mercredi 10 janvier 2018

Indigné !

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Cet article est paru dans les colonnes du Quotidien d'Oran du jeudi 11 Janvier 2018 sous les liens suivants:
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Ce qui s’est passé en ce 03 janvier 2018 à l’intérieur de l’enceinte du Centre Hospitalier Universitaire Mustapha Bacha d’Alger, m’est resté à travers la gorge, d’abord en tant qu’ancien membre de la direction nationale du syndicat CNES (Conseil National des Enseignants du Supérieur) et ensuite en tant que simple citoyen d’autant plus que la profession de médecin a été toujours perçue dans notre société comme un noble métier dont pourrait ambitionner un algérien pour sa progéniture et d’être une immense fierté pour sa famille et une respectabilité sans limite de son entourage.

Tellement le titre de Docteur a été toujours senti, dans notre mémoire collective algérienne, comme assimilé à la médecine, à tel point que l’on ne pouvait point le prévoir pour d’autres disciplines et ce, sans diminuer le mérite des autres sciences à l’instar des Mathématiques, de la Physique, de la Chimie, de la Philosophie ou de la de Sociologie pour ne citer que celles-là. Tout cela pour vous signifier la place notoire qu’occupe le praticien dans notre quotidien puisqu’elle est liée à ce qui touche le plus cher à l’être humain : sa santé. Le patient a toujours vu en son praticien un véritable confident à qui il pourrait tout lui divulguer pour le guérir de ses douleurs, encore plus, un humaniste à qui il devrait lui faire en toutes circonstances une confiance aveugle et suivre ses indispensables conseils notamment lorsque le docteur voue une déontologie exemplaire au sermon d’Hippocrate.

C’est pour cela que les images diffusées de ce rassemblement des Bac+7 jusqu’à+9, tabassés à travers les réseaux sociaux ont choqué plus d’un. Elles ont été ressenties profondément comme une dérive intolérable envers la crème de ce pays. Je ne vais pas décrire toutes les dérisions qui ont suivi sur la toile de ces agressions des futurs spécialistes aux blouses blanches maculées de sang. Une indignation, une solidarité et une sympathie presque sans faille se sont propagé comme un trainée de poudre et qui ont fait un buzz indescriptible jusqu’à provoquer des émissions télévisées en Algérie et à l’étranger sur le sujet.

Par leur lourd silence et surtout par la lenteur de leur réaction comme il leur arrive le plus souvent, les autorités ont été mises dans une position d’hors-jeu peu enviable avec ces clichés qui ont fait en un laps de temps le tour de la terre et qui ont certainement conforté une épouvantable copie de l’autoritarisme ambiant dont notre pays pourrait s’en prémunir si toutes les conditions aient été réunies et les ponts du dialogue aient été établis à temps.

Je ne voudrais en aucun cas être à la place d’un parent d’un de ces médecins matraqués et dont la tête et le visage ensanglantés, la blouse blanche souillée et son portait dévalué se propager à la célérité de la lumière dans les médias. Je n’ai sans doute jamais imaginé de le voir dans cette impensable situation. Moi qui a fait des sacrifices énormes afin qu’il puisse satisfaire son vœu ainsi que le mien de le voir vêtu d’une blouse blanche et mon nom de famille inscrit dessous ajouté à la profession de Docteur. Après qu’il ait été lauréat au baccalauréat avec une mention honorable, il avait enfin réalisé son souhait le plus cher d’accéder aux prestigieuses études de médecine. Et je ne vous parle pas des souffrances de ces nuits blanches qui n’en finissaient pas. J’ai enfin donné au pays un praticien au pays et non un fardeau pour être traité de la sorte. J’ai fourni tant que j’ai pu un citoyen modèle soucieux de son avenir et par ricochet celui du pays.

De par la formation qu’il a eue pour aspirer à être parmi l’élite de ce pays et en plus de l’éducation que je lui ai donnée depuis sa tendre enfance et de la persévérance dans les études qu’il a eue, je n’ai à aucun moment envisagé ce cauchemar de la scène épouvantable de ce 3 janvier puisse arriver à mon fils et qui est à marquer désormais d’une pierre noire dans ma vie. Je ne vais pas vous décrire l’état psychologique affreux dont lequel se trouve mon protégé. Déçu, je crains qu’il suive un jour le même chemin que ces plus de dix mille médecins qui se sont exilé à Paris pour ne plus revenir exercer chez soi. Mais je lui dis que son avenir est ici. La lutte à laquelle tu y crois mérite d’être menée ici pour le progrès de ce pays.

Par ailleurs, un syndicat ne peut aller vers un débrayage que si toutes les portes aient été toutes bouchées et laisser la place à tous les débordements quoique que je doute que 200 médecins résidents, de surcroît universitaires, ayant le sens de la réflexion et de l’analyse, ourdissent d’aller vers un affrontement prémédité. Au contraire, instruits qu’ils sont, ils voulaient certainement à travers leur collectif autonome porter à la connaissance de l’opinion publique leur ras-le-bol puisque dans leurs revendications, ils réclament à avoir plus de moyens matériels et humains dans les centres sanitaires et hôpitaux pour exercer leur profession. Je ne pense pas qu’un seul algérien puisse trouver illégitime une telle revendication sauf s’il s’agit de quelqu’un qui pour arracher une simple dent, prenne l’avion avec en poche sa prise en charge et sa carte de résidence ou muni de son second passeport et atterrisse dans les deux heures qui suivent dans un hôpital parisien.

De toutes les façons, si un point ait été inscrit dans leurs requêtes, c’est qu’il ait été débattu profondément au niveau de leurs assemblées générales. Par exemple, l’amendement du service civil mérite d’être revu, corrigé et reformulé sur la table des négociations entre toutes les parties sans porter préjudice aux malades. J’ai lu quelque part que tous les points de discorde allaient être résolus dans le cadre de la nouvelle loi sanitaire. Si c’est vraiment le cas, tous les partenaires sociaux devraient être associés à l’élaboration de ce texte. Afin que la confiance puisse régner, des garanties consignées dans des procès-verbaux dûment cosignés devraient être données avec des échéances claires et précises. Mais le fait que les résidents soient reçus que durant une dizaine de minutes par leur tutelle ne plaide pas en faveur de la construction d’un dialogue serein et peut ainsi accentuer la crise. Il me semble que la culture d’un dialogue franc et direct ne soit pas encore inscrite dans la feuille de route des autorités à moins qu’on se trompe d’analyse.

Au lieu de cela, on constante que le mouvement enclenché prend de jour en jour de l’ampleur avec le boycott des examens de spécialité. Des manifestations des résidents de Constantine et d’Oran ont pris le relais en espérant donner un nouveau souffle. Les autres villes hospitalo-universitaires sont aussi à l’écoute de la suite à donner à leurs protestations. Le bras de force risque de durer et n’est pas prêt de fléchir sauf si les autorités concernées décideraient de prendre les choses en mains et entameraient des négociations pour le bien de tout le monde pourvu que la santé du citoyen serait au milieu de toutes les préoccupations et que les médecins verraient leurs revendications satisfaites et que les intérêts du service public seraient sauvegardés et renforcés.

La démonstration de force de la manifestation nationale organisée par le CAMRA (Collectif Autonome des Médecins Résidents Algériens) le Mardi 8 Janvier 2018 à travers les boulevards d’Oran semble donner un souffle inépuisable à ce mouvement et au syndicalisme en général surtout loin de toute récupération politique et partisane et où seuls les intérêts socioprofessionnels priment. Il y a longtemps qu’on n’a pas vu une telle mobilisation qui s’est déroulée sans qu’aucun incident ne soit provoqué. Ils étaient venus par leurs propres moyens de tous les coins d’Algérie, ni par bus et le repas payés aux frais du trésor public. Ils étaient tout juste animés de leurs propres convictions, tous unis derrière leur syndicat plus que soudé. Cela prouve que l’espoir est permis lorsque les syndicats et les formations politiques ne connaissent par de mouvements de redressements programmés.

Les points exprimés par le collectif des médecins résidents démontrent du malaise dans lequel se débat la santé en Algérie. Un algérien sensé ne pourra renier les efforts qui sont consentis dans ce secteur mais ils restent très en-deçà des moyens et de la position que veut occuper le pays comme un des leaders incontournables du continent africain et l’un des pays émergents si j’ose dire. Il suffit d’y aller au hasard dans un hôpital quelconque du pays pour se rendre compte que nul n’est invulnérable, peut tomber malade et se retrouver dans de tels mouroirs. Les images qui de temps à autres circulent à travers le net nous laissent perplexes surtout en matière de propreté (je veux dire plutôt saleté) et d’accueil des malades gisant à même le sol contrairement aux cliniques privées qui assurent au moins la propreté mais votre portefeuille est mis à rudes épreuves sans la protection sociale sauf en de rares exceptions.

Il est inconcevable qu’après plus de 55 années de l’indépendance que le personnel politique, les différentes autorités locales et nationales et les plus fortunés pensent d’abord au moindre petit pépin à aller se soigner en premier lieu en France et l’idée d’aller faire une consultation dans un hôpital public n’effleure jamais leurs esprits. Tant que ce doute subsiste, la santé publique, un des trois piliers fondamentaux du pays à l’instar de l’éducation et de la justice, ne pourrait jamais se redresser sans une véritable et pérenne volonté politique.

Je ne terminerai pas ce papier sans rendre hommage à une très chère personne, hospitalo-universitaire qui est disparu en ce même 3 Janvier et qui a été un voisin apprécié, un collègue d’université exemplaire et un ami disponible en toutes circonstances, en l’occurrence le regretté Professeur Senouci Bradaï. Le Doyen de la faculté de médecine de l’université Djillali Liabès de Sidi Bel Bel Abbès qu’il fut, est parti après qu’une maladie l’ait emporté et ait frappé soudainement sa famille, ses amis et ses collègues. Que Dieu apporte le remède pour les apaiser dans leur deuil et que l’Université algérienne et la santé comblent le vide laissé. Allah Yerhmou. Sincères condoléances aux siens.

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mercredi 27 décembre 2017

Que nous réserve-t-elle l’année 2018 ?

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Cet article est paru dans les colonnes du Quotidien d'Oran du jeudi 28 Décembre 2017 sous les liens suivants:
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Comme à chaque fin d’année, et comme le veut une tradition post-indépendance, les uns s’activent à préparer et à passer Noël culturellement parlant pour une certaine catégorie, au pays ou à l’étranger, le soir du 24 décembre avec une table décorée d’un repas à la dinde et qui sait, magnifié d’un plat de foie gras sans oublier la présence inévitable de la bûche qui grignote de plus en plus de notre espace en cette période hivernale, d’autres s’emploient à programmer de réveillonner en cette ultime journée de l’année autour d’un dîner spécial chacun selon son goût et sa tendance, et à se souhaiter une bonne année lorsque les trois coups de minuit auront retenti.

Enfin, la majorité des familles ne se sentiront guère le besoin de fêter l’année grégorienne mais attendront patiemment le 12 janvier pour célébrer leur ancestrale année de yennaer (avec comme diminutif nayer) durant  deux journées, la première agrémentée d’un repas froid avec au menu du cherchem (*), des beignets, et de terminer la soirée autour d’un thé à la menthe avec la consommation de fruits secs oléagineux et des bonbons, suivie par une seconde soirée, rehaussée d’un dîner de couscous royal au poulet fermier farci selon des variantes locales spécifiques à chaque région du pays.

En ces périodes de vaches maigres, c’est donc avec la peur au ventre qu’on appréhende la nouvelle année. On ne sait pas quels vœux doit-on souhaiter à notre prochain, ni à quel saint se vouer ? En effet, on n’a de yeux fixés que sur la loi des finances qui d’année en année n’arrête pas de nous serrer davantage la ceinture surtout pour les fonctionnaires qui n’ont pas vu leurs salaires revalorisés depuis 2008 alors que leur pouvoir d’achat ne cesse linéairement de dégringoler. N’évoquons même pas les couches défavorisées de la société qui vivent au jour le jour et qui ne pensent même pas de quoi sera fait le lendemain. Une fois qu’ils seront frappés en pleine gueule par l’application des nouvelles lois sur le terrain qu’ils se réveilleront ko debout. Les dégâts incommensurables qu’engendreront les nouveaux textes de plus en plus terribles et ne pourront être estimés qu’une fois le choc et ses secousses secondaires auront laissé tel un rouleur compresseur leurs incurables séquelles.

Revenons à ces presque mille produits qui vont être interdits à l’importation à partir du 1er janvier. Ce qui choque le plus, ce sont pratiquement le même système et les mêmes politiques qui ont encouragé la politique de l’importation à outrance qui aujourd’hui nous chante les vertus d’une politique totalement contradictoire et radicale. Qui est-ce qui nous a incités, publicité aidante, à préférer l’achat de produits étrangers ? Si ce n’est cette importation tout azimut qui ne reflète absolument pas notre niveau de développement. Qui est-ce qui a favorisé le produit de là-bas au point où les algériens lui vouent une admiration sans limite et qu’ils sont même devenus allergiques en ironisant sur la marchandise locale ? Combien de fois a-t-on vu des responsables ne se souciant guère du gaspillage débordant qui s’étalait au vu et au su de tout le monde sans qu’ils daignent bouger le petit doigt ? Qui est-ce qui nous a mis alors dans cette situation irréversible d’addiction ? Pourquoi n’avons-nous pas eu la crainte que cette aventure virtuelle ne peut-elle pas durer face à la réalité ? Et que jusqu’ici, on nous a fait miroiter lors des campagnes électorales que le pays est totalement immunisé par la politique de sagesse prônée ? Il ne faut pas leur en vouloir car ils n’ont pas des exemples à prendre sur nos gouvernants qui les premiers font leurs commandes chez les grands couturiers de Paris et de Rome. Et que l’on ne vienne pas nous dire maintenant l’inverse comme si de rien n’était.

Nos jeunes que nous avons habitués aux téléphones portables de marques iphone, samsung et oppo, vont-ils maintenant se contenter d’un condor ou d’un made in Enie ? Nos jeunes qui assaisonnent leurs pizzas au ketchup et à la moutarde de Dijon puissent-ils survivre au sevrage après le 1er janvier ? Nos jeunes qui ont adopté les vêtements en vogue puissent-ils trouver un pantalon à leur goût lorsqu’on sait que la production made in algeria a été écrasée tout au long des années de vaches grâces par celle des containers qui s’arrachait et se vendait avant même d’embarquer d’un port chinois ?

Seuls leurs parents puissent peut-être survivre, eux qui ont connu les privations et résisté aux pénuries chroniques des années Sonitex, aux longues queues des Souk El Fellah pour déposer une demande d’acquisition d’un frigo et reste à savoir si vous aurez la chance de l’acquérir dans 6 mois et les ex-points de vente de l’Ofla avec des étalages presque vides et ensuite une amélioration relative grâce au fameux PAP sous l’ère de Chadli mais qui nous avait mené tout droit vers le mur. Quoiqu’en ces temps-là, on vivait, au moins, selon nos moyens et malgré cela la crise de 1986 nous avait frappés de plein fouet. Tout le monde connaît la suite et les conséquences qui s’ensuivaient.

Aujourd’hui, les choses ont également pris des tournures alarmantes et on ne mesure pas les suites qui peuvent en découler de cette politique dangereuse qui hypothèque même l’avenir du pays. Qui est-ce qui peut prédire de ce qui va se passer dans une ou deux années ? On navigue presque aveuglément vers l’inconnu. De nombreux observateurs s’inquiétaient de cette importation disproportionnée par rapport aux exportations de produits hors hydrocarbures mais les hautes autorités ne tenaient qu’à leurs avis en n’écoutant que leurs courtisans, que ceux qui applaudissent à tout va, que ceux qui caressent dans le sens du poil et dont seuls leurs intérêts occultes priment avant l’Algérie. Aux moments cruciaux, ils s’évanouiront tous dans la nature après avoir asséché le pays de sa dernière goutte. Ne resteront face au péril que les amoureux de cette terre qui n’ont pas hélas un autre pays de rechange. Ils devront rester ici pour se battre jusqu’au bout de leur peine.

Maintenant que le matelas financier s’amenuise de jour en jour, on assiste à une course effrénée contre la montre l’actualité pour parer au plus vite à toute mauvaise éventualité surtout que l’on va directement aller dans la gueule du loup et que l’année 2018 sera décisive et cruciale pour les élections présidentielles d’avril 2019, seule échéance électorale en ligne de mire. Il était prévu au cours de cette année que « quelques » 30 milliards de dollars de produits à importer mais on se retrouve avec 15 milliards de dollars supplémentaires qui se sont envolés vers d’autres cieux à cause des prédateurs, de la surfacturation et de la loi trop clémente à leurs égards sans omettre de souligner les complicités de l’intérieur.

Le fait de ne compter que sur l’importation est en soi une menace même pour l’indépendance du pays surtout lorsque les habitudes prennent d’autres penchants. Quand on consulte la liste des 851 produits qui sont interdits d’importer, on n’en revient pas. Si à titre d’exemple, le vers de terre, les grenouilles, les dattes « Deglet Nor », les carottes, les navets, le concombre, la laitue, les figues de barbarie, le yogourt ou l’eau minérale sont bannis, cela démontre que ces produits ont été bel et bien importés par des personnes qui ne reculent devant aucun scrupule. Je soupçonne fortement que la Deglet Nor ait d’abord passé la frontière pour être de nouveau importée sous un autre emballage avec à la clé de gros transferts de devises vers les îles vierges britanniques.

Encore que je me pose la question si la nourriture pour chiens et chats soient toujours admise et je me fais également des soucis si les abats, le foie, la farine et la poudre de l’espèce porcine étaient auparavant autorisés. Quant aux amateurs des cuisses de grenouilles, je pense à eux pour le sevrage qu’ils vont subir, les msakine (**) ! Une autre interdiction qui me réjouit, ce sont les sacs, les verres et tasses et plein d'accessoires en matière plastique et les couches à bébé qui polluent notre environnement et nos plages, vont enfin connaître une vraie abolition malgré que je sois adepte de l’éducation civique par rapport à l’éradication.

Néanmoins cette prohibition aléatoire, surtout si elle n’a pas été convenablement analysée et étudiée sous tous les angles, va sans aucun doute engendrer des faillites pour certains importateurs toutefois je suis tenté de dire : Echah fihoum (***), les véreux. Elle constitue sans doute une aubaine inouïe sans la fourniture du moindre effort pour les spéculateurs avides du gain facile et disposant toujours de stocks de marchandise qu’ils vont liquider petitement pour amasser le plus d’oseille possible et s’évanouir ensuite dans la nature en attendant d’éventuelles résurrections ou d’être appelés par leurs parrains à d’autres missions sous l’aile de la rente, peut-être cette fois-ci de la probable exploitation du gaz de schiste. Par contre, ce sont toujours les petits commerces qui vont subir le grand choc et vont baisser les rideaux. Désormais, de nombreux commerçants vont falloir réfléchir à changer de métier après le 1er janvier à moins qu’ils soient sauvés que le cabas qui reprendrait de plus bel ses incessants aller-retour et l’on retourne ainsi au point zéro.

D’autre part, ces restrictions vont aussi provoquer par cet effet de dominos la perte de nombreux emplois dans les pays exportateurs de ces produits vers notre pays. Faisons en sorte que l’argent épargné servirait directement à un transfert de ces emplois vers des entreprises nationales à créer ou à renforcer. Si 10 ou 20 milliards de dollars tombent annuellement entre les mains d’une bonne et éclairée gouvernance à l’instar de certains pays, elle pourrait alors créer des miracles.

Ces interdictions ne seraient-elles d’aucun sens que si tous les algériens se les partagent équitablement en ces moments de crise et que l’on n’assiste pas amèrement comme autrefois des avions spéciaux faire Alger-Paris-Alger pour faire des emplettes pour les enfants gâtés de la république. Toujours est-il que je ne pourrai jamais admettre et concevoir que ceux qui ont enfanté la crise puissent la solutionner à moins qu’ils disposent de toutes les clés de la maison. Enfin, je ne peux mes chers lecteurs échapper à la tradition de vous souhaiter bonne et heureuse année d’abord pour l’Algérie et ensuite pour vous individuellement.

Notes :
(*) cherchem : est un mets à base de blé dur, de fèves sèches et de pois chiche,
(**) msakin : les pauvres,
(***) echah fihoum : bien fait pour eux.

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jeudi 21 décembre 2017

Coupables !

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Cet article est paru dans les colonnes du Quotidien d'Oran du jeudi 21 Décembre 2017 sous les liens suivants:
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Une nouvelle thématique est apparue au cours de ces dernières années dans le paysage médiatique algérien. Surtout de ces chaînes privées qui ont fait brusquement irruption sans y être invitées dans nos foyers si ce n’était pas le programme à sens unique de l’ex-unique. Des télévisions censées traiter des sujets d’ordre général, se sont-elles spécialisées dans le commerce hideux des malheurs individuels des algériens en montrant tantôt une famille qui vit dans le dénuement total et qui nous semble-t-il n’avoir jamais connu l’indépendance, d’une autre qui souffre d’une grave maladie d’un de ses membres et qui s’engage dans un appel désespéré pour une éventuelle prise en charge médicale à l’étranger ou à défaut se soigner dans une clinique privée locale ou encore d’une autre qui vit dans la vétusté d’un incroyable gourbi des années soixante.

Ces images, le plus souvent très dures à voir, dont le but apparemment recherché est de laisser les téléspectateurs sur un sentiment de culpabilité en leur endossant tout le poids de la responsabilité du sort réservé à cette population abandonnée par les autorités. Elles vous coupent immédiatement l’appétit si vous êtes à table ou autour de l’ancestrale meïda. Vous sentez que toutes les carences des concernés directs par ces situations vous sont tout d’un coup imputées. L’objectif visé à travers ces reportages me paraît-il est donc de nous désigner comme étant les blâmables des souffrances des autres. C’est nous qui sommes responsables du calvaire si nous n’apportons pas l’aide nécessaire à ces malheureuses personnes. Vous êtes le plus naturellement du monde désigné l’idéal coupable qui sera tout au long de l’émission, balloté et décrié, sans y être directement cité.

Surtout si vos sentiments et votre orgueil sont gracieusement titillés. De plus, vous craigniez que votre générosité soit remise en doute par des paroles châtiant sans rompre, votre profonde conscience. Des remords impitoyables vous prennent subitement à la gorge et qui vous font différer au second plan tous vos soucis et les classer pour de bon entre parenthèses. Pardi ! Raisonnes-tu, il faut s’estimer heureux de vivre ainsi. Votre condition, vous apparaît subitement de loin, voire de très loin meilleure que celle du dernier cas dévoilé. Vous n’êtes plus en position de demandeur. Vos revendications sont alors remises aux calendes grecques. Honte à vous, si vous osez élever la voix. Vous devez vous taire pour de bon.

Avant le passage à l’antenne, une pub sur l’annonce du scoop est soigneusement mijotée avec le choix de mots très forts et sensibles. On choisit bien les séquences qui vous touchent le plus surtout celles qui vous sensibilisent sur votre légendaire wantoutrisme algérien. On tente par tous les moyens et les ficelles de vous retenir bouche-bée et l’air hagard et hypnotisé. On fait tout pour capter votre attention le plus longtemps possible jusqu’à être envahi par l’envoutement. On veut juste chatouiller l’orgueil de l’humain par des images chocs afin de te faire fouetter.

Vous ne pourrez plus retenir votre émotion tellement vos chaudes larmes vous trahissent et vous laissent pensifs en sursautant la nuit de votre léger sommeil. Vous oubliez aussitôt tous vos tracas quotidiens. D’une maladie chronique qui touche des dizaines ou des centaines de milliers de gens, on a le sentiment que seule cette personne est touchée. On daigne juste sauver un seul rescapé et laisser le reste agonir sur le carreau.

Vous en parlez sur le champ à vos proches, à vos amis et à vos voisins qui ont raté l’exclusivité de l’émission. C’est une marque déposée où tous les rôles sont habilement distribués. Le sujet devient alors la première matière à discussions, à tailler sur tous les angles et à éplucher sous toutes ses facettes. La publicité aidante aura fait son effet. La pitoyable personne, clé centrale de l’émission, passe de l’anonymat total au début de l’émission à une popularité des tranches de la société les plus défavorisées, vers une icône ineffaçable de la mémoire des suiveurs . Par le miracle de la télévision, la chaîne lui a ouvert tous les chemins qui lui étaient il n’y a pas une heure tous bouchés. C’est le jeu de la loterie où à chaque fois, c’est le tour du suivant tiré au sort. Patience, ne vous précipitez pas, vous aurez votre tour pourvu que la chance vous sourit. On vous tient en haleine tout en vous miroitant un piètre mirage.

Une fois le reportage diffusé à la grande heure d’écoute en prime time, et pour augmenter la cadence et fabriquer d’une histoire un mythe, on vous signale que le standard téléphonique menace de se bloquer par le nombre incalculable d’appels à la seconde. Le but non déclaré à travers ces arrivistes boîtes de médias est d’abuser de l’audimat et s’accaparer un leadership médiocre en usant de fastidieux subterfuges. Emboîtant le cas dans un scénario bien écrit, ce sont ensuite, les sponsors des temps nouveaux qui accourent sans aucune retenue une fois la foule embrigadée. Et la boucle est bouclée. Les appels à l’aide commencent à fuser soudain de partout comme si autour de soi, tout est parfait. Comme si cette chaîne tv doit vous faire distinguer le licite de l’illicite. Faire la différence entre le bien et le mal. Désigner celui qui est dans le besoin de celui qui ne l’est pas. Vous n’êtes plus maître de vos pulsions. Vous êtes complètement abêtis.

Quant au malheureux héros, c’est tout à fait légitime qu’il se frotte les mains en observant tout ce sésame s’ouvrir devant lui. L’aide afflue de partout. On ira jusqu’à la lointaine montagne pour extirper sa pauvre famille de sa caverne qui devient plus un objet de curiosité avec qui tous les téléspectateurs doivent absolument en compatir. Le cœur ne pourra plus résister sauf s’il est composé de pierres. Après cette délivrance, on aura la sensation du devoir accompli et l’histoire se termine par une fin enchantée. Ainsi, on feigne de dénouer un seul cas tout en perdant le gros de la troupe qui moisira dans son pénible quotidien. L’essentiel est de vendre du rêve. Bravo ! Tout le monde a participé au spécial téléthon. Et on passe au cas suivant après avoir loué à tout va ces messieurs de la chaîne et leurs protecteurs attitrés.

Un vrai média n’est pas une ligue de bienfaisance. On en trouve de partout des associations d’entre-aide de ce type et qui activent dans l’anonymat sans faire de bruits ni tapage, ni ne s’attend à un quelconque retour d’ascenseur. Elles le font par devoir et par conscience pour apaiser un tant soit peu les douleurs des couches déshéritées.

Pendant toute cette mise en scène, les grands problèmes du pays sont occultés et noyés. On doit détourner notre attention sur les vrais enjeux. Cela ne doit pas nous concerner. On ne va pas quand-même nous embrouiller avec ça ! Nous ne sommes pas encore mûrs et adultes pour donner un avis, pour voter dans le sens valide. Ne nous inquiétons pas, ils sont là à penser à notre destin. Surtout ne nous tracassons pas, notre avenir est entre de « bonnes » mains.

Une chaîne de Tv doit descendre dans l’arène en investiguant sur le terrain, en cherchant à dénicher si des autorités locales ou nationales quels que soient leurs rangs, aient accompli ou failli à leurs missions et en dénonçant les véritables responsables de la situation. Elle ne doit pas caresser certains dans le sens du poil et les encenser à outrance car intouchables et en même temps s’attaquer aux plus vulnérables qui ne disposent pas d’appuis confortables, d’influences suffisantes et de carnets d’adresses impressionnants et qui ne sont là que pour servir de fusibles si jamais là-haut la menace se rapproche. C’est le dernier maillon de la chaîne qui est mis à l’index. Ce n’est pas du tout déontologique de s’attaquer aux plus fragiles et épargner les gros bonnets. Attention de vendre inlassablement du mirage. Le vrai coupable risque toujours de revenir à la Une.

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mercredi 13 décembre 2017

Macron ne nous a-t-il pas lui aussi « trumpés » ?


  
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Cet article est paru dans les colonnes du Quotidien d'Oran du jeudi 14 Décembre 2017 sous les liens suivants:
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Qui ne se rappelle pas de ces visites de Chirac et de Sarkozy en Algérie et de ces appels des jeunes qui les avaient abordés en scandant : « visas ! visas ! ». La dernière visite éclair du tout nouveau jeune et dynamique président français Macron n’a apparemment rien changé pour les sollicitations de cette jeunesse, ou du moins, à qui on a permis de le croiser en cette belle journée ensoleillée dans le centre ville d’Alger.

Je pense que jamais Macron ne se serait hasardé d’approcher et d’enclencher directement un débat de rue avec ces jeunes. Il avait le champ libre. S’il ne savait pas qu’il était en terrain totalement conquis surtout dans un espace absolument déserté par les nôtres, jamais il ne pouvait se permettre de débattre en toute liberté avec les citoyens et presque en direct on live sur les réseaux sociaux. Peut-être que nos gouvernants se seraient risqués de le faire mais après un montage minutieux de la télévision publique et sa diffusion en différé dans le glacial JT de 20 heures après d’innombrables visions et où la censure aurait battu son plein. Et encore, on aurait laissé des traces de contrefaçons que les spécialistes les auraient d’un furtif coup d’œil dévoilées.

Cette visite, qui n’a duré que quelques maigres heures, n’aura donc laissé personne indifférent et continue de faire couler l’encre et ne cesse de saliver de nombreux observateurs surtout algériens. En une seule journée, Macron avait délivré un concentré de signaux dépassant largement la limite du supportable. Pourtant sa virée algéroise est passée presque inaperçue en France, éclipsée il est vrai, par la disparition de la star française du rock & roll Johnny Halliday et surtout dans le monde par la déclaration offensante de Trump sur sa reconnaissance de la ville d’El-Qods comme capitale de l’état hébreu.

Sinon les nostalgiques de l’Algérie-française se seraient saisis de cette opportunité pour profiter de verser leur fiel notamment lorsqu’une occasion inouïe comme celle-ci se présenterait. Ils auraient eu beaucoup de choses à ressasser et à commenter surtout que l’imprenable et imprévisible président français ait nettement reculé dans son actuel discours par rapport à la mémoire.

Apparemment, le terme fort de « crime contre l’humanité » qu’il avait utilisé le 13 Février précédent, n’est plus d’actualité. Il est scellé dans un tiroir en attendant d’être un jour éventuellement ré-ouvert lorsque toutes les conditions seraient réunies à condition que les algériens ne s’avouent pas vaincus. Rappelons le message phare qu’il avait annoncé au micro du journaliste Khaled Drareni de la chaîne tv Echourouk News : « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes…». Un vrai pavé jeté dans la mare et lancé en pleine figure de la vieillotte droite française et de son clone l’extrême droite. Il est vite vilipendé de tous les noms par ses adversaires d’outre-méditerranée allant jusqu’à l’accuser d’insulter la France à partir de l’étranger. On pensait que le présidentiable Macron, emporté par sa fougue juvénile, voulait peut-être déblayer le terrain et casser les tabous mais il s’avère maintenant que le chantage va encore durer. Notre fin de deuil n’est pas pour demain. Notre souffrance morale va persister.

Presque 11 mois plus tard, il est de retour en ce 6 décembre dans notre capitale, mais dissimulé derrière un scénario à la Docteur Jekyll et Mister Hyde, qui nous a tous douchés. Quoique cette fois-ci, il est dans le costume de président, élu confortablement et fort de ses prérogatives et de ses pleins pouvoirs pour prendre les décisions qu’il faut, d’évacuer les obstacles qui bloquent et enveniment les relations entre les deux pays dont le futur, tous domaines confondus, est lié. En somme, il y a une différence flagrante entre les thèses respectives du candidat et de l’élu, entre le fictif et le réel. Qu’est ce qui a changé depuis pour expliquer ce revirement de 180 degrés ?

Maintenant, qu’il est installé dans son palais de l’Elysée, il est peut être hanté par les âmes de ceux qu’ils l’ont précédé et rattrapé par les vieux démons. Effectivement, trois jours avant sa visite de travail et d’amitié, il annonce déjà la couleur, comme si de rien n’était, en twittant : « ni déni, ni repentance : on ne peut pas rester piégé dans le passé. Ce qui compte, c'est notre avenir commun ». Drôle d’amitié me laisse tenté de dire ! On ne peut pas marcher aussi allègrement sur les cadavres des martyrs et sur les enfumades de Cavaignac et de Pélissier.

Sa déclaration électorale n’était donc qu’une promesse électorale à miroiter d’abord aux binationaux et ensuite aux nationaux mais il s’était vite ressaisi après la gronde qui s’était élevée en France et qui l’avait même plongée dans les sondages alors qu’il menait largement au score des intentions de vote. Cela lui aurait été fatal s’il ne s’était pas rapidement rattrapé par la suite en retournant deux fois sa langue avant d’oser. Ce n’était qu’un avertissement des sombres souvenirs qui veillent. La vieille garde de la France coloniale tient toujours le temple du passé en otage dont elle ne veut pas s’en défaire.

De plus, dans un autre tweet posté à 11h35 exactement, juste après son arrivée à l’aéroport d’Alger, il enfonce le clou : « La jeunesse franco-algérienne est une chance. Nous ferions une erreur colossale à penser qu'elle ne fait que regarder un passé qui n'est pas le sien. ». Il veut que cette jeunesse soit amnésique. À la différence de la victime, le bourreau préfère bien tout se débarrasser de sa mémoire mais les remords ne le laisseront jamais fuir ses cauchemars. C’est pour cette raison que le mot « torture », un mot banni durant la colonisation, aura trouvé tout son sens quelques années plus tard par les tortionnaires eux-mêmes, soulageant quelque peu leurs consciences. Les deux jeunesses des deux bords de la méditerranée doivent regarder le passé mais tout en libérant leurs aïeux du supplice moral, autrement l’histoire risquera sans cesse de les poursuivre. Un jeune doit d’abord être prompt à être ouvert sur l’avenir tout en révoquant les antécédents esclavagistes de l’être humain.

Il faut prendre exemple sur la jeunesse allemande qui dans sa majorité n’a jamais hésité à renier sa jeunesses hitlérienne. Elle a éradiqué de ses pensées toutes références au nazisme. La jeunesse italienne n’est pas non plus en marge de l’histoire pour avoir rejeté le modèle mussolinien. C’est comme cela qu’un grand pays devrait assumer avec culpabilité ses actes, particulièrement envers l’humanité. Le jeune que le président Macron avait accosté au centre d’Alger n’avait fait que de le rappeler à ses responsabilités.

Heureusement que la mémoire collective est vive. Elle se transmet de génération en génération malgré les trahisons et les incertitudes des uns et des autres. Macron était surpris qu'un jeune l'interpelle sur la colonisation. C’était comme une fausse note de son voyage croyant marcher que sur du velours. Ce jeune de 26 ans a sauvé la face d’une partie de cette jeunesse quémandant un misérable visa et c’est ce qu’on peut retenir le plus de cette balade macronienne.

Néanmoins, Macron a manqué d’avouer qu'aux Français, on a créé deux chaînes de télévision thématiques sur l'histoire, en l’occurrence « Histoire » et « La Chaîne Histoire », où l’on diffuse à longueur d’années des documentaires sur le nazisme et la shoah, pour ne pas dire, on use de l'endoctrinement à outrance, si j’ose le qualifier ainsi, afin de ne pas pardonner le passé nazi sans omettre le matraquage médiatique quasi-quotidien et les rappels à l’ordre des élèves aux cours d’histoire-géo.

Macron recommandait au jeune algérien de gommer tout cela de sa tête en regardant sans se retourner vers l'avenir et de ne point venir l’« 'embrouiller », selon ses propres propos, avec de telles « anciennes » histoires. Macron aurait dû le prôner aux français avant de nous le prescrire. Pourtant la durée de la seconde guerre mondiale ne représente que 4,55 % par rapport à la longue nuit coloniale sans manquer de souligner que les vainqueurs d’autrefois avaient eu tout ce qu'ils voulaient de l'Allemagne comme réparations surtout morales ayant trait à la mémoire.

Et comme pour bien achever la mémoire de ce peuple, il rajoute dans un ultime tweet à 11h42 précisément, pendant qu’il est sans doute en route vers Alger, en dissertant que : « Réconcilier les mémoires, c'est trouver le chemin qui permet aux femmes et aux hommes nés en Algérie de pouvoir y revenir, quelles que soient leurs histoires. ». Un autre coup de massue qui a visé en plein dans le mille. Et vlan ! Cette phrase, non innocente, n’est pas écrite de la main du premier venu. Elle est minutieusement préméditée et prépare une autre feuille de route qui ne plaide pas en faveur d’un rapprochement sincère et durable entre les deux pays.

Est-ce qu’on peut demander aujourd’hui à un résistant français de l’époque de la seconde guerre de se réconcilier avec un allemand de sa génération qui assume toujours son nazisme ? Au contraire, les anciens nazis ont été pourchassés à la loupe à travers toute la planète, puis arrêtés et ensuite condamnés. Il suffit de zapper sur les chaînes de télévision françaises pour se rendre compte que même les sentences prononcées à l’encontre des criminels leur paraissaient insuffisantes comparées aux douleurs qu’ils ont provoquées, et c’est tout à fait légitime. Quant à nous, on nous exhorte de faire maintenant table rase sur notre histoire coloniale et passer à autre chose de plus « intéressante ». Circulez, il n’y a rien à voir. Le moins que l’on puisse dire est ce qui est licite pour l’un, semble être inaccessible pour l’autre.

Seule consolation de cette journée est la promesse de la restitution des crânes des résistants algériens décapités lors des expéditions coloniales françaises. Et ce n’est pas encore gagné. Rien que le fait de penser que ces têtes de nos aïeux sont séquestrées contre notre volonté dans des boîtes à chaussures pour rependre les termes employés Brahim Senouci, prouve toute la cruauté et la barbarie de ce que fût la colonisation. Je ne pense pas que la jeunesse française soit honorée aujourd’hui par de tels actes du moyen âge.

Espérant que durant la prochaine visite d’état que compte effectuer ultérieurement le président français en Algérie, il ne viendrait pas en conquérant croyant que les fils des indigènes d’hier, des enfumés de la Dahra, des révoltés des Zâatchas et du second collège ont la mémoire courte pour leur faire avaler facilement la pilule. Ce ne sont pas les enfants des bachagha bengana et boualem. Ils sont sains d’esprit et vaccinés. Souhaitant qu’en cette journée mondiale « trumperienne », Macron ne nous a-t-il pas lui aussi « trumpés » ?



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