques mois, ils acquièrent de l’expérience qui leur permettent de slalomer dans un bouchon de voitures quitte à monter sur le trottoir ou rouler sur la bande en terre brute laissant des brouillards de poussière à vous faire regretter de n’avoir pas pris votre retraite de conducteur.
Il arrive que parfois, subitement, tout le monde ralentisse par miracle à un rythme insolite. Les conducteurs deviennent soudainement tous gentils, j'allais dire tous toutous sauf ceux qui ont le bras long. Pour connaître la cause, il faut regarder à gauche en face dans l'autre voie et les incessants coups de phare des automobilistes venant en sens inverse. L'interdiction est à plus de 80 km/h mais certains freinent leur allure et commencent à rouler même à moins de 60, tellement ils y tiennent à leurs poches et à leurs papiers.
Après quelques centaines de mètres de trajet à la vitesse de l'escargot, vous apercevez le barrage de la gendarmerie où rares sont ceux qui sont pris au piège. On connait bien le système. Ce n'est que partie remise, le guet-apens est remis à une autre fois. Une fois le barrage dépassé et après une vingtaine de mètres, la partie reprend de plus belle. Ils retrouvent toutes leurs sensations. Ces parties de cache-cache qui n'en finissent pas. Vous avez envie de les dénoncer aux barrages suivants si vous arrivez à les identifier. Mais peine perdue. Ils se sont déjà envolés.
Pourquoi doit-on devenir réglo qu'à la vue du gendarme ou du policier en faction ? Pourquoi doit-on devenir civique qu'à la vue de l’autorité ? Pourquoi nous ne le sommes pas tout simplement par notre éducation, par une école performante comme dans les pays civilisés ? Le fait que les incessants coups de phare incessants soient nombreux, pose un problème de conscience, un problème de civisme. C’est-à-dire que nous sommes pour l’illégalité, pour le piétinement des lois sans que certains y trouvent une anormalité dans ce geste. Il faudrait que les sociologues, les psychologues, les psychiatres ou les politologues puissent nous l’analyser. Pourquoi les citoyens des pays développés voient une dénonciation du non-respect du code de la route comme un comportement civique alors que chez nous, il est considéré par la majorité comme une délation ? Ce qui explique sans doute une des causes de notre actuel retard.


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mercredi 20 avril 2016

Du « sandouk ettadamoun* » d’hier à l’emprunt national d’aujourd’hui.

Par Mohammed Beghdad

“Ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country”.

“Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays”.

John Fitzgerald Kennedy [1917-1963] (discours d’investiture du 20 Janvier 1961).
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Depuis presque une semaine, je me suis replongé dans la guerre d'Algérie en suivant presque tous les jours d’abondantes émissions spéciales sur la chaîne thématique française "Histoire", avec des images qui vous font vivre chronologiquement tous les évènements, tous les détails qui ont caractérisé cette héroïque révolution et qui est restée un exemple à suivre pour tous les colonisés en quête de liberté et de justice à travers le monde. Je me sens de plus en plus fier d’appartenir à ce pays qui a enfanté cette révolution qui a marqué d’une pierre blanche l’histoire du siècle dernier.

À chaque fois qu’on revisite cette période cruciale de l’avenir de notre pays, on mesure de plus en plus la grandeur de cette révolution qui ne s’était pas contentée de provoquer la chute de la 4ème république française mais de causer une crise profonde au sein de son armée, la 5ème puissante au monde, qui s’était parachevée par un coup d’état, inimaginable pour un pays membre du conseil de sécurité de l’Onu, commis par quatre de ses principaux généraux et non des moindres, partisans de l’Algérie française soutenus et poussés dans leurs aventures par les nostalgiques européens d’Algérie qui voulaient dans leur fuite en avant et leur bras armé l’Oas (Organisation armée secrète) mettre l’Algérie à feux et à sang en la laissant à genoux à leur départ précipité mais la détermination et la destinée des algériens était plus forte que jamais.

La proclamation de l’indépendance a été suivie durant de nombreux jours par d’immenses fêtes où c’était la liesse populaire légendaire dans tout le pays tandis que la course au pouvoir battait son plein avec la crise de l’été 62, sans aucune consultation de ce peuple, pourtant le principal héros de la guerre et détenteur de sa volonté, et où les frères de combat qui sortaient d’une longue lutte, s’étaient allés jusqu’à s’entretuer pour la prise d’Alger.

Heureusement que le cri profond du peuple, plein d’amertume et de chagrin avec son fameux appel : « Sept ans, ça suffit ! » qui avait mis fin provisoirement aux hostilités des uns et des autres. C’était la première blessure post-indépendance mais malgré cela, la solidarité des algériens qui voulaient mettre debout un pays digne et plein de promesses, mettaient promptement, sans aucune arrière pensée, la main à la poche en participant sans réticence aucune ni la moindre réserve au fameux « sandouk ettadamoun » pour renflouer les caisses de l’état, quasi-vides en 62, et faire démarrer le pays.

Ce geste généreux des algériens, faut-il le rappeler a été fait sans aucune contrepartie, prouvait à quel point ils étaient prêts à tous les sacrifices pour le progrès du pays pourtant ils étaient très pauvres à cette époque et donnaient tout ce qu’ils avaient en leur possession comme quincailleries précieuses en bijoux, en argent, en nature, etc…Ils le faisaient avec un amour profond et stimulés d’une confiance aveugle et totale en leurs dirigeants quoique ces derniers soient venus au pouvoir par un coup de force. En somme, ils ne souhaitaient pas que le colon d’hier se réjouissait de leurs divisions. Ils étaient toujours les héros contrairement à ceux qui avaient voulu faire parler les armes au détriment de la raison. Ils étaient également occupés à panser leurs blessures de 132 années de privation, d’avilissement, du dégradant second collège et de leur humiliant statut d’indigènes, d’êtres inférieurs.

L’important était de recouvrer sa liberté. C’était un autre consentement que de se taire devant cette légitimité usurpée par la force des armes et en totale contradiction avec le solennel appel du 1er Novembre 54. Ils faisaient spontanément la chaîne en longues processions pour offrir au pays leurs biens dans d’incroyables parades où ils se rivalisaient pour avoir la palme de la symbolique contribution au trésor public. Ils donnaient plus à leur pays qu’ils n’en recevaient rien au retour. Pour emprunter le titre d’un article que j’avais lu il y a quelques temps, ils considéraient l’Algérie comme une patrie à construire et non pas comme un butin de guerre à dévorer.

Après chaque épisode regardée presque pieusement sur la chaîne « Histoire », je me réveillais en sursauts de ma soucieuse méditation et suis transposé dans le temps à aujourd’hui, et je constate douloureusement ce que nous avons dilapidé du crédit révolutionnaire engrangé durant des années de lutte et qui n'a pas été fructifié au seul profit du pays à cause de la primauté des intérêts et des ambitions personnels des gouvernants qui se sont succédés à la tête du pays. Une preuve, ce qu'on a fait du FLN, qui était la bête noire du colonialisme. Il ne s’agit pas ici dans ce papier d’enfoncer le clou mais de tenter d’éveiller les consciences en sortant de la virtualité et en découvrant la réalité. Nous aurions pu soulever des montagnes si nous étions restés sur la ligne de 62 en mettant l'Algérie sur de bons rails et rejoindre aujourd'hui les pays qui étaient au même niveau que nous il y a plus d’un demi-siècle. Quels amers regrets !

Nous revenons à ces temps-ci où les algériens sont devenus beaucoup plus riches. Si les martyrs revenaient, ils ne croiraient pas leurs yeux. Je suis sûr que les algériens ont une qualité de vie, de loin meilleure que celle des richissimes colons d’hier. Mais elle n’est pas due à l’effort et au labeur. C’est grâce à la rente pétrolière qui a mis à nos trousses tous les prédateurs en quête de fortunes acquises brusquement et illicitement. Depuis que l’or noir est devenu le premier atout du pays, l’Algérie a arrosé tout son monde, ses courtisans en premier, dont les grosses parts leur étaient réservées pourvu qu’ils applaudissent constamment à tout va toute politique même si elle mène au suicide.

Avec la chute des prix du pétrole, la roue tourne maintenant en défaveur des finances du pays. Le gouvernement vient à cet effet de lancer l’opération de l’emprunt national pour éviter de recourir de contracter des dettes extérieures et ses conséquences désastreuses en cascade. Les trois lettres du Fmi sonnent toujours dans nos têtes comme une période effroyable que les algériens ne sont pas prêts d’oublier avec ses restrictions budgétaires qui freinent tout éventuel développement et sans omettre de souligner la menace permanente de la précaire paix sociale.

Pourtant, lorsqu’on passe devant une banque depuis que cet emprunt ait été lancé, on ne voit aucun engouement populaire aux alentours comme lors des mémorables masses de 63‑64, ni processions, ni chaînes, ni quoi que ce soit devant les institutions financières. Pourtant cet emprunt n’est pas gratuit, il est gratifié d’un attrayant taux d’intérêt allant jusqu’à plus de 5 %. On espère que durant les jours à venir, de riches souscripteurs nationalistes se manifesteraient.

On souhaite que ceux qui ont accumulé d’inimaginables capitaux grâce à l’octroi gré à gré de juteux contrats des marchés publics tels que l’autoroute, le bâtiment, l’industrie, l’agro-alimentaire, l’agriculture, la pêche, et j’en passe. Ceux qui se sont sucrés d’avantageux prêts bancaires, les importateurs des containers qui ont surfacturé les commandes et transférer des milliards de devises et en grossissant leurs comptes à l’étranger et qui sait, pour échapper au fisc, se sont permis d’ouvrir des comptes offshore dans les paradis fiscaux aux îles vierges britanniques, ceux qui par leurs positions dans la hiérarchie décisionnelle au sein du sérail ont amassé de grosses fortunes par les corrupteurs étrangers et locaux afin d’octroyer aux plus offrants les marchés des grandes entreprises publiques, et la liste est trop longue. Est-ce que tout ce beau monde va entendre le cri de souffrance du gouvernement ?

Le fait que l’emprunt national peut être non nominatif comme on nous l’a fait entendre, cela démontre que les caisses de l’état ont besoin de tout dinar même si son origine n’est pas identifiable. On s’en fout donc de sa provenance, pourvu qu’on y participe. L’économie de l’informel qui a vécu ses plus belles années sans payer le moindre centime aux impôts sont donc appelés à faire des efforts, eux qui ont baigné dans l’illégalité absolue.

On cherche à sauver le bateau Algérie des griffes des places financières internationales avec leur politique de redressement. Ceux qui se sont enrichis sur le dos de l’Algérie en engrangeant de colossales sommes non seulement en dinars et même en fortes devises, doivent se souvenir aujourd’hui qu’ils ont vécu durant longtemps à l’abri, dans l’opulence et le gaspillage. Ceux ont volé le pays lorsqu’il était riche doivent se le rappeler s’ils ont des remords à évacuer. S’ils ont un infime gramme de patriotisme, ils doivent dans un élan de secours le rendre et demander pardon à la nation. C’est une occasion salutaire pour se repentir et retrouver le droit chemin.

En 62, il n’y avait ni autant de journaux, ni de chaînes de télévisions pour venir en aide médiatiquement à leur jeune état. C’était le bouche à oreille qui avait formidablement et soulevé le peuple comme un seul homme dont seul l’intérêt du pays prévalait. Un appel du pays signifiait un ordre à appliquer sur le champ. Les algériens qui avaient connu l’indépendance ne savaient pas que l’Algérie allait connaître 15 dernières années fastes inondées de sous à gogo. Les uns disent que 800 milliards de dollars ont été dépensés, d’autres parlent de 1000 milliards. Aujourd’hui, avec toute cette armada de médias, l’appel de sauvetage des caisses de l’état semble pour le moment orphelin sauf un hypothétique sursaut.

S’il y aurait échec de cet endettement, l’histoire retiendrait que ceux qui ont profité des largesses des années de vaches grasses de l’Algérie auraient été les premiers à s’en être détournés d’elle lorsque les vaches maigres ont frappé soudainement à sa porte. J’espère que l’Algérie saurait se remémorer ceux qui seraient jugés similairement aux fuyards qui auraient déserté le combat en pleine guerre.

J’ai bien peur que ce seraient encore une fois, de modestes algériens avec leurs maigres économies ou par une politique austère qui entendraient l’appel de détresse et sauveraient la patrie l’Algérie du supplice du Fmi et du club de Paris malgré la méfiance qu’ils éprouvent plus fortement aujourd’hui qu’hier, vis-à-vis des gouvernants et leur mauvaise gouvernance, montrant ainsi que l’union pourrait encore faire la force. Ils savent que leur avenir et ceux de leurs enfants est à construire ici sur cette terre et qu’ils n’ont pas de pays de rechange comme certains qui se sont, par défiance, établis ailleurs, et ont placé en lieux sûrs leur fonds dont ils auront besoin le moment venu lorsque le pays tomberait en panne.

C’est mon vieux pieu que de voir le pays ne compter que sur les algériens les plus sincères et dévoués qui souffrent lorsque l’Algérie va mal et qui sauront relever tous les défis.

*: Caisse de solidarité.

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jeudi 10 septembre 2015

Rien ne nous manque, monsieur le wali, seul le foot !

Il y a quelques jours, une info presque banale, défilant au bas de l’écran d’une chaîne de télévision privée, avait fortement attiré mon attention. En effet, comme le rapporte cette étrange nouvelle, des habitants d’une ville interpellaient le nouveau wali qui venait d’être installé fraîchement dans ses fonctions.

La logique signifie qu’on le sollicite pour intervenir urgemment dans les affaires publiques de leur cité afin d’améliorer l'amer quotidien, à commencer tout d’abord par l’environnement de la ville, enfin de toutes les daïrates de la wilaya qui croulent inlassablement sous les ordures. Partout où vous allez, un spectacle de consternation vous agresse et vous laisse complètement dégoûté de ce qu’on fait tous les jours de nos villes et de notre pays, le rendant ainsi similaire d'un dépotoir à ciel ouvert.

Au marché des fruits et légumes et aux alentours, les commerçants vendent leur marchandises, comme si de rien n’était, insensibles aux senteurs nauséabondes des immondices qui regorgent tant qu’à l’intérieur qu’à l’extérieur et sous le regard permanent et incroyable des autorités dont les bureaux ne sont pourtant qu’à quelques pas de ces lieux répugnants comme s’ils ne sont pas du tout concernés, je rajouterais comme s’ils étaient aveugles ou occupés par d'autres affaires plus porteuses ou impuissants face à la catastrophe ambiante. Il est vrai qu'en face d'eux, rien ne bouge. Presque tout le monde ferme les yeux mis à part quelques voies qui restent encore sensibles et qui luttent à contre-courant. La mobilisation à travers la société civile étale encore tous ses défauts et peine à démarrer. De temps à autre, on constate ici et là des campagnes sporadiques mais c'est très insuffisant pour espérer à nettoyer le pays. Ce ne sont pour la plupart que des coups de gueule qui nécessitent énormément d'éducation de l'école jusqu'aux adultes.

Il fallait les voir, ces postulants à la mairie lors des campagnes électorales, qui ne daignaient pas de courir dans tous les sens en cajolant des citoyens par là, en distribuant à tout-va des bises de l’autre joue et en miroitant le paradis à leurs partisans. Tout cela dans l'intention d'acquérir leurs faveurs lors du scrutin. Peu importe la manière, l’essentiel est de caresser la carrière imaginée dans leurs songes. Une fois l’objectif atteint et après les premiers jours de faste, ils changent complètement de face et de veste mettant aux calendes grecs toutes leurs antécédentes promesses.

Ils se sont maintenant métamorphosés en hautains et arrogants individus à la mémoire courte  qui sont mis sous l'aile de hauts responsables protecteurs. Ils se voient plus grands dans leurs nouveaux costumes, en mijotant un autre parcours à la hauteur de leurs récentes ambitions. Pourquoi pas député ou sénateur tant qu'on y est en pleine déconfiture ? Puisque tous les mirages sont permis. Qui sait ? En gravitant les échelons, une retraite et des vacances dorés leur semblent en permanence assurés. 

Leurs anciens sympathisants paressent maintenant très petits, trop minuscules, trop infimes pour s'occuper de leurs problèmes. Ils ne regardent plus vers le bas, ils ne scrutent que le haut de l'échelle avant que la dernière marche ne risque de s'obstruer. Peut-être aussi que ces "élus" ont été mal élus et qui ont eu besoin d'un coup de pousse de là-haut pour rafler la mise. Sinon, comment expliquer qu'ils obéissent au doigt et à l'œil des autorités désignés plutôt que d'être à l'écoute des citoyens qui les ont en principe portés à la magistrature de la ville. On ne peut que comprendre qu'il ne s'agit là juste de l'obtention d'un alibi, d'un chèque à blanc pour changer rapidement de camp et suivre la stratégie sournoise des vrais décideurs de la ville. Lorsque cela va mal, on porte alors allègrement le chapeau aux électeurs d'avoir mal choisi. Le faux coupable moral est vite indiqué tandis l'invisible manipule tranquillement derrière les rideaux comme bon lui semble au profit de ses stricts intérêts.

La place, juste en face de la mairie et sous les fenêtres du premier magistrat de la ville, offre une image indigne d’une ville jusqu’à ce que des autochtones soient nostalgiques du passé colonial de la ville. C’est malheureux d’arriver à ce constat mais c’est ainsi le résultat à l'emporte-pièce de plusieurs décennies de gestion. La mairie, c'est la première institution auquel est confronté le citoyen. C'est ici que l'on construit une opinion sur le pays. C'est la cellule mère, si elle ne marche pas bien, et c'est le cas en général, c'est tout le pays qui paie la lourde facture bureaucratique et corruptible. 

Je ne suis pas ici pour fustiger du doigt la ville incriminée dans ce papier car l’ineptie est la même partout. Il ne s’agit pas d’un fait particulier mais la tendance est chronique.

Est-ce que ce groupe a interpellé le wali sur le chômage dont souffre une grande partie de la population ? Non !

Est-ce que ces gens ont demandé à ce que les routes de leurs villes soient bitumées pour en finir avec la poussière dont la population endure depuis des années ? Que non !

Est-ce ces personnes ont sollicité le Wali d'inciter la mairie à embellir leur ville dont le centre-ville ne vous incite guère à une simple ballade à pieds ? Aucunement !

Est-ce que cet échantillon, dont rien ne manque apparemment, ont réclamé des quotas de logements en plus selon des normes citadines puisque la ville ne s'arrête pas d'enfler ?  Jamais !

Je pourrais ainsi poser de tas de questions sur l'école et ses insuffisances flagrantes, sur les  défaillances de la santé, sur la bureaucratie qui continue à gangrener les services publics, sur l'eau imbuvable des robinets, sur les problèmes des agriculteurs et de l'industrie de ce qu'il en reste actuellement, …

Parmi toutes ces questions, aucune n'a effleuré l'esprit de  ces messieurs sauf celui d'appeler le wali à venir en aide à leur club de foot qui souffre d'une crise financière pour avoir dépassé les limites de leurs moyens. Ils ne disent pas comment alléger les charges du club en comptant inévitablement sur le budget de la wilaya afin d'honorer mensuellement des salaires à 100 briques par joueur sans négliger les primes de matchs du week-end. Sans se contenter de ces détournements à la limite de la légalité et au lieu de s'occuper d'autres priorités, certaines autorités, pour dissimiler leur mauvaise gestion, sollicitent des entrepreneurs véreux à soutenir financièrement le club, soit disant le porte-drapeau et en même temps le cache-misère de la ville, en contrepartie de l'octroi en gré à gré de juteux marchés publics en gonflant comme il se doit les factures au détriment de la loi, de la transparence et de l'Algérie. C'est toujours l'argent public et les citoyens qui trinquent à la fin.

Un club, doit être géré d'abord comme une entreprise avec des bénéfices et des charges et avec un actif positif à présenter en fin de saison et des résultats probants selon des bilans moral et financier solides et dûment certifiés. C'est à ses dirigeants et à ses supporteurs de trouver les bonnes solutions et non aux autorités locales de payer les pots cassés en jouant le pompier à chaque pénurie. Et c'est toujours le côté financier qui doit primer sur celui du sportif. A-t-on vu un jour le Barça, le Réal de Madrid ou le PSG appeler les préfets respectifs de leurs régions ou leurs maires pour subvenir aux besoins de leurs clubs ? Dans une démocratie, chaque sou doit être dépensé selon une utilité exprimée et parfaitement prouvée. Et c'est ce qui nous manque le plus aujourd'hui chez nous. 

Si les autorités doivent intervenir, elles doivent le faire en amont dans le cadre de la politique globale du sport en général, de tous les sports sans  aucune faveur ni exception, ni dérogation. Le sport, c'est d'abord une affaire de santé publique saine et non l'utiliser en particulier le foot  comme opium du peuple pour dissimuler toutes nos tares en poursuivant notre chemin contre le mur, vers l'inconnu. 


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